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Dr Ahmed Al-Attar : Les exportations agricoles égyptiennes ne se sont pas interrompues un seul jour pendant la crise du coronavirus

Propos recueillis par Racha Darwich, Mardi, 22 septembre 2020

Dr Ahmed Al-Attar, chef de l’Administration centrale de la quarantaine agricole au ministère de l’Agriculture, revient sur le fonctionnement de ce département vital au temps du Covid-19 et la stratégie d’exportation des produits agricoles égyptiens.

Dr Ahmed Al-Attar

Al-Ahram Hebdo : Quel est l’impact de la crise du Covid-19 sur les exportations agricoles égyptiennes ?

Ahmed Al-Attar : En fait, l’influence de la crise du coronavirus a été minime pour les exportations agricoles égyptiennes par rapport au ralentissement du commerce mondial, qui a atteint 35 %, alors que les exportations agricoles égyptiennes n’ont diminué que de 7 % seulement. En effet, celles-ci ne se sont pas interrompues un seul jour. Le personnel de la quarantaine agricole a pris toutes ses précautions et a travaillé 24h/24, 7/7 j, que ce soit dans les centres de récolte, dans les centres d’emballage ou dans les ports. Le fait qui a considérablement réduit l’impact de cette crise. Nous avons même réussi durant cette période à conquérir de nouveaux marchés pour nos produits agricoles. Nous avons conclu des accords avec l’Australie pour l’exportation des dattes, avec la Nouvelle-Zélande, l’Argentine et l’Ouzbékistan pour les agrumes, avec le Brésil pour le raisin, l’île Maurice pour les pommes de terre.

En quoi consiste exactement le travail du département de la quarantaine agricole au sein du ministère de l’Agriculture ?

— Le département de la quarantaine agricole est une institution vieille de plus de 100 ans. Il a été créé en 1902 pour empêcher l’entrée des fléaux relatifs au coton qui avait une énorme importance économique à l’époque. En effet, il s’agit d’un appareil responsable de contrôler et d’examiner les produits agricoles importés et exportés. Aucun produit agricole ne peut entrer ou sortir du pays sans l’autorisation de la quarantaine agricole. Il joue donc un double rôle, celui de protéger la richesse agricole égyptienne contre toute maladie qui peut lui être transmise à travers les produits importés, celui de protéger la réputation des exportations agricoles égyptiennes en exportant des produits conformes aux normes internationales et aux normes des pays importateurs. En effet, les maladies botaniques entraînent la perte de près de 40 % de la production mondiale. C’est un chiffre énorme vu que le volume du commerce mondial des produits agricoles atteint 1,8 milliard de dollars. La quarantaine agricole oeuvre également à ouvrir de nouveaux marchés pour les produits agricoles égyptiens en négociant avec la quarantaine agricole de ces pays. C’est ainsi que nous avons réussi à conquérir de nombreux marchés qui sont des plus difficiles comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, la Chine et le Canada. Bien plus, la quarantaine agricole a effectué des visites intenses dans de nombreux pays qui avaient imposé un embargo en 2016, 2017 et 2018 à nos exportations agricoles, notamment les produits frais comme les raisins, les fraises, les haricots, les goyaves, les poivrons, etc. Grâce à ces visites au cours desquelles nous leur avons expliqué notre nouveau mécanisme d’exportation, aujourd’hui, plus aucun pays n’impose un embargo à nos exportations agricoles. Les exportations agricoles égyptiennes ont atteint le chiffre record de 5,5 millions de tonnes en 2019. Les travaux accomplis par le département de la quarantaine agricole sont beaucoup plus grands que ceux d’un département, raison pour laquelle le ministère de l’Agriculture oeuvre à transformer ce département en un organisme général.

Comment cette transformation permettra-t-elle d’amplifier son rôle ?

— La transformation du département de la quarantaine agricole en un organisme général nécessite la promulgation d’une loi, la loi de la quarantaine agricole. De fait, nous avons soumis un projet de loi au Conseil des ministres. Ce projet est actuellement révisé pour transformer ce département en un organisme général pour le contrôle botanique et la quarantaine agricole, un organisme au budget indépendant soumis à la supervision du ministère de l’Agriculture au lieu d’un simple département dans le secteur des services agricoles. Ceci facilitera les mécanismes de travail de la quarantaine agricole, amplifiera l’exploitation de ses ressources et de son infrastructure et lui conférera une certaine flexibilité dans les procédures.

Comment fonctionne le système de traçabilité des exportations ?

— Nous avons introduit depuis deux ans le système de traçabilité des exportations qui consiste à déterminer le parcours de 5 principaux produits agricoles (fraises, raisins, goyaves, grenades et poivrons) depuis la plantation, la récolte, l’emballage, l’embarquement et jusqu’à leur livraison à destination pour pouvoir déterminer l’origine du problème au cas où une livraison viendrait à être refusée. Il y a deux mois, nous avons apporté une nouveauté dans le système de traçabilité. Il s’agit de coder les plantations de grenade par GPS afin de déterminer les coordonnées des plantations en toute précision pour connaître leur superficie et déterminer les quantités exportables.

Quels sont les principaux traits du plan des exportations agricoles égyptiennes ?

— Nos principales exportations sont axées sur les agrumes, les pommes de terre, les oignons, les fraises, les raisins, l’ail, les haricots verts, les grenades et les goyaves qui représentent près de 80 % de nos exportations agricoles. Nous exportons vers trois principaux blocs: les pays de l’Union européenne, les pays du Golfe et enfin la Russie et les pays de l’Union eurasiatique. Nous exportons vers plus de 139 pays au niveau mondial. Depuis 2019, nous sommes le premier exportateur mondial des agrumes. Bien que les exportations des agrumes comme des autres produits agricoles aient diminué de 7 % à cause de la crise du coronavirus et de la fermeture des ports, nous avons conservé notre place. Nous avons même exporté vers l’Espagne, qui était auparavant le premier exportateur des agrumes, plus de 4 000 tonnes d’oranges pendant cette période de crise.

Le ministère de l’Agriculture a annoncé espérer que les exportations agricoles égyptiennes dépassent le seuil des 5 millions de tonnes en 2020. Comment lisez-vous ce chiffre ?

— Pour la première fois en 2019, nos exportations agricoles ont atteint le chiffre record de 5,5 millions de tonnes, alors que durant les années précédentes, les chiffres étaient nettement inférieurs. Mais vu la crise du coronavirus et le ralentissement du commerce mondial, nous espérons cette année atteindre ce chiffre, vu que nous sommes encore en septembre et les exportations agricoles ont atteint 4,1 millions de tonnes.

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