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Femmes : L’héritage culturel toujours un obstacle malgré les progress

Samar Al-Gamal, Lundi, 01 novembre 2021

L’Egypte a présenté à l’Onu les progrès réalisés en matière de lutte contre la discrimination à l’égard des femmes. En dépit de leur caractère positif, beaucoup reste à faire.

Femmes : L’héritage culturel toujours un obstacle malgré les progress

Dans un rapport adressé au Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) relevant de l’Onu, Maya Morsy, présidente du Conseil national de la femme, a établi une liste exhaustive des démarches accomplies par l’Egypte pour éliminer cette discrimination. Après un aperçu de la situation politique, Maya Morsy a évoqué une série d’initiatives mises en place, notamment à partir de 2016, année qui a connu la restructuration du Conseil national de la femme, incluant pour la première fois une représentation des femmes handicapées, des femmes rurales et des jeunes. Cette initiative a été suivie par la déclaration de 2017 « Année de la femme égyptienne ». La stratégie nationale de l’autonomisation de la femme égyptienne 2030 a été également lancée dans le cadre des objectifs du développement durable, conformément à la vision « Egypte 2030 ».

Selon la responsable égyptienne, les allocations directement liées aux femmes dans le budget général de l’Etat ont doublé en 2021 et le nombre de femmes bénéficiaires des services du conseil qu’elle préside est passé de 393 000 en 2014 à plus de 28 millions en 2020 ; alors que le budget de cette institution a quintuplé. Parallèlement, « les droits constitutionnels des femmes se sont traduits en lois, en stratégies et en programmes exécutifs, et un quota constitutionnel garantissant la présence de 25 % de femmes au parlement a été établi », explique-t-elle dans son rapport, en énumérant d’autres initiatives, telle Al-Taë Al-Marbouta serr Qowaték (le e féminin est le secret de ta force) et d’autres. Morsy a cependant reconnu que des démarches restent à faire, surtout en ce qui concerne le statut personnel et la modification de certaines dispositions du code pénal. « Nous espérons que certaines lois seront adoptées, comme celle empêchant le mariage des enfants et celle renforçant les procédures pour empêcher les mariages forcés et temporaires ». « Le code de statut personnel, présenté par le Cabinet ministériel au parlement, a été retiré sur fond de polémique. Le texte continue à priver les femmes de droits égaux à ceux des hommes. Il accorde aux hommes le droit de s’opposer au mariage de n’importe quelle femme dans la famille », explique Nada Nachaat, du Centre d’assistance juridique aux femmes. « Les questions liées aussi à l’égalité en matière de garde des enfants, de divorce et de tutelle des enfants n’ont pas été réglées », ajoute-t-elle. Ces deux questions figurent parmi celles adressées à l’Egypte par le CEDAW. L’activiste, dont l’organisation a présenté un rapport oral devant le comité, estime que « le coeur du problème est que l’Etat annonce des initiatives et des stratégies, mais manque d’évaluation et de suivi. Aucun indicateur n’a été mis en place pour nous permettre d’observer, ce qui a été vraiment réalisé sur le terrain », affirme Nachaat. Elle appelle à ce que toutes les mesures soient épaulées par la juridiction et non pas par la seule volonté personnelle du président pour garantir leur continuité. Au CEDAW, le comité a salué certaines réformes, notamment en matière de lutte contre la violence faite aux femmes. Néanmoins, « les attitudes patriarcales et les violences contre les femmes persistent », observe le comité. « La polygamie, les mariages précoces et les mutilations génitales féminines ne régressent pas ». « Malgré les gains mentionnés dans le rapport, l’Egypte est confrontée à la persistance d’un héritage culturel qui enracine la discrimination contre les femmes », a admis Mme Morsy.

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