Semaine du 22 au 28 septembre 2021 - Numéro 1391
Des répliques plus vraies que nature
  Située à la ville d’Al-Obour à la périphérie du Caire, l’usine de la société Konouz Egypt Replica Treasures produit depuis quelques mois des répliques de pièces d’antiquité. Un travail qui exige beaucoup de minutie et de précision. Explications.
Des répliques plus vraies que nature
Les répliques sont retouchées avec beaucoup de finesse. (Photo : Mohamad Moustapha)
Doaa Elhami08-09-2021

Des répliques plus vraies que nature

Le trésor de Toutankhamon et son masque en or ou encore le buste de Néfertiti, des chefs-d’oeuvre que les touristes rêvent d’acquérir en guise de souvenirs lorsqu’ils visitent l’Egypte. Grâce au lancement de la société Konouz Egypt Replica Treasures, ce rêve devient une réalité. « Le lancement de cette usine a coûté 100 millions de L.E. et il a fallu un an et demi de travail pour qu’elle voie le jour », a annoncé Khaled El-Enany, ministre égyptien du Tourisme et des Antiquités, lors de l’inauguration de l’usine, soulignant que celle-ci produit des répliques et des modèles en miniature identiques aux pièces originales. « Toutes les pièces sont fabriquées par des artisans, des peintres et des sculpteurs égyptiens et portent les sceaux du ministère et du Conseil suprême des antiquités certifiant leur authenticité », a affirmé El-Enany. L’usine possède deux lignes de production. Elles produisent des répliques en miniature et d’autres en taille réelle. « Afin de produire une réplique, la pièce doit passer par une série d’étapes », explique Ahmed Aboul-Kheir, responsable de la production.

Dans la section consacrée au design, des employés sont installés devant leurs ordinateurs. Ils scannent les photos des pièces en 3D pour avoir une image détaillée de celles-ci. D’autres apportent certaines retouches à la photo pour mettre en relief les couleurs et faire apparaître la beauté de la pièce qui sera ensuite sculptée. Très souvent, les employés ont recours aux pièces originales exposées dans les musées pour produire la meilleure image possible. « Si la pièce originale n’est pas disponible comme le buste de la reine Néfertiti par exemple, qui est exposé au Musée de Berlin, nous avons recours à une photo haute précision qui montre les détails les plus infimes », explique Aboul-Kheir.

Dans une autre section, de jeunes filles en blouses blanches, outils en main, s’emploient à sculpter de multiples statuettes. C’est la section de sculpture et de moulage des répliques. Yasmine Ayman effectue le travail de finition de la tête de la célèbre reine Tiye, épouse du roi Amenhotep III et mère d’Amenhotep IV de la XVIIIe dynastie. « Je suis en train de travailler sur la perruque afin d’obtenir la meilleure forme possible », souligne la jeune sculpteur, très concentrée. Une autre sculpteur travaille sur la statuette de la déesse en forme de poisson, Isis, qui incarne le syncrétisme des divinités à l’époque gréco-romaine. Le moulage aussi est effectué dans cette section. « Je travaille les reliefs sur du gypse afin d’obtenir un modèle en trois dimensions. Il me faut une semaine pour faire ce moule qui me permettra ensuite de produire un nombre considérable de pièces », explique la sculpteur Manal Al-Khodari.

Un travail ardu

Afin d’obtenir la forme finale, la pièce sculptée doit être colorée et parfois couverte d’une couche dorée. C’est la fonction de la jeune Rayhana Ragab et ses collègues du département de coloriage et d’incrustation. Avec chaque pièce Rayhana commence une nouvelle aventure. « Avec la réplique du buste de la reine Néfertiti, produit en petite taille, il était difficile de respecter la finesse et la minutie des détails et l’ordre des trois couleurs qui composent le collier », explique Rayhana. Pour elle, la technique utilisée pour les statues en grandeur nature diffère de celle utilisée pour reproduire les pièces en miniature, même s’il s’agit de la même figure. Elle a colorié plusieurs modèles représentatifs de la porteuse d’offrandes. Mais colorier la statue en grandeur nature était pour elle un vrai défi. « J’ai dû travailler debout pendant 24 jours à la file et ajouter de fines tiges de palmiers au panier que la femme porte sur la tête », se souvient Rayhana. L’une des activités les plus importantes est celle qui consiste à embellir les répliques des pièces archéologiques et à les incruster de métaux. « Nous avons incrusté le masque du roi Toutankhamon de lapis-lazuli, c’est un travail qui exige beaucoup de concentration », conclut Ahmad Rachad qui travaille dans ce domaine depuis longtemps.

Quelques détails :

Des répliques plus vraies que nature
Le masque de Toutankhamon, une réplique très en vogue. (Photo : Mohamad Moustapha)

— L’usine a reproduit presque entièrement le trésor funéraire du jeune roi Toutankhamon, notamment le masque qui pèse entre 10 et 12 kg d’or incrusté de lapis-lazuli et les bijoux que portait le roi, comme les bracelets et autres.

— Le buste de Néfertiti est parmi les pièces les plus fréquemment demandées.

— L’usine produit les mobiliers funéraires de certains rois et reines, comme ceux de la reine Hétep-Hérès, mère du roi Chéops.

— Les icônes coptes, les portraits du Fayoum et les bijoux en cuivre doré sont aussi parmi les pièces les plus demandées.

Lieux de vente :

— Une maison de vente est rattachée à l’usine. Il y a deux autres maisons de vente, l’une au Musée national de la civilisation et l’autre au Musée égyptien à Tahrir.

— La vente en ligne est accessible à travers le site Web http://www.konouzeg:com

Pour produire une réplique

Des répliques plus vraies que nature
(Photo : Mohamad Moustapha)

La production d’une réplique est soumise à des critères précis. La pièce répliquée doit :

— Avoir une valeur artistique.

— Avoir une valeur archéologique.

— Etre riche en ornement.

— Etre ancienne.

— Refléter un événement important.


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