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Le Hamas ouvre une nouvelle page

Ahmad Eleiba, Mardi, 19 septembre 2017

Au terme d’une semaine de négociations au Caire, le Hamas a pris une série de décisions qui ouvrent la voie à une réconciliation avec son rival du Fatah. Les habitants de Gaza y voient le début de la fin de leur souffrance. Réconciliation palestinienne.

Le Hamas ouvre une nouvelle page
La dernière position du Hamas a suscité l'espoir de mettre terme aux divisions interpalestiniennes. (Photo : AFP)

Dans un communiqué dimanche, le Hamas a annoncé la dissolution du comité administratif qu’il avait formé en mars dernier pour la gestion de la bande de Gaza, et avait appelé le gouvernement palestinien à assumer ses responsa­bilités à Gaza. Le mouvement a également donné son accord pour l’organisation d’élections générales et la formation d’un gouvernement d’union national. Dans le même communiqué, le Hamas s’est aussi dit prêt à entamer un dialogue avec le Fatah sur les modalités de la mise en oeuvre de l’accord de réconcilia­tion palestinienne signé au Caire en 2011.

L’Egypte avait accueilli la semaine dernière deux séries de réunions, d’abord avec les membres du bureau politique du Hamas, avec à sa tête Ismaïl Haniyeh, et, depuis vendredi, avec une délégation du mouvement Fatah dirigée par Azzam Al-Ahmad. Les réunions avec les deux factions ont abouti à l’adoption d’une série d’arrangements en vue de mettre fin aux divisions interpalestiniennes qui durent depuis une décennie. Dans un communiqué officiel, Le Caire a salué les prises de position des deux factions qui ont favorablement réagi à ses efforts pour « préserver l’unité du peuple palestinien et mettre fin aux divisions ». Dans le même com­muniqué, Le Caire s’est engagé à poursuivre ses efforts et ses contacts avec le président Mahmoud Abbas et toutes les autres parties, pour « l’in­térêt des Palestiniens et de la cause palestinienne ». Une source proche du dossier au Caire affirme qu’une délégation égyptienne se rendra à Gaza dans quelques jours pour suivre la mise en place de l’accord. Selon la même source, la délégation égyptienne sera composée de repré­sentants des services de renseigne­ment et de la sécurité, ainsi que de responsables politiques. Une source palestinienne du Fatah a expliqué que cette délégation observerait notamment le retour à Gaza du gou­vernement palestinien, ajoutant que des groupes de suivi seraient formés pour anticiper les obstacles qui pour­raient surgir.

De son côté, le président palesti­nien Mahmoud Abbas a suivi depuis New York, où il prend part à l’As­semblée générale de l’Onu, les réu­nions qui se déroulaient séparément au Caire avec les représentants du Fatah et du Hamas, et dont il a salué les résultats. Entre-temps, le Fatah a annoncé une réunion de son comité central pour se pencher sur les modalités du retour de l’Autorité palestinienne à Gaza, jusqu’à la prochaine échéance, à savoir l’orga­nisation des élections législatives et présidentielle. Evoquant l’accord de réconciliation signé au Caire le 5 mai 2011, Azzam Al-Ahmad a annoncé à l’agence palestinienne « Wafa » la tenue d’une réunion entre le Fatah et le Hamas, laquelle serait suivie d’une autre réunion rassemblant toutes les factions signataires pour entreprendre des « démarches concrètes » en vue de sa mise en application. « Cet accord mettra fin aux divisions et consoli­dera l’unité nationale palesti­nienne. Ainsi, les prochains jours témoigneront de démarches concrètes, à commencer par le retour du gouvernement pour assu­mer ses responsabilités à Gaza au même titre qu’à Ramallah. Ce qui permettrait de poursuivre les efforts destinés à alléger la souffrance des habitants de Gaza et à lever l’em­bargo injuste qui leur est imposé », a-t-il poursuivi.

Une nouvelle ère

A Gaza, des dirigeants de factions palestiniennes ont salué la position du Hamas qui « augure d’une nou­velle ère ». Dans un communiqué commun, ces factions ont également salué l’Egypte pour « ses efforts et son rôle historique au service de la cause palestinienne et des intérêts du peuple palestinien ». Les factions ont appelé l’Egypte à maintenir ses efforts « jusqu’à aboutir à la récon­ciliation palestinienne ».

Les factions palestiniennes ont, d’autre part, appelé les dirigeants du Fatah et le président Abbas à saisir l’occasion et à réagir positivement à l’initiative du Hamas en suspendant immédiatement toutes les « mesures punitives » imposées aux habitants de Gaza et qui ont eu un impact négatif sur leur quotidien. « La dissolution du comité administratif est un pas positif que le Hamas a accompli. Le prési­dent Mahmoud Abbas devra y répondre par l’annulation de toutes ses mesures punitives à l’encontre de la Bande de Gaza », a dit Rabah Mehanna, membre du bureau poli­tique du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP). Ce front a qualifié de « courageuse » la décision du Hamas, ajoutant que celle-ci montre que le mouvement palestinien s’intéresse au processus de réconci­liation et qu’il « met en avant l’intérêt général ».

« La dissolution par le Hamas du comité administratif est très impor­tante dans la mesure où elle ouvre la voie à un dialogue national », renché­rit le secrétaire général de l’Initiative nationale palestinienne, Moustapha Al-Barghouti. Il appelle à son tour l’Autorité palestinienne à suspendre les mesures qu’elle a récemment imposées à Gaza.

Quant à Mohamad Dahlan, diri­geant expulsé du mouvement Fatah et désormais fondateur d’un « courant réformateur », il a salué lui aussi la décision du Hamas qui permettrait, d’après lui, de « discréditer les pré­textes avancés par le président Abbas pour rejeter la réconciliation ». Et d’ajouter : « Notre position de soute­nir les efforts de réconciliation natio­nale n’a pas changé. Nous avons appelé toutes les parties à suivre ce chemin unique et obligatoire vers l’unité de notre peuple ».

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