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Climat : Des efforts à concrétiser

Nada Al-Hagrassy, Mardi, 24 novembre 2020

Les discussions des pays du G20, responsables de 80% de la pollution climatique, ont porté sur des solutions alternatives. Explications.

La lutte contre le réchauffement climatique et la transition vers l’économie verte était l’un des principaux thèmes discutés lors du sommet de G20. « Nous sommes peut-être à un tournant potentiel concernant le changement climatique », a déclaré le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, à la veille de la tenue du sommet virtuel de G20. En fait, le groupe des pays du G20 est responsable de plus de 80% d’émissions polluantes de la planète. Cependant, une baisse significative des émissions de CO2 a été notée au début de cette année 2020, due essentiellement aux confinements en rigueur à travers le monde à cause de la propagation du Covid-19. Mais cette réduction a été malheureusement de courte durée. Ce qui a poussé le chef de l’Onu à appeler les pays développés de devenir le fer de lance de la lutte contre le changement climatique et d’accélérer leur transition vers une énergie propre. « Il est essentiel que l’Union Européenne (UE) s’engage à réduire ses émissions d’au moins 55 % d’ici 2030 dans sa nouvelle contribution déterminée au niveau national en matière de neutralité carbone », indique-t-il. Le chef de l’Onu a demandé à l’UE d’arrêter le financement des combustibles fossiles au niveau international. « Il ne doit pas y avoir de nouveau charbon et tout le charbon existant dans l’UE devrait être éliminé d’ici 2030 dans les pays de l’OCDE, et d’ici 2040 ailleurs », estime-t-il. Ainsi, l’UE, le Japon et la Corée du Sud ont promis la neutralité carbone d’ici 2050, avec plus de 110 autres pays. La Chine a dit qu’elle le ferait avant 2060.

De son côté, la présidence saoudienne a proposé l’initiative d’Economie circulaire à faible émission de carbone (CCE) pour effectuer une transition vers un système énergétique plus intégré et plus écologique. Il s’agit en fait d’une stratégie qui prône les 3 « R » de l’environnementalisme : réduire, réutiliser, et recycler les produits en carbone. A ces trois R s’ajoute un quatrième R, celui de retirer les polluants nocifs de l’atmosphère. Cette initiative a été approuvée par les ministres de l’Energie des principales économies du G20, à l’issue d’une réunion de deux jours organisée fin septembre dernier. « L’Economie circulaire à faible émission de carbone est logique parce que c’est ainsi que la nature gère le carbone, grâce à un équilibre étroit entre les émissions et l’élimination du dioxyde de carbone », a expliqué le professeur Carlos Duarte, membre du T groupe de mobilisation Think 20 (T20) du G20, chargé des affaires écologiques. D’ailleurs, parmi les solutions également proposées par le groupe de T20 en ce qui concerne la transition vers l’économie verte figure l’usage du carbone bleu qui peut contribuer à limiter le dégagement du nocif CO2. Il s’agit en fait du carbone trouvé dans les écosystèmes marins tels les mangroves, les marais littoraux et les herbiers marins. Ils sont capables de stocker plus de carbone que les écosystèmes terrestres, ainsi, ils peuvent jouer un rôle vital dans la réduction des effets désastreux du changement climatique. « Au lieu de trouver de nouvelles technologies sans en connaître les répercussions, nous avons des solutions basées sur la nature. C’est le meilleur moyen de faciliter la transition vers l’énergie verte au coeur des plans de relance économique post-pandémiques », ont recommandé les experts écologiques du T20 de l’Arabie saoudite aux dirigeants du G20.

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