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Al-Warraq: L’avenir prospère d’une île négligée

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mercredi, 07 septembre 2022

Après des années de controverses, le gouvernement a lancé son plan de réaménagement de l’île d’Al-Warraq. Objectif : mettre fin à l’anarchie et à la pollution.

Al-Warraq: L’avenir prospère d’une île négligée
6 milliards de L.E. ont été versés jusqu’à présent pour l’indemnisation des habitants d’Al-Warraq.

«  Les mauvaises pratiques environnementales qui ont un impact négatif sur les eaux du Nil sont la principale raison de la décision du gouvernement d’évacuer l’île d’Al-Warraq », a déclaré le ministre du Logement, Assem Al-Gazzar, lors d’une conférence de presse. Il a passé en revue les raisons qui ont poussé le gouvernement à lancer le plan de réaménagement de l’île qui sera achevé, selon lui, d’ici deux ans. Cette île, située à Guiza, est la plus grande des 255 îles que possède l’Egypte. Elle s’étend sur une superficie de 6360 km2. L’île, dont le nom sera changé en Horus City, abritera, selon le plan de réaménagement, huit zones résidentielles, deux ports fluviaux, un parc central, des zones commerciales et des quartiers commerçants surplombant le Nil. Un budget de 17,5 milliards de L.E. a été alloué à ce projet qui générera, selon les responsables, des revenus annuels de 20,4 milliards de L.E. pendant les 25 prochaines années. La première phase du projet comprendra 94 bâtiments de 10 étages chacun, soit un total de 4092 appartements, dont 4000 seront consacrés aux habitants d’Al-Warraq qui souhaitent retourner sur l’île. 40 bâtiments sont actuellement en cours d’achèvement. Des écoles, des centres médicaux, sportifs, commerciaux et de divertissement sont inclus dans le plan de réaménagement. Le montant des indemnités versées jusqu’à présent aux habitants de l’île s’élève à 6 milliards de L.E. « L’Etat n’a eu recours à l’évacuation forcée dans aucun de ses projets de réaménagement. Toutes les évacuations ont été faites de manière consensuelle », a assuré Al-Gazzar.

Le député Amin Massoud, membre de la commission du logement au Conseil des députés, explique que le gouvernement a déployé d’énormes efforts pour réaménager les bidonvilles et les zones jugées « dangereuses ». En effet, la dégradation dans cette région a atteint un stade critique en raison des constructions aléatoires depuis plusieurs dizaines d’années. « L’Etat tente de fournir aux habitants de cette zone un niveau de vie digne et en même temps de mettre à profit l’emplacement exceptionnel de l’île à travers les projets de développement et les investissements ».

Un réaménagement nécessaire 

L’urbaniste Farid Abdel-Aal explique que l’île d’Al-Warraq est en proie depuis des années à des constructions anarchiques sans licence qui ont dégradé l’environnement autour du Nil. « Ces constructions aléatoires occupaient 60 feddans en 1996, 150 feddans en 2006 et 400 feddans en 2019. Ces constructions ne sont pas dotées d’infrastructures. Elles ne possèdent pas de service d’égouts, ce qui a conduit les habitants à jeter les déchets dans le Nil. Une vraie catastrophe pour l’environnement », explique Abdel-Aal. Et d’ajouter: « Le plan de réaménagement permettra l’installation d’infrastructures adaptées à la nature de l’île et lui donnera un caractère spécial. L’île d’Al-Warraq deviendra une source d’attraction pour les investisseurs égyptiens et étrangers qui pourront y créer leurs projets ». Les habitants qui ont été évacués de l’île recevront soit de nouvelles unités de logement dans les nouvelles villes, soit une compensation financière s’ils sont propriétaires. Par ailleurs, les personnes ne voulant pas quitter l’île pourront y retourner et seront logés dans les résidences nouvellement construites. Quant aux propriétaires des terrains agricoles, l’Etat leur a donné deux options, à savoir recevoir une indemnisation financière de 6 millions de L.E. pour chaque feddan ou recevoir, en échange d’un feddan à Al-Warraq, 19 feddans dans la ville d’Al-Sadate.

Le président de l’Alliance égyptienne pour le développement des bidonvilles, Atef Amin, explique que l’indemnisation versée aux habitants a toujours été le problème à Al-Warraq. Il rappelle : « Depuis les années 2000, les gouvernements successifs ont tenté d’expulser les habitants de cette région de 90000 habitants sans la moindre indemnisation sous prétexte qu’il s’agit de constructions illégales, mais ils n’ont jamais réussi à le faire. Par conséquent, cette zone est tombée dans la négligence. Avec le nouveau plan de réaménagement, 71 % des habitants ont accepté les propositions du gouvernement et ont donc quitté l’île. Des efforts sont actuellement déployés pour convaincre les habitants qui restent », conclut Amin.

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