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Santé : L’Etat se mobilise

Nada Al-Hagrassy, Mardi, 18 septembre 2018

En vertu de l’initiative du président Abdel-Fattah Al-Sissi, des milliers de patients en situation d’urgence seront soignés dans différents hôpitaux de l’Etat. Les listes d’attente doivent disparaître dans un délai de 6 mois.

Santé : L’Etat se mobilise
Les patients ne cachent pas leur surprise vu la rapidité des procédures.

Pour appliquer l’initiative du président Abdel-Fattah Al-Sissi de soigner, en l’espace de six mois, les malades en situation d’urgence et qui sont sur des listes d’attente, les hôpitaux publics, universitaires et militaires ont ouvert leurs portes pour accueillir les malades sur les listes d’attente. « Il est absolument indispensable de limiter les listes d’attente des malades et d’éliminer complètement ce phénomène avant d’appliquer le nouveau système d’assurance médicale », a déclaré le chef de l’Etat lors de sa réunion avec la ministre de la Santé, Hala Zayed, et le général Bahaeddine, directeur du complexe médical d’Al-Galaa, dimanche 26 août. En réponse à cette initiative du président, 153 hôpitaux publics, universitaires et milittaires ont ouvert leurs portes pour accueillir quotidiennement les malades en situation d’urgence.

Des hôpitaux privés ont rejoint cette initiative, qui a permis jusqu’à présent à 18 000 patients sur un total de 27 000 d’effectuer des opérations chirurgicales aux frais de l’Etat comme a annoncé la ministre de la Santé. Et à Assouan, tous les patients inscrits sur les listes d’attente ont été soignés. Selon Dr Ahmad Mohie, vice-ministre de la Santé, le gouvernement paye aux hôpitaux privés les frais des opérations conformément aux prix du nouveau système d’assurance médicale dont la première phase entrera en vigueur dans quelques mois.

Désormais, les patients n’auront plus à attendre de longs mois pour se faire soigner. Ils doivent inscrire leurs données et le genre de traitement dont ils ont besoin sur le site électronique du ministère de la Santé, ou à travers un numéro de téléphone, le 15 300. Le ministère de la Santé transfère ensuite le patient vers l’hôpital approprié. Selon la ministre de la Santé, Dr Hala Zayed, il existe 12 127 patients qui ont besoin d’une intervention chirurgicale urgente. Or, par manque de moyens financiers, ils n’ont pas pu être opérés. Et c’est pourquoi le président Sissi a lancé cette initiative. Le but est d’alléger les souffrances de ces malades. Ainsi, au cours des trois dernières semaines, des milliers de patients qui se trouvaient sur les listes d’attente ont été hospitalisés et ont reçu le traitement nécessaire.

La ministre de la Santé a en outre annulé les congés des médecins pour pouvoir achever cette mission ardue. Khaled Mégahed, porte-parole du ministère de la Santé, indique que cette initiative vise en premier lieu les patients ayant besoin d’intervention chirurgicale urgente. « Nous avons plusieurs axes de travail. Il y a d’abord la répartition des malades sur les hôpitaux publics, universitaires et militaires, et la création d’une base de données électronique incluant tous les malades, surtout les cas critiques, ce qui permet de les recenser et de les classer en fonction de leurs cas », affirme Mégahed. Parallèlement, le ministère a créé une base de données incluant les différents hôpitaux et leurs capacités opérationnelles. Le troisième axe est, comme l’explique Mégahed, un protocole de coopération entre les hôpitaux du ministère de la Santé et les hôpitaux universitaires. En vertu de ce protocole, les hôpitaux universitaires offrent leurs services de soins intensifs aux malades des hôpitaux publics en leur offrant les médicaments nécessaires.

Les hôpitaux du ministère de la Santé et ceux qui participent à cette initiative seront électroniquement liés, afin de mieux vérifier la capacité opérationnelle de chaque hôpital et d’aider à une meilleure répartition des malades. Par ailleurs, le ministère a signé un accord avec la Banque Centrale. En vertu de celui-ci, un fonds d’un milliard de L.E. sera créé pour le financement de l’initiative. Ce fonds sera financé par des dons. « Cette initiative a allégé la souffrance de milliers de malades. Elle reflète surtout l’intérêt qu’accorde le président Sissi au secteur de la santé qu’il a promis de révolutionner », loue le député Ayman Aboul-Ela, membre de la commission de la santé au parlement.

S’attaquer aux racines du mal

Les patients, qui ont enregistré leurs données, ont vite été contactés pour recevoir les soins et ils ne cachent pas leur joie.

Au-delà de cette initiative du président de la République, c’est le système de santé dans son ensemble qui est au centre d’un vif débat. Khaled Samir, membre du conseil d’administration de l’ordre des Médecins, affirme que cette initiative est positive. « Cependant, il faut s’attaquer aux racines du mal », dit-il. Et d’ajouter : « La qualité des services présentés dans les hôpitaux publics est médiocre et ne répond pas aux besoins des malades. C’est pourquoi il y a des listes d’attente. Si des milliers de patients ont pu être traités en l’espace de quelques semaines, c’est parce que les hôpitaux militaires ont participé à cette initiative. Mais ces hôpitaux ne peuvent pas assurer ce service à tout jamais », explique Khaled Samir. « Il faut augmenter le budget de la santé. Celui-ci était de 48 milliards de L.E. en 2016-2017 et était insuffisant pour soigner tous les malades », estime Samir. Et d’ajouter : « Si l’Etat augmente le budget de la santé, cela lui permettra d’améliorer la performance des hôpitaux et des médecins. Et là, il faut rappeler que les hôpitaux publics ont besoin d’un budget colossal pour être modernisés, et si on y parvient, il n’y aura plus de listes d’attente ».

Abdel-Hamid Abaza, président de la commission parlementaire qui a élaboré la loi sur les assurances médicales intégrales, félicite l’initiative du président, mais affirme qu’il faut chercher les moyens d’assurer sa continuité. Jusqu’à présent, les malades sont pris en charge par prestation gratuite dans les dispensaires et les hôpitaux publics, un service financé par l’Organisme d’assurance maladie. Or, le déficit budgétaire dont souffre le secteur de la santé rend difficile de présenter un service de qualité. Le nouveau système d’assurance médicale, qui doit prochainement entrer en vigueur, est destiné en premier lieu à remédier aux défaillances du système en vigueur et à offrir un service de meilleure qualité. Le gouvernement doit trouver des sources de financement et se pencher sur un plan pour moderniser les hôpitaux publics, pense Abaza.

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