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Bac : Une réussite qui ne plaît pas à tous

Chaïmaa Abdel-Hamid, Lundi, 23 août 2021

Les premiers bacheliers du nouveau système de la Sanawiya amma ont vu leurs résultats inférieurs à ceux des promotions précédentes. Une baisse qui témoigne de la réussite de la réforme, selon le ministère et les experts.

« Le taux de réussite des élèves de la Sanawiya amma est de 74 % contre 81 % l’an dernier. Aucun élève n’a obtenu 100 % », a déclaré le ministre de l’Education, Tarek Shawki, en annonçant les résultats du bac égyptien la semaine dernière. Shawki a ajouté que « le nouveau système d’évaluation introduit dans le cycle secondaire a été préparé selon les normes internationales et a réussi à atteindre les objectifs du ministère ». Au cours de l’année scolaire écoulée, le ministère a mis à la disposition des étudiants et des professeurs de multiples plateformes éducatives expliquant le nouveau système. De plus, les étudiants de cette promotion ont passé 3 examens blancs pour être suffisamment entraînés à la nouvelle forme de l’examen.

Selon les résultats, 20 190 élèves ont reçu une note comprise entre 90 et 95 %, contre 90 000 élèves l’année dernière, dont 39 avaient obtenu 100 %. Un phénomène qui a complètement disparu. Si le ministre se dit satisfait, parents et élèves ont été déçus par les résultats qu’ils jugent médiocres en comparaison avec les pourcentages des années précédentes. Pour les spécialistes néanmoins, ces résultats sont signe de réussite du nouveau système d’enseignement et d’évaluation électronique appliqué cette année et basé sur la compréhension plutôt que la mémorisation. Il s’agit d’examens reflétant le vrai niveau de l’élève et par la suite l’égalité des chances à l’admission aux universités. Ainsi, cette année les taux d’admission ont baissé d’environ 10 % par rapport à l’année dernière, comme l’a annoncé le ministère de l’Enseignement supérieur : les notes minimales requises pour adhérer aux facultés sont de 88,41 % pour la section scientifique (contre 97,6 % l’an dernier), 80 % pour la section mathématiques (contre 94,4 % l’an dernier) et 65,73 % pour la section littérature (contre 79,9 %).

L’expert pédagogique Hassan Chéhata estime que les résultats de cette année ont dévoilé les vraies compétences des élèves. « Ces pourcentages inférieurs reflètent le vrai niveau des bacheliers. Seuls les élèves possédant des capacités de compréhension et de réflexion ont pu réussir cette année à l’encontre des années précédentes où les résultats dépassaient parfois les 100 %. Un phénomène de réussite illusoire qui a heureusement disparu », explique-t-il. Selon lui, ces réformes ont mis fin à de nombreuses failles, notamment « le phénomène des leçons particulières hors de prix, des manuels parascolaires, etc. Les élèves avaient peu à peu perdu toutes leurs compétences de réflexion, leur seul but étant d’apprendre le plus pour avoir les notes les plus élevées », loue Chéhata.

Dans la même optique, les députés ont appelé, dimanche 22 août, à la fermeture totale des centres des leçons particulières qui, selon eux, entravent la réforme et « ont conduit à la baisse du niveau », comme l’estime le ministre. Les députés ont également appelé le ministère à créer des alternatives pour répondre aux besoins.

Mais pour garantir la réussite de ce système, il faut que les parents et les élèves changent de mentalité, estime l’expert pédagogique Kamal Moughith. « Il est temps que les élèves soient motivés par le choix des études supérieures, voire de la carrière qu’ils veulent faire et non pas leurs résultats. La plupart des familles égyptiennes croient à tort que la réussite de leurs enfants est mesurée par leur adhésion à certaines facultés qu’elles considèrent prestigieuses. De fausses idées qui doivent absolument changer, surtout qu’un grand nombre de ces étudiants peinent à réussir leur année préparatoire dans ces facultés. Ce phénomène a été expliqué par leur incapacité à suivre des études dont ils ne disposent pas des compétences requises », estime Moughith.

Cette semaine, la première phase de l’admission aux universités a commencé. 118 280 élèves ont commencé à faire leur choix, tandis que 160 000 autres se préparent aux examens de repasse le 4 septembre.

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