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Ramy Mohsen : Il incombe aux partis politiques de coordonner pour réaliser le pluralisme et l’équilibre au sein du futur parlement

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mardi, 14 juillet 2020

Ramy Mohsen, directeur du Centre national des recherches et des consultations parlementaires, revient sur les nouvelles législations régissant les élections.

Al-Ahram-Hebdo : Pourquoi était-il impératif de modifier les lois électorales ?

Ramy Mohsen : Les modifications des lois électorales visent à adapter ces dernières aux amendements constitutionnels approuvés en avril 2019, dont le rétablissement du Conseil consultatif et les quotas consacrés aux femmes, aux coptes et aux personnes souffrant de handicap. Il était important de modifier la loi sur l’Autorité nationale des élections pour permettre à cette instance de superviser les élections du Conseil consultatif.

— Etes-vous pour le retour de cette seconde chambre ?

— Oui, mais j’aurais souhaité qu’elle soit dotée de plus grandes prérogatives lui permettant de jouer un rôle législatif plus important. La nouvelle loi fait du Conseil consultatif une simple instance consultative et ne lui accorde aucun pouvoir pour superviser l’action du gouvernement.

— Que pensez-vous du mode de scrutin mixte selon lequel 50 % des sièges sont attribués en vertu du scrutin individuel et 50 % en vertu du scrutin de liste majoritaire fermée ?

— Le principal objectif de ce mode de scrutin est de remédier aux défauts du scrutin individuel, utilisé à 80 % lors des précédentes élections, et qui est souvent dominé par l’emprise de l’argent et des liens familiaux et tribaux, surtout que les Frères musulmans ou d’autres courants radicaux peuvent présenter des candidats indépendants inconnus. En revanche, le scrutin de liste favorise une plus forte représentation des partis politiques, ce qui enrichit l’expérience parlementaire.

— Mais ce risque n’est pas totalement exclu, puisque la moitié du parlement sera élue conformément au scrutin individuel ?

— Pour éviter un tel scénario, la loi exige des candidats certains critères comme le fait de ne pas être membre d’une organisation interdite. Et là, on mise sur la conscience de l’électeur qui doit choisir un candidat connu et fiable.

— Que pensez-vous du mode de scrutin de listes majoritaires fermées ?

— C’est un mode adéquat en présence de plusieurs dizaines de partis. En vertu de ce mode, l’électeur vote pour la liste entière sans être obligé de choisir des noms au hasard sur une liste comme c’est le cas avec le scrutin proportionnel ouvert, qui nécessite la présence de partis politiques influents dans la rue.

— Un tel système est-il donc en mesure d’assurer une représentation équilibrée des partis ?

— Certes, puisque la liste électorale fermée est censée inclure tous les courants politiques et les composantes de la société dont les femmes, les jeunes, les coptes, les ouvriers et les paysans. Mais il incombe aux partis politiques de coordonner pour assurer le pluralisme et l’équilibre au sein du prochain parlement.

— Mais les partis seront-ils en mesure de relever ce défi ?

— Malheureusement, une majorité d’anciens et de nouveaux partis ne disposent pas de bases populaires solides, notamment les nouveaux partis inconnus de la rue. Une situation qui les met face à un double défi, à savoir gagner la confiance des électeurs et s’accorder sur une représentation proportionnelle en fonction de leurs poids politiques relatifs. Dans un tel contexte, il ne sera pas facile de parvenir à un consensus entre les partis, surtout que des différends existent dans les coulisses concernant le nombre de sièges procurés à chaque parti dans les listes.

— D’après-vous, suite à ces modifications, quelle sera la composition des futures chambres parlementaires ?

— Il est encore très tôt pour le dire. Les coalitions et les taux de participation des jeunes et des hommes d’affaires ne sont pas encore clairs. La seule chose qui est sûre, c’est que toutes les catégories sociales seront représentées au sein des futures instances parlementaires.

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