Semaine du 8 au 14 décembre 2021 - Numéro 1402
Mohamad Al-Sallab : Aucune loi ne peut, à elle seule, s’attaquer à ce phénomène
  Le député Mohamad Al-Sallab fait le point sur l’importance de durcir la peine contre le harcèlement des personnes souffrant d’un handicap et sur les moyens de combattre ce phénomène.
Mohamad Al-Sallab
Malak Moustafa24-11-2021

Al-Ahram Hebdo : Le Conseil des députés a approuvé le projet de loi que vous avez présenté pour durcir les peines contre le harcèlement des handicapés. Pourquoi cet amendement ?

Mohamad Al-Sallab: Au cours des derniers mois, j’ai constaté l’augmentation des cas d’intimidation des personnes souffrant d’un handicap. Plusieurs vidéos du genre ont été diffusées sur les réseaux sociaux, ce qui constitue une pratique offensive et inhumaine, d’autant plus que ces personnes sont souvent incapables de se défendre contre le harcèlement. Ce qui nécessite une nouvelle législation à même de freiner ce phénomène, c’est pourquoi j’ai présenté ce projet de loi.

— En quoi consiste exactement la modification apportée sur la loi ?

— Le projet de loi fait passer les peines dans les cas de harcèlement de personnes souffrant d’un handicap d’un an de prison et d’une amende de 50000 L.E. à deux ans de prison et une amende de 100000 L.E. ou l’une des deux peines. Au cas où l’auteur du crime serait le tuteur de la victime, l’un de ses proches ou celui qui s’occupe de lui, la peine peut aller jusqu’à 200 000 L.E., et, en cas de récidive, les peines sont doublées. Le règlement exécutif déterminera les détails, les cas et les procédures à suivre. Par ailleurs, il y aura une hotline pour recevoir les plaintes de harcèlement.

— Mais le durcissement des peines suffit-il à lui seul pour s’attaquer à ce phénomène ?

— Le durcissement de la peine est important pour que la loi soit plus dissuasive, mais aucune loi n’est en mesure de s’attaquer à elle seule à un phénomène qui a souvent des raisons et des aspects sociétaux. Il faut donc aussi travailler sur la sensibilisation de la société aux effets de cette pratique méprisable contraire aux principes humains et à toutes les chartes internationales sur les droits de l’homme ratifiées par l’Egypte. Cette sensibilisation relève de la responsabilité de l’Etat, de la société civile, des institutions religieuses et pédagogiques et des médias. Par ailleurs, il faut sensibiliser les handicapés eux-mêmes à leurs droits de dénoncer ce genre de harcèlement et aux moyens de poursuivre leurs auteurs devant la justice. Tous ces efforts appuient la stratégie de l’Etat destinée à renforcer les droits des personnes ayant des besoins spécifiques.

— Ces dernières années, l’Etat accorde un intérêt particulier à cette catégorie de citoyens. Quels sont les principaux acquis ?

— Cette catégorie compte environ 11 millions de personnes et, malgré leur nombre important, elle était marginalisée depuis longtemps et mal représentée à tous les niveaux. C’est pourquoi l’Etat a décidé de prendre ce dossier en charge, répondant aux articles de la Constitution de 2014 sur le renforcement des droits fondamentaux des personnes souffrant d’un handicap. L’un des acquis les plus importants pour cette catégorie au cours de cette dernière période a été la promulgation en 2017 d’une loi assurant leur droit à une vie digne et leur offrant plus de protection sociale et juridique. Elle leur octroie aussi de nombreux privilèges, tels qu’une carte de services intégrés, la facilitation et la réhabilitation des transports en commun et des activités sportives et récréatives. Récemment, l’Etat a inclus ces personnes dans l’initiative Vie décente. Un intérêt émanant de la conviction du régime que cette catégorie représente une véritable richesse humaine qu’il faut servir et exploiter .


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