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Ce que vous devez savoir sur le scrutin

Aliaa Al-Korachi et Chaïmaa Abdel-Hamid, Lundi, 19 mai 2014

Plus de 50 millions d’électeurs sont appelés à se rendre aux urnes lundi et mardi prochains, pour élire le président de la République. Voici l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur le scrutin.

Election présidentielle
(Photo : Nader Ossama)

Déploiement massif de policiers et de militaires

« La police et l’armée sont capables de sécuriser la prochaine présidentielle », a déclaré samedi der­nier le ministre de l’Intérieur, Mohamad Ibrahim, sans donner plus de détails. Il s’est contenté de préciser qu’un plan de sécurité établi par la police et l’armée sera appliqué.

Les mêmes scènes auxquelles les Egyptiens se sont habitués depuis le 25 janvier lors de chaque processus électoral sont attendues les 26 et le 27 mai prochain: policiers et militaires placés devant les bureaux de vote et gérant les entrées et sorties des électeurs. Les forces de sécurité sont également chargées de la protection des urnes durant la nuit et du transport des bulletins et de l’encre.

Jusqu’à présent, aucun détail officiel n’a été dévoilé sur le nombre de policiers et de soldats qui seront chargés de sécuriser le processus électoral. Achraf Abdallah, ministre de l’Intérieur adjoint pour les affaires de sécurité centrale, a précisé que le plan de sécurité « ne sera pas limité au jour du vote mais inclut aussi la campagne électorale et jusqu’à l’annonce des résultats ». Le nombre des forces de sécurité « ne sera pas dévoilé pour des raisons de sécurité », a-t-il déclaré.

Selon les estimations, le nombre pourrait être plus important que lors du dernier référendum. L’armée et le ministère de l’Intérieur avaient déployé quelque 160000 militaires, 200000 policiers et 500 groupes de combat pour assurer la sécurité du pro­cessus.

La preuve par l’encre

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L’article 33 de la loi électorale stipule que, suite au processus électoral, l’élec­teur doit « tremper son doigt dans une encre indélébile ». Un moyen d’éviter des fraudes. Sous Moubarak aussi cette encre était utilisée, notamment lors de la présidentielle de 2005. Elle servait de façade à la transparence lors d’un pro­cessus électoral largement irrégulier.

Avec les amendements constitution­nels de 2011, après la chute de Moubarak, l’Egypte avait importé 510 000 bouteilles d’encre auprès de la Fondation internationale pour les systèmes électoraux, au prix de 17 dollars la bouteille. Des électeurs avaient pourtant réussi à enlever la marque violette en utilisant un simple liquide vaisselle.

Aujourd’hui, pour économiser, l’Egypte produit elle-même son encre électorale. La haute commission électo­rale a commencé la production avec le département de chimie du ministère de la Santé. Ces bouteilles d’encre dont le prix ne dépasse pas 7 L.E. ont été utili­sées pour la première fois lors du der­nier référendum sur la Constitution.

Voter hors de sa circonscription

Les électeurs qui, pour diverses raisons, se trouvent au moment de la présidentielle hors de leur circonscription d’origine auront le droit au vote dans le gouverno­rat où ils résident. L’article 34 de la loi électorale autorise « à l’électeur qui se trouve dans un gouvernorat autre que celui ins­crit sur sa carte d’identité de voter dans des bureaux de vote particuliers dans le gouvernorat où il est présent, conformément aux règlements établis par la commission électorale ». Une option qui n’existait pas lors de la présidentielle de 2012. La Haute Commission Electorale (HEC), qui a précisé un délai entre le 26 avril et le 10 mai pour toute personne voulant s’inscrire, a publié sur son site officiel les conditions d’inscription. Cette inscription n’est valable que pour un seul processus électoral (la présidentielle 2014) et l’enregis­trement doit se faire personnelle­ment avec sa carte d’identité.

Une fois l’électeur inscrit, son nom est éliminé de sa liste d’ori­gine et introduit dans la liste de son nouveau bureau de vote. Toute personne non inscrite devra se rendre dans sa circons­cription d’origine pour pouvoir voter.

Un processus semblable permet­tant aux citoyens de voter hors des circonscriptions d’origine fut appliqué pour la première fois lors du référendum sur la Constitution de 2014. Le vote se faisait sans inscription préalable auprès de la HCE, sur simple présentation de sa carte d’identité.

Dans un récent rapport, Reporters sans frontières a signalé que le nombre d’expatriés inscrits dans ces bureaux spécifiques est assez faible de manière choquante. Selon les chiffres annoncés par la HCE, moins de 68000 expatriés se sont inscrits. 424000 ont parti­cipé au référendum de 2014.

