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Hamed Abdel-Daim : Il est nécessaire de réguler les politiques agricoles, afin d’éviter les crises résultant d’une agriculture aléatoire

Ghada Ismaïl, Mardi, 29 mai 2018

Hamed Abdel-Daim, porte-parole du ministère de l’Agriculture, revient sur les amendements de la loi sur l’agriculture et les alternatives présentées par l’Etat aux paysans.

Hamed Abdel-Daim

Al-Ahram Hebdo : Le président Abdel- Fattah Al-Sissi vient de ratifier cette semaine les amendements de la loi sur l’agriculture. Quelle est l’importance de cet amendement ? Et pourquoi maintenant ?

Hamed Abdel-Daim : Le manque d’eau est l’une des menaces les plus sérieuses qui pèsent sur l’agriculture. D’où la nécessité de modifier la loi de l’agriculture numéro 53/66 sans porter préjudice au paysan. L’objectif de ces amendements est de préserver les ressources en eau, car l’agriculture consomme plus de 80 % de nos ressources d’eau. C’est un chiffre énorme. Il était donc impératif de déterminer les superficies cultivées de denrées avides d’eau dans tous les gouvernorats. Il est donc nécessaire de réguler les politiques agricoles, afin d’éviter les crises résultant d’une agriculture aléatoire.

— Qu’entendez-vous par agriculture aléatoire ?

— L’agriculture aléatoire signifie que le paysan cultive ce qu’il veut quand il veut sur les superficies qu’il veut sans que ces récoltes ne soient connues par l’Etat. L’agriculture aléatoire entraîne de grosses pertes. Par exemple, il se peut que les tomates soient cultivées en trop grande quantité de sorte que le prix de leur collecte soit plus grand que leur prix de vente.

— Dans quelle mesure le manque d’eau affecte la productivité agricole ?

— Tout développement a besoin d’eau. On ne peut pas opérer une expansion agricole sans eau. Pourtant, la part de l’Egypte est stable, alors que la population ne cesse d’augmenter. Nous devons régler les problèmes de l’eau, car la part de l’Egypte était de 55 milliards de m3 par an quand l’Egypte avait 16 millions d’habitants. Mais aujourd’hui, l’Egypte compte 100 millions d’habitants et notre part en eau est la même. C’est un gros problème. D’où l’importance de rationaliser la consommation d’eau en réduisant les superficies cultivées en denrées avides d’eau comme le riz. C’est pourquoi on est en train d’établir une nouvelle carte de répartition des denrées agricoles à travers tout le pays en fonction de leur consommation en eau.

Quelle est l’importance de cette nouvelle carte agricole ? Et quels sont les contours de cette carte ?

— Il faut créer une nouvelle carte agricole qui indique la superficie des terres agricoles ainsi que les types de cultures. Cette carte est indispensable. A mon avis, pour que ce plan réussisse, les paysans doivent y participer. Le paysan ne doit pas cultiver ce qu’il veut, mais ce qui est dans l’intérêt du pays. La coopération entre les ministères de l’Irrigation et de l’Agriculture permettra de déterminer le genre de culture dans chaque gouvernorat.

— Quelles sont donc les alternatives présentées par l’Etat ?

— Le gouvernement va encourager les paysans à cultiver d’autres cultures comme le maïs et le coton. En effet, le pays est intéressé par la commercialisation du coton et il a augmenté son prix. La superficie cultivée en coton est donc en augmentation et il n’y a pas de problème d’engrais ou de semences que le ministère de l’Agriculture fournit aux paysans.

— La réduction de la riziculture nous obligera-t-elle à importer cette denrée stratégique ? Allons-nous connaître une crise ?

— Non, il n’y a aucune crise. Le prix du riz ne va pas augmenter au cours de la prochaine période. En effet, le ministère de l’Approvisionnement possède un grand stock de riz. La superficie des terres cultivées en riz sera réduite pour la simple raison que le riz est l’une des cultures les plus avides d’eau. La superficie va passer d’un million et 100 000 feddans à 700 000.

— Les amendements de la loi sontils applicables ? Vont-ils éliminer les infractions dans l’agriculture ?

— Les amendements seront certainement appliqués, nous n’avons pas le choix. Il incombe aux paysans de respecter la loi, sinon, ils seront confrontés à une amende ou à une peine de prison dans le pire des cas. Nous ne sommes pas contre les paysans. Le ministère de l’Agriculture les aide d’ailleurs à rembourser les crédits qu’ils ont obtenus de la Banque agricole.

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