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Khaled Daoud : Nous voulons former une plateforme commune avec les partis de la révolution

May Atta, Mardi, 31 janvier 2017

Elu président du parti Al-Dostour par défaut, Khaled Daoud parle de sa stratégie pour développer le parti en proie à des conflits internes durant les deux dernières années.

Al-Ahram Hebdo : Depuis la démission de l’ex-président du parti, Hala Choukrallah, en août 2015, le parti est dans un état de désarroi. Il était sans président depuis 6 mois, pourquoi ?

Khaled Daoud : Après la démis­sion de Hala Choukrallah, il y avait beaucoup de problèmes au sein du parti, surtout avec le manque de confiance entre ses membres. Ces problèmes ont commencé lorsque Mohamad ElBaradei, fondateur du parti en 2012, a quitté le parti et le pays après les événements de Rabea. Mais ils se sont multipliés, ce qui a forcé Choukrallah à pré­senter sa démission. Les conflits sont dus à la présence de plusieurs courants politiques au sein du parti : socialistes, islamistes et aussi des gens qui sont avec le régime. Ils sont venus parce que tous avaient l’espoir que Mohamad ElBaradei deviendrait président du pays ou premier ministre. Certains avaient l’espoir de réaliser les buts de la révolution du 25 janvier et d’autres cherchaient des intérêts qu’ils auraient pu obtenir si ElBaradei était devenu président ou premier ministre. Tout cela a causé une grande rupture et a rendu impossible l’élection d’un nouveau président.

— Mais pourquoi le parti n’a-t-il pas réussi à organiser des élec­tions après la démission de Choukrallah ?

— Après la démission de Choukrallah, les élections devaient avoir lieu pour choisir un nouveau président, un nouveau secrétaire général et un trésorier. Mais aucun candidat ne s’est présenté, car les listes électorales n’avaient pas été révisées. Certains membres du parti n’avaient pas payé leurs cotisations depuis longtemps et n’avaient donc pas le droit de vote. Chaque candi­dat avait peur que ses concurrents n’utilisent ces noms en sa faveur. Un comité a été formé, afin de révi­ser les listes électorales, mais rien n’a été fait à cause des conflits et des disputes, ce qui a forcé aussi le chef du comité, Ahmad Ismaïl, à présenter sa démission. Face à cet échec, le haut comité du parti a choisi Tamer Gomaa, l’un des can­didats pour la présidence du parti, pour faire le travail de président, mais lui aussi a démissionné en juillet dernier. Depuis six mois environ, il n’y a pas de président pour diriger le parti. Mais 12 membres et moi, nous avons fait une liste électorale, « Oui, nous pouvons », et nous avons essayé de convaincre les membres du haut comité durant les 6 derniers mois d’organiser des élections, et finale­ment, la majorité a accepté.

— Pourquoi n’y avait-il pas de listes électorales concurrentes ?

— Avant la tenue des élections qui étaient prévues pour le 10 février, j’ai présenté une liste appe­lée « Oui, nous pouvons », mais aucune autre liste n’a été présentée. La date limite pour la soumission des candidatures était le 22 janvier, et la date limite pour recevoir les recours contre les candidats et les listes électorales était le 23 janvier. Avec l’absence d’autres candidats, j’ai été formellement déclaré prési­dent du parti. Toutes les personnes qui étaient avec le régime et qui ont essayé durant les dernières années de détruire le parti, l’ont quitté, et ceux qui restent sont ceux qui veu­lent réaliser les objectifs de la révo­lution du 25 janvier. C’est désor­mais notre objectif.

— Quelle est votre stratégie pour reconstruire le parti ?

— Au début, nous avons besoin de réunir un budget, car nous vou­lons louer un grand appartement au Caire, et petit à petit, dans les autres gouvernorats. Nous comp­tons sur les dons qui commencent à 5 L.E. La campagne de l’ex-prési­dent américain, Barack Obama, a compté sur les petits dons et a réussi. Nous ne pouvons pas demander l’aide des grands hommes d’affaires qui ne s’intéres­sent pas aux objectifs de la révolu­tion, et bien sûr, ils ont des intérêts avec le régime. Nous allons essayer de faire de petites affaires, comme la vente de certains produits, pour collecter de l’argent.

— Qu’est-ce que vous allez faire pour augmenter la popula­rité du parti ?

— Nous allons contacter les jeunes de la classe pauvre et la classe moyenne qui veulent réaliser les objectifs de la révolution. Nous allons aussi former une plateforme commune avec les partis qui ont été fondés après la révolution. Il y en a 8 : 6 font partie du Courant démo­cratique, le parti Pain et justice et le parti Egyptien démocratique. Nous allons faire un travail commun pour réussir.

— Mais les partis fondés après la révolution n’ont pas réussi, qu’est-ce que vous allez faire de nouveau ?

— La plupart des partis qui ont été fondés après la révolution n’ont pas les moyens financiers pour se rapprocher des gens et se créer une vraie popularité. Ceci sans compter les problèmes auxquels ces partis sont confrontés. Le parti Al-Dostour et les autres partis ont affronté beaucoup de problèmes après le 30 juin 2013. Nous affrontons une campagne dans la presse publique, et les chaînes satellites refusent de nous inviter à leurs programmes. Le régime nous traite avec méfiance. Cela a été le cas aussi avec le fondateur du parti des Egyptiens libres, le grand homme d’affaires, Naguib Sawirès, et c’est le parti qui a le plus de députés au sein du parlement. Mais nous devons exister sur la scène poli­tique et continuer notre travail. Nous continuerons à réclamer : pain, liberté et justice sociale.

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