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Aymane Al-Rakib : Nous continuerons sur cette voie pour mettre fin à cette injustice historique

Osman Fekri, Lundi, 01 décembre 2014

Aymane Al-Rakib, responsable au Fatah, assure que si le projet de résolution de reconnaissance de la Palestine est bloqué par le veto américain, l’Autorité palestinienne a d’autres options, comme l’adhésion à toutes les institutions onusiennes.

Al-Ahram Hebdo : Quelle est l’importance de la réunion des ministres des Affaires étrangères au Caire avec la participation du président palestinien, Mahmoud Abbas, qui a eu lieu ce samedi ?

Aymane Al-Rakib : Cette réunion intervient le 29 novembre après l’adoption de l’identité juive de l’Etat d’Israël et les mesures qui seront prises contre les Israéliens non juifs. Sans oublier que la direction palestinienne veut s’adresser au Conseil de sécurité pour obtenir une résolution onusienne, afin de fixer un délai pour la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Cette réunion a pour but de débattre de ces deux dossiers et d’unifier les efforts arabes, pour soutenir les Palestiniens. En outre, elle coïncide avec la Journée mondiale de la solidarité avec le peuple palestinien.

— Qu’attend le gouvernement palestinien de la communauté internationale et des pays arabes ?

— La direction palestinienne tente d’obtenir une reconnaissance internationale de l’Etat palestinien pour embarrasser les Etats-Unis et Israël. Elle intensifie ses efforts diplomatiques pour convaincre le plus grand nombre de pays, afin de reconnaître notre Etat. Convaincue que les parlementaires ont le pouvoir de faire pression sur leur gouvernement, elle s’est adressée aux Parlements européens. Cette démarche a porté ses fruits en Suède, en Angleterre, en Espagne, en Irlande et en Finlande. Nous espérons obtenir davantage de reconnaissances internationales durant les prochains mois. Au niveau arabe, le président palestinien a demandé aux ministres des Affaires étrangères de soutenir la démarche palestinienne et d’assurer le plafond de sécurité financier nécessaire au gouvernement et estimé à 100 millions de dollars par mois. Ce chiffre a été adopté lors du dernier sommet arabe mais n’a pas été appliqué. Cependant, cette somme est primordiale actuellement, car nous nous orientons vers un affrontement direct avec le gouvernement israélien qui risque de recourir à la confiscation des fonds de l’Autorité palestinienne comme il l’a fait auparavant.

— A votre avis, quelle sera la réaction israélienne envers la démarche d’Abou- Mazen de s’adresser à l’Onu pour réclamer la déclaration de l’Etat palestinien d’une façon unilatérale ?

— Israël tentera d’empêcher la direction palestinienne de s’adresser au Conseil de sécurité pour obtenir une résolution, afin de fixer un délai pour la fin de l’occupation. Il utilisera tous les moyens, comme la confiscation des fonds du gouvernement palestinien (les revenus des impôts). Il tentera d’étouffer la direction palestinienne en retirant par exemple les permis de voyage ... Israël tentera de nous empêcher d’obtenir neuf voix au Conseil de sécurité et d’avorter notre projet lors du vote préliminaire. En cas d’échec, il aura recours à son allié américain, qui utilisera le veto pour empêcher le vote de la résolution. Mais nous sommes en train d’étudier toutes les alternatives, comme l’adhésion à toutes les institutions de l’Onu.

— Vous attendez-vous à obtenir une résolution afin de fixer un délai pour la fin de l’occupation israélienne ?

— Nous sommes optimistes quant à obtenir 9 voix au Conseil de sécurité. Nous demandons aux membres siégeant au Conseil de sécurité de faire pression sur les Etats-Unis pour ne pas voter contre cette résolution et mettre un terme à son hostilité injustifiée contre les Palestiniens et les Arabes.

— A votre avis, le soutien des pays arabes pour la démarche d’Abou-Mazen est-il total ?

— Bien sûr. Tous les Arabes soutiennent toutes les démarches palestiniennes. Le président Abou-Mazen participe à la majorité des réunions des ministres arabes des Affaires étrangères, afin qu’ils soient au courant de toutes les évolutions. Nous sommes optimistes quant à la réconciliation entre les pays du Golfe, qui permet de renforcer la démarche palestinienne et d'atténuer la réaction américaine.

— Pourquoi, à votre avis, Netanyahu a-t-il présenté à la Knesset le projet de la judaïsation de l’Etat d’Israël, et quels seront les résultats d’une telle décision ?

— Netanyahu et son gouvernement ont adopté la judaïsation de l’Etat d’Israël pour faire pression sur les responsables palestiniens, afin d’empêcher le recours au Conseil de sécurité. Pire, Israël a décidé de prendre une série de décisions, comme la création des routes qui seront interdites aux non-juifs et qui s’étendent sur 800 km. Les Palestiniens sont traités comme des insectes. On leur interdit d’utiliser les moyens de transport israéliens. Il s’agit de décisions qui prouvent encore une fois le fanatisme de l’Etat juif et l’institution d’un régime d’apartheid sur les territoires palestiniens. Je pense qu’après l’adoption de cette décision à la Knesset, d’autres décisions pourraient être prises, afin d’interdire par exemple aux Arabes d’Israël de participer aux prochaines élections.

— Le 29 novembre est la Journée mondiale de la solidarité avec le peuple palestinien, ainsi que l’anniversaire de la reconnaissance par les Nations-Unies de la Palestine comme Etat non membre ayant le statut d’observateur. L’Autorité palestinienne pourrait-elle obtenir une date butoir pour la fin de l’occupation ?

— Le 29 novembre est la date de l’injustice historique infligée aux nôtres à travers la décision de partage de 1947. L’Autorité palestinienne a voulu faire de cette Journée celle « du droit palestinien ». Les dirigeants palestiniens déploient tous les efforts pour obtenir un appui international, afin d’adopter une décision onusienne fixant une date butoir pour mettre un terme à l’occupation et instaurer un Etat palestinien. Nous n’accepterons plus la poursuite des négociations inutiles entre nous et Tel-Aviv qui durent depuis 20 ans. Quelle que soit la position du Conseil de sécurité, nous continuerons sur cette voie pour récupérer nos droits et mettre un terme à l’injustice historique.

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