Culture > Arts >

Majdi Al-Husseini : Qui dit Francophonie dit diversité culturelle

Névine Lameï, Mercredi, 07 décembre 2022

3 questions à Majdi Al-Husseini, producteur, distributeur cinématographique tunisien et membre du jury des courts métrages et documentaires à la 2e édition du FFFC.

Majdi Al-Husseini

Al-Ahram Hebdo : En tant que membre du jury du FFFC, comment voyez-vous l’idée d’avoir en Egypte un Festival du film francophone ?

Majdi Al-Husseini : C’est nouveau, c’est créatif, c’est fructueux. Pour moi, c’est très important d’avoir un Festival de cinéma pour la Francophonie, un miroir vif qui reflète et serre la culture de ces 88 pays et gouvernements, membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), avec leurs diversités culturelles au pays de la diversité culturelle qu’est l’Egypte, un pays fondateur de l’OIF. Cette diversité culturelle, c’est rare de la trouver dans d’autres festivités africaines ou internationales. D’ailleurs, les critères de choix d’un bon film dépendent en premier de la politique du festival. Pour moi, qui dit Francophonie dit diversité culturelle. C’est important de voir dans les films des pays francophones participants une partie de leurs civilisations, leurs cultures et leurs peuples.

— Pouvez-vous nous parler de votre travail en Tunisie, votre carrière et vos projets à venir ?

— Je suis un producteur et distributeur cinématographique télévisé. J’ai un long métrage intitulé Saffeh Nabeul (l’assassin de Nabeul) qui vient de participer au Festival du film du Maghreb à Oujda, comme de prendre part au FFFC. C’est une histoire véridique d’un tueur en série. Bien avant mon départ à Dubaï, où je réside depuis 1994, j’avais une très grande expérience avec l’OIF, comme j’étais coordinateur général de la Radio des Jeunes Francophones du Monde (RJFM), soutenue par l’OIF. J’étais également parmi les participants au Forum mondial de la langue française au Québec, comme à la troisième et quatrième école d’été de la Francophonie tenue à Nouakchott. J’ai une très belle expérience avec la Francophonie dans plusieurs secteurs. Ces tâches diverses m’ont donné l’inspiration de faire toujours des collaborations, comme c’est le cas de mon émission télévisée Battle Chef ou Chef of the Arabs Champion. A ce concours de cuisine arabe, diffusé dans 7 pays du monde, participent 12 pays arabes. Nous parlons ici de diversité culturelle diffusée. Au niveau du secteur médiatique (cinéma, télévision ou radio), il m’est important d’écouter et de comprendre le dialecte des pays du monde, de connaître leurs cultures. Par exemple, qu’un Tunisien qui maîtrise le français comprenne les dialectes africains, ou qu’un Egyptien dans le monde arabophone saisisse le dialecte tunisien, marocain, algérien, ou autres, voici une richesse culturelle que nous devons exploiter.

— Comment se porte le cinéma tunisien actuellement ?

— Le cinéma tunisien est en train d’avancer d’une très belle vitesse, surtout par rapport à la production. Le nombre des films produits, ainsi que les salles de cinéma sont en augmentation croissante d’un jour à l’autre. En Tunisie, nous parlons aujourd’hui d’un cinéma commercial et d’un producteur indépendant capable, sans l’intervention des fonds d’investissement, d’aide ou de l’Etat, de rentabiliser son film en salle comme sur les plateformes de streaming. C’est ce qui définit la nouvelle génération de cinématographes et de producteurs de mon pays, la Tunisie.

Lien court: