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Nouvelles villes : Des chantiers pharaoniques

May Al-Maghrabi, Lundi, 31 décembre 2018

L'Egypte se tourne vers l'avenir avec la construction de 20 nouvelles villes assimilant 30 millions de citoyens. Passage en revue.

Nouvelles villes : Des chantiers pharaoniques
La Capitale administrative, 1re ville durable, offrira une qualité de vie exceptionnelle.

Le nouvel an verra l’inaugura­tion des premières phases des projets de construction de plu­sieurs villes durables dans le cadre d’une vision futuriste du dévelop­pement urbain. 20 villes durables, construites sur une superficie totale de 580 000 feddans, sont en phase de construction et devront assimiler envi­ron 30 millions de citoyens. Parmi elles la Nouvelle Capitale administrative, la nouvelle ville d’Al-Alamein, la ville d’Al-Galala, la ville du nord de Port-Saïd, la nouvelle ville d’Ismaïliya sur le Canal de Suez, la nouvelle ville de Mansoura, la ville de l’Est d’Assiout en Haute-Egypte et la nouvelle ville de Tochka.

Ces méga-projets marquent le passage à la 4e génération d’agglomérations urbaines. Il s’agit notamment d’établir de nouvelles agglomérations urbaines durables, respectueuses de l’environne­ment et de l’urbanisme écologique, qui prennent en compte simultanément les enjeux technologiques, sociaux, écono­miques, environnementaux et culturels de l’urbanisme. Ces villes devraient changer l’aspect de la vie urbaine en Egypte, encourager les investissements, créer des offres d’emploi et contribuer à réduire la densité de la population dans la Vallée du Nil et le Delta. « L’installation des villes durables vise en premier lieu à offrir de meilleures conditions de vie aux Egyptiens. Il faut créer de nouvelles agglomérations urbaines pour absorber la croissance démographique accrue et non planifiée que connaît l’Egypte », a affirmé le pré­sident Sissi lors d’une tournée d’inspec­tion des travaux sur les chantiers de la Nouvelle Capitale administrative. Voici les premières villes durables qui accueilleront leurs premiers habitants au cours de l’année 2019.

La Nouvelle Capitale administrative

Sur ses chantiers, c’est une course contre la montre pour achever la pre­mière phase de la Nouvelle Capitale administrative qui devrait accueillir ses premiers habitants fin 2019. C’est la première ville durable offrant une multi­tude d’opportunités économiques et une qualité de vie exceptionnelle.

La première phase, installée sur 40 000 feddans, concerne le quartier gouverne­mental, la mosquée d’Al-Fattah Al-Alim et la nouvelle cathédrale de la nativité du Christ, plus grandes mosquée et église au Moyen-Orient, ainsi que le premier quartier résidentiel. Selon le premier ministre, Moustapha Madbouli, 2 2480 unités de logements seront livrées d’ici la fin de l’année 2019. D’ailleurs, les ambassades devront être transférées, mi-2019, au quartier diplomatique de la Nouvelle Capitale, installé sur 1 500 feddans, a déclaré le général Ahmed Zaki Abdine, président de la compagnie de la Nouvelle Capitale administrative. La présidence de la République, les ministères et le parlement y seront aussi transférés fin 2019 et exerceront leurs fonctions début 2020. Le système du travail dans tous les ministères sera numérisé et tous les bureaux seront dotés d’un réseau de fibres optiques. D’ailleurs, selon le ministre du Transport, Hicham Arafat, le contrat avec la banque chinoise Exim pour financer à hauteur de 1,2 milliard de dollars le train électrique devrait être signé en janvier 2019. Une ligne ferro­viaire, longue de 67 km, desservira la future Capitale administrative en la reliant à la ville d’Al-Salam, dans la banlieue du Caire. Un aéroport interna­tional construit par les forces armées sera achevé fin 2019.

