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L’Egypte refuse l’ingérence du Congrès

Ola Hamdi, Mardi, 16 janvier 2018

Le Conseil des députés a vivement réagi à un projet de loi du Congrès liant l'aide américaine au statut des coptes en Egypte.

Le patriarche copte orthodoxe, Tawadros II, a déclaré que « les coptes n’ont besoin d’aucune aide étrangère, et s’il existe des problèmes, les Egyptiens sont capables, entre eux, de les régler ». Des déclarations faites en réaction à la discussion, fin décembre, au Congrès américain, d’un projet de loi sur la protection des coptes en Egypte. Un projet qui propose de lier l’aide américaine à l’évolution du statut des coptes en Egypte. Le projet affirme que les coptes « font l’objet de discrimination en Egypte ». En réplique, le parlement a rejeté dans un rapport toute ingérence étrangère dans les affaires de l’Egypte. Selon Tareq Radwan, président de la commission des affaires étrangères au parlement, ce rapport sera envoyé la semaine prochaine au Congrès américain et à d’autres parlements européens. « Notre but c’est de dévoiler les réalités avec des arguments concrets. Le Congrès américain véhicule des informations erronées sur le statut des coptes en Egypte », explique Radwan. Une délégation de parlementaires a rencontré au Caire, le 9 janvier, Robert Karem, secrétaire adjoint à la Défense, en charge de la sécurité internationale. Les parlementaires égyptiens lui ont transmis leur rejet de toute ingérence américaine dans les affaires internes de l’Egypte. Pour sa part, l’avocat copte, Naguib Guébraïl, président de l’Union égyptienne des droits de l’homme, rappelle que tout au long de son histoire, l’Eglise égyptienne n’a jamais permis de telle ingérence. « Pendant 41 ans, le pape Chénouda III a refusé de discuter du statut des coptes, et de leurs problèmes avec des responsables américains », souligne Guébraïl. Kamal Zakher, écrivain copte et membre de l’ONG Egyptiens contre la discrimination religieuse, explique que l’Administration américaine utilise la question des libertés religieuses en Egypte comme carte de pression politique. Selon Zakher, ce projet de loi est dû au refus par l’Egypte de la décision du président américain reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël. « Le refus du pape Tawadros II et du grand imam d’Al-Azhar, Ahmad Al-Tayeb, de rencontrer Mike Pence, viceprésident américain qui doit se rendre en Egypte, a été un message fort sur l’unité nationale entre coptes et musulmans d’Egypte. Les coptes ne sont pas une minorité, mais des citoyens jouissant des pleins droits », affirme Zakher.

Citoyenneté renforcée

L’année au pouvoir du président islamiste Mohamad Morsi a été loin de rassurer les coptes sur leur destin en tant que citoyens égyptiens. Sa courte présidence a été marquée par une montée des partis islamistes. Mais la situation a changé sous le président Abdel- Fattah Al-Sissi. L’évêque Boulos Halim, porte-parole de l’Eglise orthodoxe, évoque les avancées réalisées au cours des dernières années concernant le statut des coptes : « Il y a la promulgation de la loi sur la construction des églises. La loi assouplit les procédures de construction des églises. Elle permet aussi de restaurer les églises bâties sans autorisation. La loi a été saluée par la communauté copte ». Halim rappelle aussi que le président a ordonné en 2015 des frappes aériennes en Libye, vengeant le sang de 21 coptes massacrés dans ce pays par le groupe terroriste Daech. « L’inauguration de la nouvelle cathédrale à la capitale administrative et la participation du président aux messes de Noël sont des messages forts parmi d’autres destinés à l’étranger », conclut Halim.

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