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Chemins de fer : Le renouveau

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mardi, 04 janvier 2022

Avec, entre autres, le retrait de la dernière locomotive ancienne et le renouvellement de 10 000 km de voies ferrées, les chemins de fer connaissent un développement inédit. Explications.

Chemins de fer : Le renouveau

De nouvelles locomotives, des wagons modernes, un système de signalisation intelligent, une infrastructure renouvelée et des gares rénovées. Tout un système développé pour le renouvellement et la réhabilitation du secteur des chemins de fer a été annoncé avec le début de la nouvelle année 2022. Un changement radical pour le développement du deuxième plus ancien réseau ferroviaire dans le monde. « L’Egypte n’a pas connu depuis 60 ans le développement actuel des chemins de fer », a affirmé, le 28 décembre, le président Abdel-Fattah Al-Sissi, saluant les efforts réalisés en termes de développement de ce secteur vital, en marge de l’inauguration des travaux de développement dans le gouvernorat d’Assouan. Le président a également souligné que « la tarification injuste des billets des trains avait contribué à l’effondrement de tous les services de l’Etat », laissant ainsi prévoir une probable élévation des prix de billets de train.

Pour sa part, le ministre du Transport, Kamel Al-Wazir, a souligné que l’Etat avait transformé les trains en moyens de transport sûrs, modernes et avancés qui offrent un service digne au citoyen égyptien, en particulier en Haute-Egypte, pour suivre le rythme de l’initiative « Vie décente » lancée par le chef de l’Etat.

Ce plan de développement a commencé en 2014. L’Egypte a signé plusieurs accords avec des géants du transport international pour développer le secteur ferroviaire longtemps marginalisé. L’Etat y a alloué un budget de 225 milliards de L.E. Les anciennes locomotives ont été remplacées par de nouvelles à partir du premier janvier, les tracteurs et les wagons ont été réhabilités, 10 000 km de chemins de fer ont été renouvelés, les infrastructures des gares et les systèmes de signalisation ont tous été remplacés ou réhabilités ; de même, tous les personnels des chemins de fer ont été formés.

1,1 million de passagers par jour

Expliquant l’importance du développement des chemins de fer, le député Mahmoud Al-Dabea, membre de la commission des transports au parlement, souligne qu’il s’agit d’un secteur vital qui transporte jusqu’à 1,1 million de passagers par jour. « Le secteur souffre depuis des décennies de négligence en raison des grosses sommes que nécessite sa réhabilitation. La plupart des trains étaient opérationnels depuis au moins 40 ans. Les systèmes de signalisation étaient jusque-là manuels, ce qui causait des accidents mortels et le personnel technique n’était pas suffisamment formé. Il était donc temps d’effectuer un développement global pour ce secteur qui ira de pair avec tous les efforts déployés par l’Etat dans les secteurs routiers et des transports », explique le député, qui ajoute que « le développement de ce secteur permettra à la fois de présenter un service de qualité et d’améliorer, par conséquent, les revenus financiers des chemins de fer ». A noter que le plan de développement global mis en vigueur vise à augmenter le nombre quotidien de passagers à 1,5 million d’ici 2024 et de 2 millions d’ici 2030.

Sur la même voie, Ossama Oqeil, professeur de planification routière à la faculté de génie à l’Université de Aïn-Chams, explique que l’Etat applique un plan de développement fondé sur deux axes, à savoir la réhabilitation et le développement. La réhabilitation consiste à rénover et remplacer les trains et les infrastructures usés, les gares et autres, tandis que le développement consiste au changement radical du système de fonctionnement des gares et des trains pour passer du système manuel et des locomotives diesels à des systèmes intelligents qui évitent l’intervention humaine. « L’Etat travaille en parallèle sur les deux axes pour pouvoir réaliser un développement global. De grosses sommes sont versées pour réhabiliter tout le système ferroviaire dans le but de sauver son état détérioré. De plus, le développement a commencé à s’introduire également dans certains services, notamment les systèmes de signalisation intelligents dans certaines gares », dit-il. Et d’ajouter que la formation du personnel est tout aussi importante. « Toutes les catastrophes ferroviaires sont liées à des erreurs humaines. Pour les contrer, nous devons soit développer tout le secteur et le transformer en secteur intelligent, ce qui nécessite des sommes énormes et de longues années pour sa mise en place, soit former et superviser tout le personnel, qu’il s’agisse des conducteurs des trains, des techniciens qui doivent revoir tout le système de fonctionnement après chaque voyage ou des fonctionnaires dans les gares et autres. Sans cette formation, tous ces efforts dans quelques années seront vaines », conclut-il.

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