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Amon retrouve sa stature

Doaa Elhami, Mercredi, 31 juillet 2019

La statue d’Amon, réalisée sous le règne de Toutankhamon, vient d’être restaurée et replacée devant la chapelle de Philippe III, à Karnak. Un travail réalisé par le CFEETK.

Amon retrouve sa stature
Les statues d'Amon et d'Amonet dans la cour du VIe pylône à Karnak.

Toutankhamon (1336-1327 av. J.-C.) et donc de la XVIIIe dynastie, avait été découverte par l’égyptolo­gue Georges Legrain vers la fin du XIXe siècle.

Taillée dans un quartzite (grès silicifié) sans doute originaire d’Assouan, son poids dépasse les trois tonnes. « La statue en question avait été trouvée bri­sée devant la chapelle de Philippe Arrhidée (Philippe III) », explique Luc Gabolde, nouveau directeur des temples de Karnak. Ce n’est pas sa place d’origine. Celle-ci aurait été déplacée sous la XIXe dynastie (avant Amenmès/Séthy II 1203-1199 av. J.-C.) de l’Akhmenou, c’est-à-dire la salle des festivités. Elle y aurait été à l’origine dressée, aux côtés de la statue d’Amonet, réalisée par le roi Aÿ (1327-1323 av. J.-C.).

« Après la mort de Toutankhamon, elle avait été usurpée par Horemheb, dernier roi de la XVIIIe dynastie », souligne Luc Gabolde, nouveau directeur des temples de Karnak.

En 1912, l’égyptologue Legrain parvient à rassem­bler les fragments épars des jambes, du bas du pagne, de la tête avec sa coiffure et les épaules. Il remplace le buste par un torse de substitution en béton armé et la jambe gauche manquante par une barre. Un fragment du nez a été retrouvé en 2003 et recollé en 2007.

C’est à cette date que le Centre franco-égyptien des études des temples de Karnak prend la décision de démonter la statue d’Amon, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, la restauration de Legrain est trop haute, d’environ 28 cm. Comme permettent d’en juger le texte du dos, la proportion trop longue de la cuisse droite, l’emplacement trop haut des fesses et le différentiel trop marqué avec la statue d’Amonet qui devait être d’une dizaine de cm seulement plus petite.

La restauration était en mauvais état, alors « il valait mieux tout démonter pour juger de la solidité de la liaison et repartir de zéro pour l’esthétique », renché­rit le directeur. La nouvelle statue a une véritable jambe et un torse en grès très compact, proche de l’original.

Après son anastylose, la statue d’Amon a été exac­tement redressée à son emplacement de découverte, devant la chapelle de Philippe Arrhidée. « Mais son arrière-plan est différent, grandement amélioré par la reconstruction d’une paroi en grès appartenant aux Annales de Thoutmosis III (1479-1425 av. J.-C.), vue en place par Lepsius, mais qui s’était effondrée à la fin du XIXe siècle et dont on a trouvé les restes sur le site », souligne le directeur.

Le Centre franco-égyptien des temples de Karnak a également prévu de compléter la même paroi par le linteau d’une porte en granit de Thoutmosis III dont la moitié droite, réutilisée en meule circulaire, avait été retrouvée dans le village de Dendara. Il retrouvera donc aussi sa place d’origine

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