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Egypte-Grèce : Vers une coopération plus accrue

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mercredi, 09 mars 2022

L’Egypte et la Grèce se sont engagées cette semaine à renforcer la coopération bilatérale, notamment dans le domaine de l’énergie.

Egypte-Gr ce : Vers une coop ration plus accrue
Sissi et Mitsotakis ont évoqué les moyens de renforcer la coopération dans divers domaines.

La connexion électrique euroafricaine, la COP27 et la coopération dans le domaine de l’énergie ont été les principaux sujets abordés, le 3 mars, entre le président Abdel-Fattah Al- Sissi, le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, et le président de la Banque européenne d’investissement, qui se sont entretenus par vidéoconférence.

Lors des entretiens, le président Sissi et le premier ministre grec se sont engagés à renforcer la coopération entre l’Egypte et la Grèce dans le secteur de l’énergie, notamment le projet de connexion gazière et électrique entre l’Egypte et la Grèce, ainsi que celui incluant l’Egypte, la Grèce et Chypre.

C’est ce qu’a dévoilé le porteparole de la présidence de la République, Bassam Radi. En outre, Sissi et Mitsotakis ont discuté de l’application d’un accord signé en octobre 2021 et portant sur l’installation d’un câble sous-marin reliant les infrastructures énergétiques grecques et égyptiennes. Les deux dirigeants ont également discuté des moyens de renforcer la coopération dans divers domaines, surtout les changements climatiques, les énergies renouvelables, la transformation verte, l’hydrogène vert et l’énergie solaire, et ce, au moment où l’Egypte se prépare à accueillir la COP27 en novembre à Charm Al-Cheikh. Le président Sissi a dans ce contexte déclaré que « l’Egypte adoptera une approche globale à la COP27 en tenant compte des priorités de toutes les parties, afin d’obtenir des résultats positifs ».

Le président Sissi a salué « les relations excellentes avec la Grèce et les progrès de la coopération dans de nombreux domaines, ainsi que la coordination politique mutuelle sur les questions régionales ». Pour sa part, Mitsotakis a exprimé le souci de son pays d’approfondir les relations avec l’Egypte dans divers domaines, notamment à la lumière du rôle joué par Le Caire dans la région méditerranéenne. Ce rôle, a-t-il dit, est « un modèle à suivre pour maintenir la stabilité et faire progresser l’économie ». Le gouverneur de la Banque Centrale d’Egypte (BCE), les ministres de l’Electricité, des Affaires étrangères, du Pétrole, de la Planification, de la Coopération internationale, ainsi que leurs homologues grecs ont également assisté à la réunion.

Tarek Fahmy, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire, explique que la participation élargie des ministres des deux côtés reflète l’importance de cette rencontre qui vise à relancer la coopération bilatérale, surtout avec la crise russoukrainienne.

« L’Egypte est un acteur très important dans la région qui déploie d’énormes efforts pour instaurer la paix et la sécurité dans la région. D’où l’importance de coordonner avec ses voisins de la Méditerranée orientale », explique Fahmy.

Un timing important

Mona Soliman, chercheuse spécialiste des affaires internationales à la faculté des sciences politiques de l’Université du Caire, souligne que cette rencontre virtuelle a une grande importance sur les plans politique, économique et sécuritaire. « Outre le renforcement des relations bilatérales, l’importance de ces pourparlers est liée aux répercussions de la guerre russo-ukrainienne. L’Egypte, aussi bien que la Grèce, font partie des pays exportateurs de gaz. Or, avec le conflit ukrainien, le monde entier témoigne d’une crise de gaz et d’énergie. Il était donc nécessaire de coordonner avec la Grèce pour tenter de contrôler les prix du gaz extrait de la Méditerranée orientale », assure-t-elle.

Un autre volet qui ne manque pas d’importance est la coordination sécuritaire. « La région de la Méditerranée est actuellement en proie aux troubles en raison de la guerre en Ukraine. Il est important pour l’Egypte de coordonner avec ses voisins méditerranéens, notamment la Grèce et Chypre, pour éviter l’afflux des réfugiés parmi lesquels des éléments terroristes pourraient s’infiltrer, afin de gagner certains pays. Il est urgent pour l’Egypte d’accentuer ses efforts de lutte contre le terrorisme et la migration illégale, deux dossiers dans lesquels Le Caire a réalisé un grand succès », conclut Soliman.

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