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Investissements : L'Egypte en tête du Top 10 des pays les plus attractifs en Afrique

Racha Darwich, Mardi, 11 décembre 2018

La Banque d’affaires sud-africaine Rand Merchant Bank (RMB) vient de publier son rapport sur les destinations africaines les plus attractives en termes d’investissements. Tour d’horizon.

Avec son milliard d’habitants et sa classe moyenne émer­gente, l’Afrique est une destination privilégiée pour les investis­seurs. La Banque d’affaires sud-africaine Rand Merchant Bank (RMB) vient de publier la 8e édition de son rapport Où investir en Afrique en 2019 ?, qui révèle le Top 10 des pays les plus attractifs pour l’investissement en Afrique. Ce classement annuel, qui recouvre 53 pays africains, se base sur plusieurs indicateurs comme le PIB réel à parité de pouvoir d’achat, les prévisions de croissance et l’environnement des affaires. Dans le rapport de cette année, l’Egypte conserve sa première place à laquelle elle a accédé l’année dernière grâce en grande partie à son meilleur score d’activité économique et à l’importante taille de son PIB et de son marché intérieur.

Un autre rapport publié par la Conférence des Nations-Unies sur le commerce et le développement (Cnuced), concernant l’investis­sement dans le monde en 2018, vient lui aussi confirmer que l’Egypte reste le pays qui reçoit le plus d’Investissements Etrangers Directs (IED) en Afrique au cours du premier semestre de 2018 avec une croissance de 24 % par rapport à la même période de 2017. Et ce, bien que le flux d’IED à destination de l’Afrique ait continué de fléchir au cours du premier semestre de 2018, affichant une baisse de 3 %, se soldant à 18 milliards de dollars. « Cette baisse du flux d’IED vers l’Afrique s’explique par la hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis qui a renforcé l’attrait du marché américain pour les investisseurs étrangers. De nom­breuses prévisions craignent d’ailleurs la sortie des capitaux des pays en développement vers les Etats-Unis dans les deux pro­chaines années », explique l’économiste Hussein Soliman.

Dans le rapport de la RMB, l’Egypte a détrôné l’année dernière l’Afrique du Sud, classée première dans les 6 premières éditions du rapport. En effet, l’Afrique du Sud continue à souffrir de huit ans de faible croissance bien que le gouvernement se soit donné pour priorité d’attirer 100 milliards de dollars d’investissements sur cinq ans.

Grâce à une croissance annuelle moyenne de 4 % sur le moyen terme et à un environnement des affaires qui s’est beaucoup amé­lioré ces dernières années, le Maroc conserve son 3e rang pour la quatrième année consécutive. Bien qu’elle enregistre une crois­sance économique impressionnante de 10 % par an en moyenne au cours des 10 dernières années, l’Ethiopie maintient sa 4e posi­tion. Une croissance qui devrait, selon le rapport de la RMB, se poursuivre à peu près au même rythme pendant les 5 prochaines années. Quant à la 5e place, le rapport l’accorde au Kenya qui gagne une place cette année grâce à sa structure économique diversifiée et sa croissance. Sans oublier des réformes structu­relles efficaces, un développement soutenu des infrastructures et des politiques favorables au marché. Vient ensuite le Rwanda qui a fait son entrée dans le Top 10 l’année dernière seulement et qui gagne deux rangs cette année, occupant la 6e place. Cette petite économie de l’Afrique de l’Est continue d’améliorer son environ­nement commercial via des investissements publics dans les domaines des infrastructures et de l’industrie. En Tanzanie, le gouvernement oeuvre à stimuler la productivité intérieure et à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations. Le fait qui lui a valu de conserver sa 7e place. Après avoir été durement touché par la chute des cours du pétrole et une crise de liquidités, le Nigeria fait son come-back dans le Top 10 et se classe à la 8e position, tandis que le Ghana recule de quatre rangs, pour occuper la 9e place suite à la dégradation de ses principaux indicateurs macroéconomiques. La Côte d’Ivoire ferme le Top 10 après avoir fait ses débuts en 8e position en 2016. Bien que le climat des affaires demeure relativement compliqué, le pays enregistre une forte croissance économique grâce aux investissements publics dans les infrastructures.

Si le rapport de la Cnuced indique une baisse du flux des IED vers l’Afrique, il indique aussi que les investissements interafri­cains ont, par contre, augmenté de 8 %, soit 12,1 milliards de dollars en 2017. « L’Afrique croit de plus en plus en l’Afrique ».

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