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Comment partira Bachar Al-Assad ?

Najet Belhatem, Mardi, 22 mars 2016

Bachar Al-Assad serait le plus grand perdant de Genève 2, selon certains éditorialistes. D’autres avancent encore que les axes mondiaux dans la crise syrienne, autrefois contradictoires, sont désormais pour un instant sur la même ligne concernant la tête du régime syrien.

Du décompte morbide des victimes, la ques­tion syrienne est entrée dans la phase du devant de la scène avec les négociations de Genève 2 et surtout avec le retrait d’une partie des troupes russes. « Le grand perdant de cette activité sera le président Bachar Al-Assad », note un éditorialiste du site liba­nais Al-Modon, Iyad Jaafari. Le grand enjeu c’est Bachar : « Nous comprenons ainsi pour­quoi le régime syrien a traîné la patte aux portes de Genève. Car aller là-bas est un aveu implicite de Bachar qu’il n’a plus la capacité de reconquérir toute la Syrie contrairement à ses ambitions affichées. Et on comprend pour­quoi la Russie a été obligée de faire pression sur lui en retirant une partie de ses troupes. L’opposition, pour sa part, met en avant le départ de Bachar d’abord, avant des négocia­tions sur la période transitoire. Or, la Russie et les Etats-Unis tiennent encore à Bachar jusqu’à la fin du processus de transition ». Pour l’auteur, Bachar Al-Assad est ainsi le dindon de la farce. Son départ est inévitable. « Il semble qu’il sera le grand perdant en fin de parcours ».

L’heure des braves a sonné, et alliés et contre-alliés sont désormais d’accord sur la priorité de la pérennité des institutions syriennes : « Russes et Américains sont inté­ressés de maintenir les institutions de l’armée et de la police et de les utiliser dans l’avenir pour garantir la sécurité des frontières israé­liennes, selon les ententes avec le régime d’Assad depuis des décades ».

Quel est donc l’intérêt de Bachar Al-Assad de participer au processus de négociation ? Sa marge de manoeuvre est très réduite : « Les grands bénéficiaires des négociations de Genève sont d’abord la Russie, et d’une manière moindre, l’Iran. Par ailleurs, les bénéficiaires sont l’Occident et les alliés régionaux de l’opposition syrienne (l’Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie) ».

Les axes se rapprochent

Dans le quotidien libanais Al-Akhbar, l’éditorialiste Samir Al-Hassan dit : « Quand la Russie s’est ingérée militairement dans la guerre syrienne, son but n’était pas de pré­server le régime Assad. Il en est de même pour la coalition de l’est. Les Américains avaient main basse sur le monde jusqu’au déclenchement des événements dans le monde arabe. La Russie et cette coalition sont entrées de plain-pied en Syrie pour pro­téger leurs intérêts ». L’auteur ajoute que beaucoup ont oublié l’importance de l’ingé­rence russe en Syrie. Et d’autres y ont vu juste une manifestation de biceps. « Ces der­niers ont oublié que les intérêts russes sont les intérêts de l’alliance de l’est en passant par l’Iran et la Chine ». Cette alliance a vu les dangers des « Printemps arabes » où se profilait la montée en force des islamistes, notamment les Frères musulmans. Selon l’auteur, c’est la Libye qui a été le tournant dans la crise syrienne : « Avec les développe­ments libyens, les contours du conflit syrien se sont éclaircis, et il est apparu que le conflit entre le régime et l’opposition n’est qu’un leurre. Il se situe entre deux axes mon­diaux ». Ces axes sont à l’heure actuelle en accord sur le sort de Bachar Al-Assad. La grande question est comment finira-t-il ?

Dans la presse égyptienne, un article de l’analyste Abdel-Azim Hammad dans Mada Masr s’engage dans un tour de l’histoire contemporaine égyptienne depuis Mohamad Ali, où à chaque fois que quelques acquis en matière de droits de l’homme sont enregistrés, c’est grâce à une pression étrangère. Il termine son article ainsi : « Voulez-vous une preuve plus éclatante que celle-ci : Vous souvenez-vous de la série de décisions prises par Hosni Moubarak à la fin de son règne en ce qui concerne les droits de l’homme ? Je parle des décisions de considérer les fêtes des coptes comme jours fériés, de donner aux gouver­neurs un droit de regard en ce qui concerne la construction des églises, de promulguer la loi du kholea selon laquelle la femme peut répu­dier son mari, sans oublier la création du Conseil des droits de l’homme. Ces décisions n’ont-elles pas été prises sous la pression des Etats-Unis ? Les pressions étrangères ne sont-elles pas la raison principale du gel de cer­tains abus comme cela été le cas avec le journaliste et défenseur des droits de l’homme, Hossam Bahgat ? Il faut comprendre que notre histoire avec les droits de l’homme est triste que ce soit au temps de la famille de Mohamad Ali ou sous le régime des Officiers libres ».

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