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Priorité aux jeunes

Dr Ahmed Sayed Ahmed , Dimanche, 06 février 2022

Onze ans après le 25 Janvier, les jeunes, moteur de la révolution, sont au coeur d’une vaste politique d’autonomisation. Explications.

dr ahmad

 

Onze années se sont écoulées depuis la Révolution du 25 Janvier, un tournant dans l’histoire de l’Egypte. La vie politique a connu depuis de nombreuses mutations : la chute du régime de Moubarak, l’accession au pouvoir des Frères musulmans sous la présidence de Mohamad Morsi, puis leur désaveu avec la Révolution populaire du 30 Juin 2013, aux côtés de laquelle s’est rangée l’armée, et enfin, l’arrivée au pouvoir du président Sissi en 2014.

Les jeunes ont été les principaux acteurs de ces événements. Ce sont eux principalement qui ont initié et mené la Révolution du 25 Janvier, exigeant liberté et justice sociale. Ils ont réussi à faire bouger les eaux stagnantes d’une vie politique où les partis n’étaient plus qu’un décor. Ils ont dénoncé le régime en place et réclamé le départ de l’élite au pouvoir. Lorsque certains partis ou forces politiques comme les Frères musulmans ont constaté que la révolution allait réussir grâce aux jeunes, ils ont rallié leur cause, pour servir leurs ambitions. C’est ainsi que les Frères musulmans ont mobilisé leurs partisans et ont soutenu leur candidat, Mohamad Morsi, qu’ils ont présenté comme une figure de la révolution face à l’ancien régime, incarné par Ahmad Chafiq. Les aspirations des jeunes ont été balayées. La confrérie, une fois au pouvoir, a écarté toutes les autres forces politiques et a fait prévaloir des considérations religieuses et idéologiques sur les intérêts nationaux. Cette politique a provoqué une seconde révolution et a précipité la chute du régime.

Après le 30 Juin 2013 et l’arrivée au pouvoir du président Sissi, les institutions étatiques ont adopté une tout autre approche à l’égard des jeunes. L’enjeu était de soutenir et d’accompagner les jeunes pour un meilleur avenir et un réel épanouissement. L’Etat s’est montré prêt à écouter, à dialoguer avec les jeunes à travers des forums de dimension nationale et mondiale. En présence du chef de l’Etat, les jeunes ont été invités à s’exprimer et à faire des propositions qui contribuent à améliorer leur statut social, professionnel et politique.

Le gouvernement a accordé un intérêt particulier à la formation des jeunes dans les domaines politique, économique et culturel. C’est dans cet objectif que l’Académie nationale de la formation a été créée avec pour principal but le renforcement des compétences des jeunes afin de leur garantir un meilleur accès au monde du travail. Sous l’égide directe du président de la République, un programme de formation a été mis en place pour des milliers de futurs jeunes leaders éligibles à des postes à responsabilité. Pour parfaire leur parcours, ces jeunes ont été intégrés dans les services-clés de l’exécutif et ont bénéficié de l’expérience de leurs aînés. Ces derniers ont apprécié leur haute qualification et leur dynamisme. Ainsi, de nombreux jeunes diplômés ont rejoint les cabinets ministériels, d’autres ont été nommés adjoints aux gouverneurs ou assistants aux chefs de quartier. Avec leur bagage académique prometteur, beaucoup de jeunes se sont lancés avec ambition dans l’action publique, en particulier au parlement. Le Comité de coordination des jeunes des partis politiques a contribué à former des cadres politiques. Ils sont présents aujourd’hui dans les deux Chambres, qu’ils soient élus ou nommés. Ils relaient activement les aspirations de la jeunesse et participent à l’élaboration des textes qui défendent ses droits.

Un meilleur statut

La situation des jeunes s’est améliorée depuis la révolution, ils occupent une place plus importante dans la vie publique et politique. Ils font partie de l’appareil législatif et sont représentés au plus haut de l’exécutif. Par ailleurs, le gouvernement affiche une réelle volonté de renforcer leur présence dans tous les secteurs. Il est important que la jeunesse travaille à former ses propres partis politiques à travers des idées et des programmes qui contribuent au développement de la vie politique en Egypte. D’autant plus qu’il existe déjà des entités politiques qui représentent les jeunes, comme le Comité de coordination des jeunes des partis politiques, et qui pourraient servir de base à de nouveaux partis prêts à s’engager dans les élections parlementaires ou municipales.

Dans le secteur économique, en plus d’un soutien effectif aux projets d’entrepreneuriat et aux micro-projets, notamment sur le plan financier, il est important de renforcer l’autonomie des jeunes entrepreneurs par une formation professionnelle en adéquation avec les attentes du marché du travail.

Il est indispensable également de mettre en lumière et de soutenir les jeunes talents, quel que soit leur domaine. Leurs initiatives, leur créativité, leur dynamisme doivent pousser le secteur privé à recourir à leurs compétences pour une vie économique, politique, culturelle et artistique riche et épanouie. Enfin, dans le domaine sportif, une attention particulière doit être portée aux centres de jeunesse dans les zones rurales pour repérer d’éventuels futurs champions. L’intérêt porté à la jeunesse et le rôle croissant qu’elle occupe dans les affaires publiques représentent une des avancées significatives de la Nouvelle République.

*Expert au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram

 

 

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