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Fatah-Hamas : 10 ans de discorde

Aliaa Al-Korachi, Mardi, 19 septembre 2017

Depuis la prise du pouvoir par le Hamas dans la bande de Gaza, en 2007, séparant les Territoires palestiniens en deux blocs hostiles, plusieurs accords de réconciliation interpalestiniens ont été signés sans jamais être appliqués sur le terrain.

Fatah-Hamas : 10 ans de discorde
L'accord de Gaza, signé en 2014 entre le Fatah et le Hamas, reste toujours inaplicable sur le terrain. (Photo : Reuters)

2007 : Accord de La Mecque

Le 8 février 2007, au terme de deux jours de négociations à La Mecque, en Arabie saoudite, les représentants du Fatah et du Hamas ont signé un accord censé mettre fin à la violence et mettre immédiatement en place un gouvernement d’union nationale. Neuf ministères sont attribués au Hamas dont ceux de l’Economie, du Travail et de la Justice, 6 au Fatah, qui garde le pouvoir exécutif. Le 17 mars, un gouvernement d’union dirigé par Ismaïl Haniyeh est formé. Toutefois, il n’a duré que trois mois. Les hostilités entre les deux mouvements reprennent, et le Hamas contrôle totalement la ville de Gaza en juin 2007. Le gouvernement Haniyeh est immédiatement dissous par Mahmoud Abbas, qui le remplace par un nouveau gouvernement d’urgence, dirigé par Salam Fayad.

2008 : Déclaration de Sanaa

Un an après la tentative avortée de La Mecque, à l’initiative du Yémen, les deux partis rivaux signent un nouvel accord de réconciliation en février 2008 à Sanaa. Le document, intitulé « Déclaration de Sanaa », réclame le retour au statu quo d’avant juin 2007, la formation d’une commission régionale pour superviser les efforts d’unité nationale et la nécessité pour les institutions politiques palestiniennes d’inclure toutes les factions. Cette initiative a échoué comme la précédente puisque les disputes ont éclaté à peine quelques heures après son annonce autour de quand et comment les négociations entre les groupes auraient lieu.

2011 : Accord de consensus national au Caire

Quelques mois après la chute de Moubarak, un autre accord est scellé au Caire entre le Fatah et le Hamas, le 4 mai 2011, sous l’égide des services de renseignements égyptiens. L’accord du Caire prévoyait la formation d’un gouvernement indépendant pour préparer des élections présidentielle et législatives dans un délai d’un an, ainsi que la réintégration des forces du Fatah à Gaza et des membres du Hamas en Cisjordanie. Ce plan est resté lettre morte en raison des divergences, notamment sur les modalités d’application, et des désaccords sur la direction du gouvernement de transition.

2012 : La Déclaration de Doha

Dans la capitale du Qatar, Doha, Khaled Mechaal et Mahmoud Abbas signent, en février 2012, la « Déclaration de Doha » qui prévoit la formation d’un gouvernement d’entente nationale dirigé par le président Abbas et formé de technocrates indépendants. Celle-ci ne précise pas de date pour la tenue de ces élections. L’opposition d’une partie des dirigeants du Hamas fait échouer cette tentative. La répression des membres du Hamas en Cisjordanie et des membres du Fatah à Gaza continue.

2014 : Accord de Gaza

Signé à Gaza, un accord d’unité nationale est annoncé par le Hamas et l’OLP le 24 avril 2014, cette fois-ci sans médiation arabe. Cet accord prévoit la formation d’un gouvernement de technocrates en 5 semaines, et la tenue d’élections législatives en 6 mois. L’Accord de Gaza avait réclamé une réforme immédiate de l’OLP afin d’inclure le Hamas et ses alliés au processus formel de prise de décision. Trois ans après, cette réconciliation est toujours dans l’impasse et rien n’a changé sur le terrain. Le gouvernement formé d’indépendants et approuvé par le Hamas et le Fatah, le 2 juin 2014, n’a effectué que de rares visites à Gaza, alors que les élections promises n’ont jamais vu le jour.

2017 : Nouvel accord en préparation

Le Hamas annonce accepter les conditions de Abbas pour une réconciliation avec le Fatah. Cette décision du Hamas, fruit des négociations qui se tiennent au Caire depuis plusieurs jours, appelle à des élections générales et invite son rival, le Fatah, à engager de nouvelles discussions de réconciliation. Le Hamas a décidé également de dissoudre le comité administratif controversé établi en mars dernier. Celui-ci, formé de sept hauts responsables du mouvement dont la mission était de gouverner Gaza, avait été perçu par le président Mahmoud Abbas comme un gouvernement parallèle entravant la réconciliation. En réponse au Hamas, Azzam Al-Ahmad, un dirigeant du Fatah, a évoqué une prochaine réunion entre les deux parties suivie d’une rencontre élargie aux autres factions palestiniennes, dans l’optique de discuter d’un document sur la réconciliation.

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