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Tourisme  : Vers une véritable relance  ?

Dalia Farouq, Mardi, 02 décembre 2014

Le tourisme connaît de bons indicateurs de relance depuis quelques mois. S'ils sont en partie dus à des offres à prix cassés, ils laissent espérer une amélioration prochaine.

Tourisme  : Vers une véritable relance  ?

Un million de touristes ont visité l’Egypte en août dernier, donnant une croissance de 59 % des arri­vées touristiques au cours des trois derniers mois.

Des nouvelles positives qui redonnent un peu de couleurs au secteur du tourisme, en berne depuis presque quatre ans. La réunion du prési­dent Abdel-Fattah Al-Sissi, la semaine dernière, avec les grands tour-opérateurs internationaux, notamment d’Europe et de Russie, qui consti­tuent plus de 80% du marché touristique laisse espérer de meilleures performances du secteur dans l’avenir. « Ce sont les grands tour-opéra­teurs européens et russes qui ont demandé au ministre du Tourisme de se réunir avec le prési­dent Al-Sissi lors du World Travel Market à Londres au début du mois », indique Adel Abdel-Razeq, membre de l’Union des Chambres de tourisme.

Selon lui, Al-Sissi a tenu à faire passer plu­sieurs messages: « Le premier se concentre sur l’existence d’une volonté politique qui fait que la sécurité et la reprise économique sont les deux pôles prioritaires que s’est fixés l’Egypte. Le tourisme est une priorité. Al-Sissi a plusieurs fois clamé que, pour que les touristes revien­nent, il faut rétablir la stabilité et la confiance en Egypte ».

Les tour-opérateurs ont, pour leur part, demandé au président de fixer le prix du kéro­sène sur les cours mondiaux afin d’éviter toute distorsion de la concurrence. Ils ont également demandé une baisse des tickets d’entrée sur les sites archéologiques. « Le plus important c’est qu’ils ont demandé au président de les aider, lors de sa tournée européenne, à redorer l’image de l’Egypte en Europe », explique Hicham Zaazoue, ministre du Tourisme. Il ajoute que le président, suite à cette réunion, a ordonné de créer un comité regroupant les ministres du Tourisme, du Pétrole, de l’Inté­rieur, de la Culture et des Antiquités.

Optimiste, Adel Zaki, membre de la Chambre des agences de voyages, assure que tous les indices témoignent d’une relance du tourisme pour la saison actuelle d’hiver. Il ajoute que les responsables du tourisme doivent profiter des visites de Sissi en Europe et prochainement en Chine, pour faire la promotion de la nouvelle Egypte. « On pourrait reprendre 20% du mou­vement touristique. Il faut changer l’image de l’Egypte instable qui s’est installée au cours des trois dernières années », explique Zaki.

Reprise des chiffres, pas des recettes

« Depuis l’été, le tourisme égyptien connaît une bonne reprise qui se confirme par les réservations hôtelières en hausse. Actuellement, les chiffres enregistrent environ 70% d’occu­pation hôtelière à Hurghada, à Marsa Alam et à Charm Al-Cheikh, ce qui n’est pas mal du tout pour cette période de l’année », assure Nagui Eriane, membre de la Chambre hôte­lière. Il estime que d’ici 2015 l’Egypte pourrait reprendre 80% de son mouvement touristique.

Moins optimiste, Elhami Al-Zayat, président de l’Union des Chambres de tourisme, estime que la chose importante réside dans les recettes, pas dans le taux d’occupation ou le nombre d’arrivées. « Les recettes sont très basses jusqu’à présent puisqu’il y a encore des hôtels qui vendent la chambre à 10 dollars par nuit », s’indigne Al-Zayat. Il ajoute que les grands tour-opérateurs veulent encore casser les prix des visites culturelles. « Pourquoi vendre les pyramides ou le sphinx pour rien, alors que les billets dans les petits musées en Europe sont à 10 ou 15 euros ? », s’indigne-t-il.

Quant à Ahmad Al-Khadem, ex-président de l’Organisme de la promotion touristique, il assure que les responsables du tourisme n’ont pas encore remédié aux vrais problèmes qui touchent le tourisme. Selon lui, les causes de la crise du tourisme sont toujours présentes : « Les actes terroristes qui ont lieu tous les jours, même s’ils sont individuels, et le manque de confiance de la part de nos partenaires à l’étranger sont les vraies causes. Ce ne sont pas les prix! Les millions de dollars dépensés pour la promotion doivent être redirigés pour résoudre ces problèmes de sécurité ».

Malgré ces critiques, les professionnels du tourisme tiennent toujours à l’espoir d’une relance du secteur, mais peu d’entre eux esti­ment qu’elle ne puisse arriver avant le retour de la stabilité et de la sécurité.

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