Semaine du 4 au 10 août 2021 - Numéro 1384
Saint-Serge retrace l’histoire chrétienne
  Les récents travaux de restauration de l'église Saint-Serge, dans le Vieux-Caire, ont livré de nouvelles informations archéologiques de grande importance.
Saint-Serge retrace l’histoire chrétienne
Vue générale de l'église.
Doaa Elhami29-06-2016

Le complexe religieux du Vieux- Caire ne cesse de livrer ses secrets. L’église Saint-Serge et sa crypte viennent d’offrir plu­sieurs objets, trouvés lors des travaux de restauration et de nettoyage, qui ont pris fin il y a quelques semaines. Dans l’église Saint-Serge deux peintures pictu­rales et une jarre en calcaire ont ainsi été trouvées, alors que dans la crypte de l’église une ancienne niche et une jarre en pierre ont été révélées.

« Ces travaux ont été financés par l’église de Saint-Serge et entamés sous la supervision du ministère égyptien des Antiquités », fait savoir Mohamad Zein, directeur général des antiquités coptes et islamiques au Vieux-Caire. Pour lui, il s’agit du premier projet de restauration global, et presque 20 mois de travail ont été nécessaires. Les précédents travaux avaient été partiels, entre le pompage de la nappe phréatique et la consolidation des murs.

Ces découvertes ne sont toutefois que le fruit du hasard. Lors du nettoyage des murs de l’autel de l’église, les restaura­teurs ont constaté que la croix suspendue dans la partie est était à l’origine faite de marbre et avait été couverte d’une épaisse couche de ciment, donnant l’impression qu’elle était faite de calcaire. En traitant le mur, les traces des peintures picturales ont commencé à apparaître. « Dès lors, nous avons traité le mur avec précaution », indique Nesma Ahmad, l’inspectrice archéologique qui a accompagné les étapes de nettoyage. « On a trouvé deux couches de peintures picturales. Bien que la scène soit incomplète, on a pu détecter des visages auréolés, aux traits peu dis­tinctifs. Sous les traces d’une autre scène plus ancienne, il y avait aussi des traits de visages humains », souligne l’inspectrice Nesma Ahmad, expliquant qu’aux pre­miers temps de l’âge chrétien, seuls les murs de l’autel étaient ornés de scènes picturales. Selon elle, l’ancienne peinture a été façonnée par les premiers chrétiens, soit au IVe siècle. Elle a ensuite été dissi­mulée pendant les périodes de turbulences politiques ou religieuses par une nouvelle couche, probablement vers le XIe siècle, avant d’être recouverte par l’actuel mur. « Nos références officielles, qui sont les archives du comité de conservation des antiquités datant de 1951, n’indiquent rien de cette peinture », ajoute Nesma Ahmad.

Aujourd’hui, le visiteur peut, suite à cette découverte, contempler l’autel de l’église orné de ces scènes picturales sur le mur est, tandis que le mur ouest est décoré de la croix de marbre nettoyée.

Saint-Serge retrace l’histoire chrétienne
L'ancienne niche de la crypte.

En plus de ces deux trouvailles, les res­taurateurs ont mis au jour une cuve bap­tismale en calcaire dans le nord-ouest de l’église. « En procédant à la restauration de l’ancien baptême nous avons trouvé une planche en marbre avec des pierres plus récentes qui cachaient la jarre en calcaire », explique l’inspecteur Amr Hassan, qui accompagnait les travaux de restauration. La jarre qui remonte au IVe ou Ve siècle est décorée d’une croix. « Pour l’exposer, nous lui avons annexé une assise de calcaire décorée de motifs géométriques », ajoute Amr Hassan.

Si l’église a offert de nouvelles infor­mations par ces découvertes, la crypte sur laquelle est construite l’église de Saint-Serge a donné elle aussi une impor­tante découverte. Il s’agit d’une ancienne niche située derrière l’actuelle. « De tout temps, on se demandait pourquoi les dimensions de la pierre du mur qui sur­monte la niche étaient différentes. Aujourd’hui, la réponse gagne en clar­té », reprend-il.

Au-dessus de l’ancienne niche, les res­taurateurs ont aussi identifié des traces de cendres, ce qui explique que la niche, voire la crypte, a été victime d’un incen­die lorsque la cité de Fostat a été brûlée vers la fin de l’époque ommeyade et durant l’époque fatimide. Les restaura­teurs ont trouvé une autre jarre dans un très mauvais état. Privée de tout orne­ment, elle est plus ancienne que la pre­mière. Après restauration elle est actuel­lement exposée dans l’aile est de la crypte. Celle-ci permet ainsi de relater l’histoire de manière moins fragmentée.




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