Dépouillement

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(Photo : Ahmad Abdel-Karim)

Conformément à l’article 28 de la loi électorale, « après la fin du scrutin, chaque bureau de vote se charge du dépouillement des voix (...). Le dépouillement doit être enregistré dans un ou plusieurs procès-verbaux pour tous les bureaux présidés ou surveillés par un personnel apparte­nant au corps judiciaire qui devra à son tour déclarer ces résultats en présence des délégués de chaque candidat. Le comptage devra être enregistré sur une liste officielle signée par le personnel judiciaire et les sous-secrétaires des bureaux de vote avant d’être livrée au président de la commission centrale. Une copie de ce dépouillement peut être four­nie, si exigée, aux représentants des candidats ou à leurs délégués. Tous les médias et les représentants des organisations de la société civile sont autorisés à assister au processus électoral, au dépouillement et à l’an­nonce des résultats ».

14 000 bureaux de vote

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(Photo : Ahmad Aref)

Pour ces présidentielles, quelque 13 790 bureaux de vote seront ouverts. L’élection se tiendra sur deux jours, les 26 et 27 mai, de 9h à 21h. Pour repérer son bureau de vote en fonction de son adresse, il faut se rendre sur le site offi­ciel de la Haute Commission Electorale (HCE), http://www.elections.eg, compo­ser le 140 ou envoyer un SMS au 5151.

Plus de 50 millions d’électeurs

Quelque 50,407 millions d'électeurs sont appelés à se rendre aux urnes. Soit environ 3 millions d’électeurs de plus par rapport à la présidentielle de 2012, et environ 1,6 million d'électeurs de plus par rapport au dernier référendum sur la Constitution.

500 L.E. d’amende

En cas d’abstention « sans excuse valable », une amende de 500 L.E. sera appliquée conformément à la loi électo­rale. Elle n’a jamais été appliquée par le passé.

Cas particuliers

Il n’y a pas de bureaux particuliers pour les handicapés. Pour faciliter le vote des personnes handicapées, la Commission électorale a annoncé qu’elle avait pris en compte la réparti­tion de ces personnes au sein des bureaux qui ont été aménagés spéciale­ment pour les recevoir et qui sont situés dans les sous-sols des bureaux de vote. A vérifier le jour du scrutin.

La possibilité de se faire accompagner est autorisée, à condition que l’accompa­gnateur soit un parent au 1er ou 2e degré et qu’il ait plus de 16 ans.

A l'intérieur des bureaux

— Les délégués des deux candidats et leurs adjoints sont autorisés à assister et à suivre toutes les étapes du scrutin sans interférer ni dans le processus électoral ni dans le dépouillement. Ils peuvent noter leurs observations dans un procès-verbal du comité électoral. Ils ont aussi le droit de siéger la nuit devant les lieux où sont gardées les urnes après le pre­mier jour du scrutin. Ils doivent obtenir une copie officielle du résultat du dépouillement dans chaque bureau.

— Les ONG locales et étrangères ainsi que les organisations internatio­nales qui ont reçu une autorisation de la HCE ont aussi le droit d’observer le scrutin (lire page 4).

— Les médias munis d’une autorisa­tion de la HCE pourront couvrir les étapes du scrutin, le dépouillement et l’annonce des résultats. Mais il est inter­dit de conduire des interviews à l’inté­rieur des bureaux de vote.

Les imprimeries

Les bulletins de vote seront imprimés dans les imprimeries de la police. Les imprimeries d’Al-Amiriya (du gouver­nement) ont été exclues à cause dudit doute d’une fraude lors de la présiden­tielle de 2012. Mais les craintes sont davantage soulevées avec les imprime­ries de la police, alignées en faveur d’un candidat et suscitant des interroga­tions de la part de son rival, Hamdine Sabahi.

La HCE s’est abstenue de tout com­mentaire et s’est également abstenue de superviser le processus d’impression. Le bulletin est formé de deux colonnes à quatre cases, chaque colonne présente la photo, le nom et le symbole électoral d’un des deux candidats en lice avec une case pour cocher son choix. Il fau­drait ensuite tremper son index dans l’encre, preuve de la participation à l’élection, avant de récupérer sa carte d’identité remise préalablement au juge.

Règles importantes

Certaines précautions doivent être prises en considération afin d’éviter d’être interpellé par la police. Ne refu­sez pas de plonger votre doigt dans l’encre phosphorique après le vote.

Ne photographiez pas le bulletin après le vote, même avec votre télé­phone portable.

Rapporter une infraction

Si une infraction est détectée lors du scrutin, une des mesures est de se rendre sur le site officiel de la HCE, http://www.elections.eg, et choisir le genre d’infraction comme il est indiqué sur le site: une infraction de campagne en faveur de l’un des candidats à l’inté­rieur ou à l’extérieur du bureau de vote, des signes ou slogans religieux, acte de menace ou de violence, achats de voix, retard dans l’ouverture du bureau de vote, manque de tampon, ou autres contraventions.

Clôture

21h est l’heure de la clôture du scru­tin. Seuls les électeurs qui se trouvent à l’intérieur des locaux de vote seront autorisés à voter.

Annonce des résultats

Les résultats du premier tour seront annoncés le 5 juin après un examen des toutes les plaintes. Si l’un des candidats n’a pas réussi à récolter la majorité des votes valides, soit 50+1, un second tour aura lieu les 16 et 17 juin, le résultat final sera annoncé le 26 juin.

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