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Nouveaux horizons de coopération

May Al-Maghrabi, Lundi, 28 juin 2021

En visite historique à Bagdad, le président Sissi a participé, dimanche, avec le roi Abdallah II de Jordanie et le premier ministre iraqien, Mustafa Al-Kadhimi, à un sommet tripartite.

Nouveaux horizons de coopération

Pour la première visite d’un chef d’Etat égyptien depuis trois décennies en Iraq, le président Abdel-Fattah Al-Sissi a participé, dimanche 27 juin, avec le roi Abdallah II de Jordanie et le premier ministre iraqien, Mustafa Al-Kadhimi, à un sommet égypto-iraqo-jordanien à Bagdad. Il s’agit de la quatrième série de pourparlers entre les trois pays pour promouvoir la coopération économique, sécuritaire et politique via le comité de coopération tripartite mis en place en 2019. Le président iraqien, Barham Saleh, et le premier ministre, Mustafa Al-Kadhimi, ont reçu les deux dirigeants égyptien et jordanien. Le président iraqien a qualifié ce sommet de « message éloquent au milieu d’énormes défis régionaux ». Et d’ajouter qu’il souhaite amener les relations avec l’Egypte au niveau d’un partenariat stratégique, étant donné son poids régional et international. De son côté, le président Sissi a souligné que « le renforcement des relations entre les trois pays vise à établir une nouvelle intégration stratégique qui repose sur les objectifs de développement communs et des projets stratégiques », a rapporté Bassam Rady, porte-parole de la présidence, dans un communiqué. Au sujet de la crise du barrage éthiopien de la Renaissance, le président Sissi s’est félicité du soutien jordanien et iraqien à la position égyptienne (voir encadré). Il a souligné que l’Egypte insiste sur le fait de parvenir à un accord juridiquement contraignant sur le remplissage et l’exploitation du barrage. « C’est une priorité absolue pour Le Caire, surtout qu’il s’agit d’une question qui menace directement la sécurité nationale égyptienne », a alerté le président Sissi.

Renforcer la coopération en matière de lutte antiterroriste et la coordination sur les dossiers régionaux était au centre des discussions entre le président Sissi, le premier ministre iraqien et le roi de Jordanie. Selon le communiqué de la présidence, les trois dirigeants ont évoqué l’intensification des consultations sur les questions régionales, à la lumière des développements internationaux et régionaux. « Des développements qui nécessitent une coopération entre les trois pays afin qu’ils puissent faire face aux défis communs », a déclaré le président Sissi. Concernant la cause palestinienne, les trois dirigeants ont réaffirmé leur soutien aux droits du peuple palestinien à créer un Etat indépendant conformément aux résolutions internationales. Sur ce dossier, l’Iraq et la Jordanie ont salué les efforts déployés récemment par l’Egypte qui ont abouti à la désescalade et à la déclaration du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, ainsi que l’initiative égyptienne de reconstruction de l’enclave palestinienne.

Au niveau de la coopération économique, les leaders ont discuté des moyens d’intensifier la coopération économique et commerciale entre les trois pays. A cet égard, le premier ministre iraqien a affirmé que son pays « aspirait à bénéficier de l’expérience égyptienne dans les projets de développement et en matière de réforme économique globale pour booster ses efforts de reconstruction ». De son côté, le président Sissi a exprimé la volonté de l’Egypte d’établir une nouvelle phase de coopération constructive au niveau bilatéral avec l’Iraq et au niveau trilatéral avec l’Iraq et la Jordanie. Lors de sa rencontre avec le roi Abdallah II, il a de même discuté de la coopération entre Le Caire et Amman dans les domaines énergétiques, de la lutte contre le terrorisme et des échanges commerciaux entre les deux pays.

Convergence de vues

Sur l’importance et la portée de ce sommet, le politologue Hassan Salama indique qu’il reflète une convergence de vues entre les trois pays partageant des défis communs, tels la lutte contre le terrorisme, le développement et le rétablissement de la stabilité régionale. Il s’agit donc, selon lui, d’un partenariat stratégique entre les trois pays. Salama affirme que l’Egypte peut contribuer avec force à la reconstruction de l’Iraq et lui offrir son expertise, surtout qu’elle a déjà participé à la reconstruction du Koweït en 2003 et s’occupe aujourd’hui de la reconstruction de Gaza.

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