Nouvelles villes : Des chantiers pharaoniques

Située à 48 km du Caire et construite sur un périmètre de 175 000 feddans, la Nouvelle Capitale administrative est considérée comme une oeuvre d’art qui répond aux attentes sociales et esthé­tiques de ses habitants avec des infras­tructures et des installations inédites. Elle comptera des quartiers gouverne­mentaux et diplomatiques, des zones intelligentes, des sièges pour le parle­ment et la présidence, un opéra, des gratte-ciel, ainsi que 21 quartiers rési­dentiels. La cité sera dotée d’un fleuve artificiel, nommé le fleuve vert, de 35 km de long, le plus long au monde, selon le ministère du Logement. Tous les quar­tiers de la ville seront liés à ce fleuve, dont la première phase de 14 km déjà finalisée. Une centrale électrique, construite par l’entreprise Siemens, ali­mentera la Nouvelle Capitale. Annoncé en mars 2015, ce projet ambitieux a deux objectifs : créer de nouvelles agglomérations urbaines pour faire face à la croissance démographique rapide. Et désengorger la capitale, qui compte 9,5 millions d’habitants et 33 000 bâti­ments gouvernementaux, selon les chiffres de l’Organisme central pour la mobilisation et le recensement (CAPMAS). Selon le gouvernement, elle permettra de reloger au moins 7 millions d’habitants du Caire dans sa première phase.

La ville d’Al-Galala

En septembre 2019, la première phase de la zone résidentielle de la ville d’Al-Galala, à l’ouest de la mer Rouge, sera achevée alors que l’Université du roi Abdallah accueillera ses premiers étu­diants. D’ailleurs, les travaux vont bon train pour achever l’Université d’Al-Galala, regroupant 14 facultés. La sta­tion de dessalement d’eau, d’une capa­cité de 150 000 m3, créée pour servir la ville et la station balnéaire d’Al-Galala, sera opérationnelle au cours du premier quart de l’année 2019. D’ailleurs, une route d’une longueur de 82 km traver­sant la montagne d’Al-Galala et la reliant à l’autoroute Aïn-Sokhna-Zaafarana a été creusée et est opérationnelle depuis la mi-2018. La nouvelle ville d’Al-Galala s’étendant sur une superficie de 17 000 feddans, est construite sur la col­line de la montagne d’Al-Galala, entre Aïn-Sokhna et Zaafarana, à une altitude de 700 m au-dessus du niveau de la mer. Elle est équipée de toutes les infrastruc­tures, technologies et services. Sous la supervision du génie militaire, environ 100 000 ouvriers, techniciens et ingé­nieurs de quelque 80 entreprises publiques et privées exécutent ce projet colossal de développement de la région de Gabal Al-Galala, lancé en 2015. Il porte notamment sur la création d’une ville incluant des quartiers résidentiels, une station balnéaire mondiale sur le Golfe de Suez, un port pour les yachts, un parc de divertissement, des centres commerciaux, des universités ainsi qu’une zone industrielle regroupant plu­sieurs usines de marbre et de phosphate. « Il s’agit d’un important plan de déve­loppement de cette région montagnarde riche en ressources naturelles et qui constitue aussi une attraction impor­tante pour les investissements et le tou­risme. Ce projet met surtout l’accent sur la détermination du gouvernement d’ex­ploiter toutes les richesses du pays », indique Ahmad Abou-Khalil, député de la mer Rouge. Il ajoute que le dévelop­pement de cette région contribue à y attirer les investissements et à créer des offres d’emploi pour les jeunes.

La nouvelle ville d’Al-Alamein

« La première phase de la nouvelle ville d’Al-Alamein devra être achevée en octobre 2019 », a déclaré Ossama Abdel-Ghani, président de l’Organisme de la nouvelle Alamein. S’étendant sur une superficie de 48 000 feddans et située à 240 km au nord-ouest du Caire, sur la Côte-Nord, la nouvelle Alamein est l’une des plus importantes villes de la 4e génération, construite conformément aux normes techniques modernes res­pectueuses de l’environnement. Ce pro­jet s’inscrit aussi dans le cadre du déve­loppement de la Côte-Nord. La nouvelle ville comprendra un quartier résidentiel, une station balnéaire touristique, des universités, des terrains agricoles et une zone industrielle. Plusieurs projets de la première phase devront être achevés aux mois de septembre et d’octobre 2019. Il s’agit de 5 000 unités de logement social dans le quartier résidentiel, la route côtière d’une longueur de 38 km, la sta­tion d’épuration de l’eau d’une capacité de 500 m3 par jour, la corniche touris­tique de la ville ainsi que l’Académie arabe pour les sciences et la technologie, installée sur 62 feddans. Le coût de la première phase de la nouvelle ville d’Al-Alamein est de 10 milliards de L.E.

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