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Yéhia Qallach : Nous défendons les droits des journalistes à exercer leur métier

Samar Al-Gamal, Mardi, 10 mai 2016

Yéhia Qallach, président du syndicat des Journalistes, dénonce une tentative visant à diviser les journalistes pour « masquer » l’attaque contre le syndicat.

Yéhia Qallach : Nous défendons les droits des journalistes à exercer leur métier
Yéhia Qallach

Al-Ahram Hebdo : Dimanche 8 mai, cinq membres du conseil du syndicat ont décidé de se joindre à une réunion organisée à Al-Ahram et qui s’oppose à celle du 4 mai au syndicat. Est-ce un début de division du conseil ?

Yéhia Qallach : Je ne veux pas me mêler à un combat artificiel et loin d’être réel. Je préfère éviter d’aborder ce sujet. Ce sont des collègues qui ont exprimé leurs opinions et nous sommes avant tout un syndicat d’opinion. Mais il est clair qu’il y a une tentative de créer parmi les journalistes des divisions internes pour masquer l’attaque dont ils font l’objet.

Heureusement, la tentative de scission n’a pas porté ses fruits. Les 5 membres du conseil ont publié un communiqué qui appelle à l’union des journalistes et dans lequel ils affirment refuser de se retirer du conseil comme le voulaient certains.

— Certains accusent le conseil d’avoir opté pour une escalade avec l’Etat, alors que des négociations étaient en cours avec le premier ministre et vous-même étiez au courant qu’un communiqué allait être publié par le gouvernement. Qu’en est-il vraiment ?

— Oui, il y a eu des pourparlers avant l’assemblée générale du 4 mai, mais qui n’ont débouché sur rien de concret. Dire que la crise allait être résolue par un communiqué du gouvernement est une aberration. Pourquoi la crise n’est toujours pas résolue et pourquoi les journalistes ont été intimidés alors qu’ils tentaient d’accéder aux locaux du syndicat ? Là sont les vraies questions.

— Que s’est-il donc passé pour en arriver à ce stade ? Demander au président de s’excuser n’était-il pas exagéré ?

— Je crois que l’Etat attendait de voir comment se déroulerait la journée du 4 mai. Il s’attendait probablement à une très faible participation et à ce que la journée se passe sans que le gouvernement ne soit obligé de faire des concessions.

Mais la mobilisation des journalistes a été très importante en dépit du siège imposé autour du syndicat par la police. La tension régnait car les journalistes se sentaient intimidés et humiliés. Ils ont placé la barre haute concernant leurs revendications.

Le conseil ne peut que prendre en compte ces demandes pour négocier. Nous avons présenté suffisamment de clarification pour expliquer que l’appel à des excuses de la présidence ne signifie en aucun cas une humiliation. Celle-ci ne figure d’ailleurs pas dans le communiqué initial, et nous considérons le président comme un arbitre dans cette crise.

— Pourtant, le chef de l’Etat a fait deux sorties publiques sans faire la moindre référence à cette crise ...

— Lors de la fameuse crise avec le régime en 1995 sur la loi 93, nous sommes restés 13 mois sans réaction de Moubarak. Il se peut aussi que la colère des membres de l’assemblée générale ait été mal perçue ou mal transmise au chef de l’Etat.

— Pourquoi le syndicat a-t-il alors décidé de reporter la réunion qui était prévue mardi ?

— Nous voulons montrer notre bonne volonté à établir un dialogue et démontrer qu’il ne s’agit pas d’un conflit avec les institutions de l’Etat. Nous défendons les droits des journalistes à exercer leur métier. Nous voulons donner la chance aux négociations en cours menées par la commission de la culture et des médias du Parlement. On verra si nous trouvons une issue ou si l’on se dirigera vers une nouvelle réunion de l’assemblée générale. Personnellement, j’espère que la crise sera résolue, car le conflit n’est dans l’intérêt de personne.

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