Dossier > Dossier >

Mohamad Al-Amri : Nous entreprendrons des réformes à grande échelle

Dahlia Réda, Jeudi, 08 juin 2017

Mohamad Al-Amri, secrétaire général adjoint du tout nouveau Conseil suprême de la régulation et du développement des médias, prendra la charge de réguler le secteur dès que le parlement aura approuvé les lois gérant son action.

Mohamad Al-Amri : Nous entreprendrons des réformes à grande échelle
Mohamad Al-Amri

Al-Ahram Hebdo : Un boom de publicités a été enregistré sur les chaînes de télévision depuis le début du Ramadan, est-ce que cela marque un essor du marché ?Mohamad Al-Amri : Oui, une augmentation des publicités durant ce mois du Ramadan est notée. Il est certes tôt de tirer des conclusions, mais les prémices de la hausse des sommes dépensées pour les campagnes publicitaires indiquent qu’on peut bien observer la poursuite de cet essor le reste du mois.

Déjà, les grands acteurs du secteur publicitaire ont envahi toutes les chaînes de télévision. Ceci est dû à deux raisons principales, la première revient au fait que les compagnies locales et même multinationales ne cesseront jamais de faire la publicité de leur produit, même dans les moments de récession. La deuxième est que ces compagnies réduisent leur budget de dépense sur les publicités durant toute l’année, en faveur du mois du Ramadan, en raison de la forte consommation des téléspectateurs.

— Comment ceci s’est-il traduit en chiffres ?

— En fait, le marché des publicités a atteint l’année dernière près de 3 milliards de L.E., dont la part durant le mois du Ramadan a atteint les 800 millions de L.E. Cette année, les estimations faites par l’agence publicitaire Sout Al-Qahira, dépendant de l’Union de la radio et de la télévision, et celles des grandes agences publicitaires, durant la première semaine du mois sain, témoignent d’une hausse de 30 % des dépenses sur les publicités.

Cette augmentation ne signifie pas forcément une augmentation des publicités, mais un accroissement du coût de la seconde de publicité qui passe à la télévision, par rapport à l’année dernière.

Les spots de publicité insérés dans les feuilletons et les émissions sont plus longs que les programmes eux-mêmes. Qui est en mesure de contrôler ce chaos ? — Il est vrai que la période de diffusion des publicités est assez longue, mais en raison de la naissance récente du Conseil suprême de la régulation et du développement des médias, présidé par Makram Mohamad Ahmad, depuis février dernier, il est encore tôt de mener ce rôle, puisque les règlements de mise en vigueur de la nouvelle loi régissant notre travail sont encore en élaboration et vont être soumis au parlement, dans deux mois. Quand ces règlements seront prêts, nous, en tant qu’exécuteurs de la loi, nous entreprendrons des réformes à grande échelle contre ce genre de violation.

— Selon les normes de cette nouvelle loi, quelle sera la durée des publicités par rapport au contenu des programmes ou feuilletons ?

— Selon cette loi, la période de diffusion des publicités sera entre 20 à 30 % du programme de télévision, soit par exemple 5 minutes de pub toutes les 15 minutes de diffusion de programmes. Plus les pays sont développés, plus la période de diffusion des publicités est courte.

Et puisque notre marché est encore en développement, il y aura des guerres entre les agences concurrentes, qui vont se battre pour s’accaparer une part plus grande du marché.

Est-ce que le contrôle d’une telle tâche est faisable ?

— Je pense qu’au début de notre réforme, il y aura probablement une résistance de la part des chaînes de télévision surtout privées, qui considèrent que la longueur de la durée de publicités génère des rendements sûrement profitables pour elles. Une même position serait adoptée probablement par les annonceurs eux-mêmes. Je pense que le conseil aurait des tâches plus importantes que celle-ci. Et même si nous menons cette réforme, nous devons la faire graduellement, tout en lançant des campagnes de sensibilisation pour mieux convaincre les différents acteurs du marché.

La publicité durant le Ramadan est dominée par des appels à l’oeuvre caritative. Quel est le volume exact de ces publicités ?

— Le taux de publicités consacrées à la charité a atteint durant la première semaine du Ramadan entre 30 à 45 % de l’ensemble des publicités sur toutes les chaînes privées. Ce taux est incontestablement élevé, en raison de deux facteurs, le premier s’explique par la nature de ce mois sain qui encourage les gens à se sacrifier via la charité et à aider les démunis. Le deuxième revient à la stratégie des associations de charité qui concentrent leurs campagnes publicitaires au mois du Ramadan, pour pouvoir récolter des montants importants compensant la baisse des collectes durant le reste de l’année.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique