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En Libye, le rôle dynamique et incessant du Caire

May Al-Maghrabi, Mardi, 23 février 2021

Le président Sissi a reçu le nouveau premier ministre libyen intérimaire et lui a réaffirmé le soutien de l'Egypte à la Libye. Une rencontre qui s’inscrit dans le cadre des efforts égyptiens continus visant à stabiliser son voisin.

En Libye, le rôle dynamique et incessant du Caire
Le président Sissi a reçu, jeudi 18 février, le premier ministre libyen intérimaire, Abdel-Hamid Dbeibah, dont c’était le premier déplacement à l’étranger.

Le président Abdel-Fattah Al-Sissi a reçu, jeudi 18 février, au Caire, le premier ministre libyen intérimaire, Abdel-Hamid Dbeibah, en présence du premier ministre, Moustapha Madbouli, et du chef du service des renseignements généraux, le général Abbas Kamel. Il s’agit de la première visite officielle à l’étranger de Dbeibah depuis sa désignation début février, dans le cadre d’un processus de paix parrainé par l’Onu. Lors de la rencontre, le président Sissi a discuté avec le premier ministre libyen de la période intérimaire en Libye et lui a affirmé « le soutien de l’Egypte à la Libye dans sa quête de stabilité, ainsi qu’au peuple libyen dans sa mise au point des mécanismes de gestion du pays », comme l’a rapporté Bassam Radi, porte-parole de la présidence, dans un communiqué. Le président a également souligné que Le Caire était « pleinement disposé à mettre son expertise au service de ses frères libyens ». Pour sa part, Dbeibah a exprimé l’appréciation de son pays pour les récents efforts de l’Egypte qui ont abouti à la convergence des différents points de vue libyens, ainsi qu’au son soutien aux institutions libyennes dans la lutte contre le terrorisme et les groupes extrémistes.

Plus tôt ce mois-ci, l’Egypte avait fait part de son intention de collaborer avec les nouvelles autorités à Tripoli. Dans le cadre de ses efforts incessants, l’Egypte a accueilli en janvier, à la ville côtière d'Hurghada, des pourparlers interlibyens qui se sont soldés par un accord sur l’organisation d’un référendum sur la Constitution avant les élections prévues décembre prochain. Ils faisaient partie d’une série de pourparlers parrainés par l’Onu à Hurghada entre les différentes factions rivales. Une nouvelle réunion doit s’y tenir prochainement. Auparavant, suivant une politique d’ouverture sur toutes les parties, fin décembre, l’Egypte avait envoyé une délégation de haut niveau qui a rencontré des responsables du Gouvernement d’union nationale (GNA) dans la capitale libyenne, une première depuis 2014.

Cette semaine, le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, a réaffirmé que l’Egypte n’avait « aucune convoitise en Libye et restera fort impliqué au cours de la prochaine période au processus de paix libyen destiné à rétablir la paix et la sécurité ». Choukri a également indiqué que l’Egypte avait envoyé en Libye une délégation égyptienne composée de représentants du ministère des Affaires étrangères et d’organismes de sécurité, au début de cette semaine, pour étudier la possibilité de réouverture de l’ambassade de l’Egypte à Tripoli, ainsi que sa présence consulaire à Benghazi après 7 ans de fermeture.

Partenariat futur

C’est dans ce contexte que le premier ministre libyen a affirmé que « le gouvernement et le peuple libyens étaient impatients de créer un partenariat global avec l’Egypte et de s’inspirer de son expérience en matière de réforme économique, de développement et de rétablissement de la paix et la sécurité ». Dans le cadre de ce partenariat envisagé, le communiqué de la présidence indique que les deux dirigeants ont convenu d’échanger des visites afin de transférer l’expertise au gouvernement libyen et de poursuivre les consultations sur les zones en Libye où l’Egypte fournira une aide, en particulier les secteurs des services et de la sécurité, en plus de la coopération économique. Une coopération entre les deux pays dont le lancement dépend en premier lieu, selon les observateurs, du rétablissement de la sécurité et de la stabilité en Libye.

Le général Khaled Okacha, directeur du Centre égyptien de la pensée et des études stratégiques, souligne l’importance de la rencontre entre le président Sissi et le nouveau premier ministre libyen, une rencontre qui témoigne de l’intérêt qu’accorde l’Egypte à assurer le respect des accords signés et à éviter tout dérapage. Et c’est pourquoi, selon lui, l’Egypte intensifie ses consultations pour faire respecter le cessez-le-feu, « surtout que la Turquie souffle toujours sur les braises ». Selon Okacha, ce progrès a été rendu possible par la Déclaration du Caire, qui a stipulé le maintien du cessez-le-feu, le retrait complet des milices et l’arrêt de l’intervention étrangère, ainsi que la réglementation du processus de la formation des institutions parlementaires et présidentielles. « C’est donc grâce aux efforts incessants du Caire et son approche globale que la Libye est arrivée à ce stade avec la préparation aux élections législatives et le choix d’un nouveau pouvoir exécutif transitionnel, après des années de conflits interlibyens. Le rôle de l’Egypte reste central au cours de la prochaine période, notamment en ce qui concerne la lutte conjointe contre le terrorisme et sa contribution à la reconstruction de la Libye », indique Okacha, estimant que l’énergie, les infrastructures, le commerce, la santé et l’éducation seront en tête des domaines de coopération bilatérale au cours de la période à venir. Au niveau politique et sécuritaire, Okacha explique que l’Egypte et la Libye font partie de l’équation de la stabilité régionale et partagent des enjeux communs, dont la lutte antiterroriste et contre l’immigration illégalel.

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