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Mohamed Hégazi : La déclaration du Conseil de sécurité est une feuille de route claire pour la reprise des négociations sérieuses

Chaïmaa Abdel-Hamid, Lundi, 20 septembre 2021

3 questions à l’ambassadeur Mohamed Hégazi, ancien vice-ministre des Affaires étrangères pour les affaires africaines, sur les évolutions du dossier du barrage de la Renaissance.

Mohamed Hégazi

Al-Ahram Hebdo : Quelle est l’importance de la déclaration du Conseil de sécurité sur la reprise des négociations sur le barrage de la Renaissance ?

Mohamed Hégazi : Cette déclaration, émise par l’unanimité des membres du conseil, reflète une reconnaissance internationale de la menace que représente le barrage éthiopien sur la paix et la sécurité régionales en l’absence d’un accord. Le Conseil de sécurité a recommandé une reprise des négociations sérieuses sous l’égide de l’Union Africaine (UA) et avec une participation efficace des observateurs pour régler les points de discorde persistants. Il a demandé surtout que les négociations aient un calendrier déterminé permettant la conclusion d’un accord juridique contraignant et basé sur la déclaration de principes signée en 2015, déterminant les règles de remplissage et d’exploitation du barrage.

— L’Egypte a salué l’élargissement du rôle des observateurs. Pourquoi ?

— Ces observateurs, rodés en termes de résolutions des différends entre les pays, pourront proposer un mécanisme de négociation consensuel et proposer des solutions aux points controversés. Leur participation aux négociations limitera la marge des manoeuvres éthiopiennes.

— L’UA n’a marqué aucun progrès jusqu’à présent. Sera-t-elle cette fois en mesure de faire avancer le dossier ?

— En visite cette semaine au Caire, le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Christophe Lutundula, a assuré que les différends sur le barrage pourraient être résolus au sein de l’UA. De même, la déclaration du Conseil de sécurité représente une feuille de route déterminant les mécanismes de reprise des négociations. L’UA est donc chargée officiellement de favoriser la conclusion d’un accord en un délai déterminé sans oublier qu’au nouveau round de négociations, le rôle des observateurs sera axial. Suite à la déclaration du Conseil de sécurité, l’Ethiopie sera obligée de s’engager à des négociations sérieuses sous l’égide de l’UA et une supervision internationale. C’est ce qui explique sa réaction furieuse à la déclaration du Conseil de sécurité.

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