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Hamdok à Al-Ahram : « Nous sommes un seul peuple »

Chaïmaa Abdel-Hamid, Lundi, 15 mars 2021

Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a participé, jeudi 11 mars, à un colloque organisé par la Fondation Al-Ahram. L’occasion de discuter avec un panel de journalistes et d’intellectuels des relations égypto-soudanaises qui connaissent une grande impulsion.

Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok.
Le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok.

Le PDG d
Le PDG d'Al-Ahram, Abdelmohsen Salama, avec le premier ministre Abdallah Haamdok et le rédacteur en chef d'Al-Ahram, Alaa Sabat, lors du colloque.

Jeudi 11 mars, le PDG de la Fondation Al-Ahram, Abdelmohsen Salama, accompagné des rédacteurs en chef de plusieurs publications dont Alaa Sabet, rédacteur en chef d’Al-Ahram, Névine Kamel, rédactrice en chef d’Al-Ahram Hebdo, Ezzat Ibrahim, rédacteur en chef d’Al-Ahram Weekly, Mohamad Fayez, directeur du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, ainsi que plusieurs chercheurs ont accueilli le premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, et la délégation ministérielle qui l’accompagnait. Suite à sa rencontre avec le président Sissi et le premier ministre, Moustapha Madbouli, la délégation soudanaise s’est rendue au siège de la Fondation Al-Ahram pour participer au colloque au côté d’un panel d’intellectuels et de chercheurs pour discuter ouvertement des perspectives des relations égypto-soudanaises. « Nous sommes un seul peuple, mais le destin a voulu que nous gardions deux Etats qui restent reliés par leurs liens de parenté, de voisinage, d’histoire commune et surtout de destin commun. Nous espérons bâtir sur tous ces liens afin de créer un phare pour les mondes africain et arabe », a dit Hamdok, à l’ouverture de la séance. Pour sa part, Abdelmohsen Salama, qui a qualifié le discours de Hamdok de « sérieux et profond », a affirmé: « Si l’Egypte et le Soudan étaient unis, ils représenteraient ensemble un levier très fort pour toute la région ». D’où l’importance selon Salama d’établir entre les deux peuples « des relations stratégiques solides fondées sur les intérêts communs ». Quant au rédacteur en chef d’Al-Ahram, Alaa Sabet, il a souligné la nécessité de travailler au niveau populaire et culturel pour « replacer les relations égypto-soudanaises dans leur cadre naturel ». Sabet a invité la délégation soudanaise à faire de ce colloque une première expérience, et à organiser d’autres rencontres entre responsables et penseurs des deux côtés, ce qui favorise le rapprochement à tous les niveaux.

Trois axes-clés

Chercheurs et intellectuels ont discuté ouvertement avec la délégation soudanaise des perspectives d
Chercheurs et intellectuels ont discuté ouvertement avec la délégation soudanaise des perspectives des relations égypto-soudanaises.

Ce dialogue interactif, modéré par le directeur du CEPS, Mohamad Fayez Farahat, et enrichi par les différentes interventions des écrivains et chercheurs du centre, a duré plus de deux heures. Il a été concentré par le premier ministre soudanais sur trois principaux axes, à savoir la situation interne au Soudan, le barrage de la Renaissance et enfin, ce qu’a appelé Hamdok les non-dits des relations égypto-soudanaises. Hamdok a commencé par expliquer les développements internes soudanais de la phase transitoire qui, selon lui, comporte « plusieurs complexités ». Il a révélé la vision du gouvernement en place de pousser le processus de transition à travers la réforme économique, la restructuration des services de sécurité et l’établissement de relations étrangères équilibrées, soulignant que le Soudan passe actuellement de « la guerre à la paix, de l’autoritarisme à la démocratie, de la polarisation tribale et ethnique à l’unité et tente de redresser son économie effondrée ».

Selon Hani Raslan, directeur du Centre des études sociales à Al-Ahram, l’Egypte a largement soutenu le Soudan dans cette période de transition, tant du point de vue politique et militaire qu’économique. « L’Egypte a joué le rôle d’un réel allié qui a pour objectif de soutenir le développement et la sécurité de son voisin. Une initiative positive de la part de l’Egypte, surtout que les relations entre les deux pays connaissaient des tensions sous le régime de Béchir ».

Le chef d’état-major des forces armées égyptiennes, Mohamad Farid, et son homologue soudanais, Muhammad Al-Hussein, ont signé un accord de coopération militaire, le 2 mars, dans la capitale soudanaise, Khartoum. Cet accord « vise à permettre aux deux pays de faire face aux défis communs menaçant leur sécurité. L’Egypte est prête à répondre à tous les besoins du Soudan dans tous les domaines militaires », a affirmé le chef d’état-major égyptien, soulignant que le niveau de coopération militaire avec le Soudan est « sans précédent ».

Abordant le dossier du barrage éthiopien, l’un des questions d’intérêt commun, le premier ministre soudanais a tenu à assurer que lors de sa rencontre avec le président Abdel-Fattah Al-Sissi et le premier ministre, Moustapha Madbouli, les deux partis ont annoncé leur total consensus sur la question du barrage et sur la formation d’un quartet international de médiation « qui vise à protéger nos droits sur l’eau », soulignant que les problèmes qui se posent actuellement sur la question du barrage ont une dimension politique plutôt que technique. « Un groupe de travail conjoint entre les deux pays sera formé pour coordonner et gérer la crise du barrage sous ses divers aspects et dans ses différentes étapes », a-t-il révélé.

Selon Raslan, « la coopération politique ne peut pas seule réaliser un réel rapprochement entre les deux pays, il faut absolument au cours de cette phase transitoire travailler à corriger les malentendus entre les deux peuples par la voix des intellectuels et des penseurs ». A cet égard, Hamdok a accueilli favorablement au cours de cette séance une proposition de créer un conseil conjoint égypto-soudanais pour discuter des questions liant les deux Etats « dans un cadre institutionnalisé ».

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