Semaine du 8 au 14 décembre 2021 - Numéro 1402
Le Covid-19, le changement climatique et les défis de demain
Ahmad Sayed Ahmad24-11-2021
 
 

Outre la COP26 récemment tenue à Glasgow, la lutte contre les changements climatiques a été aussi au centre des discussions du sommet du G20 organisé à Rome avant la COP26.

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Parmi les défis les plus dangereux qu’affronte le monde aujourd’hui figurent sans doute le changement climatique, mais aussi le recul de la croissance économique dû à la pandémie de coronavirus malgré l’accélération des campagnes de vaccination. Les changements climatiques et le Covid-19 sont donc des défis mondiaux menaçant la sécurité et la paix mondiales.

Chacun d’eux provoque ses propres dégâts : la désertification et l’augmentation des catastrophes naturelles (tremblements de terre, volcans, ouragans) ainsi que la pandémie ont fait plus de victimes que les guerres.

Cependant, bien qu’il s’agisse de défis mondiaux qui menacent toute l’humanité et qui nécessitent une oeuvre collective, les superpuissances, avec en tête les Etats-Unis et les pays européens, continuent d’avoir des comportements égoïstes et opportunistes.

La crise du Covid-19 a montré l’opportunisme des grandes puissances qui se désengagent de leur responsabilité face à la pandémie. Bien que 70 % des citoyens de ces pays, en moyenne, aient reçu les deux doses du vaccin, et qu’une troisième dose soit même aujourd’hui préconisée, seuls 2 % des habitants des pays en développement, notamment en Afrique et en Asie, ont obtenu ce privilège. Le système COVAX n’a pas non plus réussi à assurer une distribution équitable du vaccin à travers le monde.

Et les promesses du président américain, Joe Biden, et du premier ministre britannique, Boris Johnson, de donner un milliard de doses de vaccins anti-Covid aux pays en développement ne reflètent pas une orientation véritable pour leur tendre la main. Et ce, bien que le sommet du G20 ait annoncé un plan pour vacciner 70 % des habitants du monde d’ici mi-2022. L’égoïsme des pays producteurs de vaccins s’est manifesté lorsqu’ils ont refusé de libérer les brevets à d’autres pays en développement et ont gardé les droits de propriété intellectuelle, privilégiant ainsi les bénéfices matériels à la santé humaine.

On a vu ce même genre de comportement dans la question du changement climatique. Et pourtant, ce sont les pays riches qui polluent le plus. Et qui sont donc en grande partie responsables des changements climatiques. Pourtant, le G20, qui réunit 80 % du PIB mondial et 60 % de la population mondiale et qui est responsable de 80 % des émissions de gaz à effet de serre, s’est engagé à faire face aux deux défis du climat et du Covid-19 en y consacrant des milliards de dollars.

Malgré les multiples recommandations de la COP-26, dont les promesses de certains pays à réaliser la neutralité carbonique ainsi que les 100 milliards de dollars adressés aux pays en développement, la concrétisation de ces espoirs demeure un défi difficile à relever, surtout que l’expérience nous dit que les mêmes scénarios de désengagement ont eu lieu dans le passé. Il n’existe pas non plus de mécanisme bien déterminé pour superviser et demander des comptes à ces Etats en ce qui concerne les engagements qu’ils doivent remplir. Il n’y a pas non plus de moyen de les sanctionner. Raison pour laquelle il faut mettre sur pied un système juridique contraignant sous l’ombrelle des Nations-Unies et du Conseil de sécurité.

Dans ce monde où nous vivons, tous les problèmes sont étroitement liés. Le changement climatique, qui conduit par exemple à la désertification et à la sécheresse, donne lieu à davantage de chômage et donc de pauvreté. Deux fléaux qui, à leur tour, accentuent les migrations illégales et créent un terrain fertile au terrorisme.

D’où la nécessité d’oeuvrer conjointement sur des stratégies aux objectifs et aux mécanismes déterminés, et selon un calendrier précis. Le monde se trouve actuellement à la croisée des chemins avec l’aggravation des conséquences du changement climatique et de la pandémie. D’où la nécessité de bouger vite et de tenir les promesses des sommets du G20 et de la COP26, notamment en limitant le réchauffement climatique, en parvenant à la neutralité carbonique d’ici 2050 et en imposant des taxes multinationales afin d’assurer les 150 milliards d’euros nécessaires pour faire face au danger.

Reste à savoir si le monde bougera avant qu’il ne soit trop tard. Ou s’il se contentera de simples slogans.


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