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Mille et une façons d’apprendre l’arabe !

Dina Kabil , Mercredi, 26 octobre 2022

Pour un étranger amoureux de l’Egypte, qu’il soit résident ou de passage, apprendre la langue arabe constitue le premier pas pour connaître le pays et comprendre la société égyptienne. Quelles sont les différentes options ?

Mille et une façons d’apprendre l’arabe !

 

  • Communiquer avec les locaux
    Il ne faut pas se contenter de cours de langue. Pour apprendre une langue étrangère et la parler couramment, la première possibilité et la plus accessible est la confrontation au quotidien avec les Egyptiens: sur une terrasse de café, avec un vendeur du souk, ou avec le bawab (le portier) de son immeuble. Les locaux se montreront chaleureux et essaieront d’aider par tous les moyens quitte à communiquer par les gestes. Le résident étranger peut s’entendre avec un (ou une) Egyptien(ne) et lui offrir de lui apprendre sa langue maternelle (anglais, italien, allemand ou autre) en contrepartie de conversations en langue arabe dans un cadre informel et sympathique. Cette formule a l’avantage d’être gratuite et de répondre aux attentes de l’un et l’autre des bénéficiaires.
  • Les centres spécialisés : DEAC comme modèle
    Il ne faut pas croire toutes les publicités, particulièrement celles qui vous promettent qu’«  en deux semaines » vous pratiquerez correctement la langue arabe. A éviter également les nombreuses propositions sur la toile où l’apprentissage en ligne n’est pas toujours assuré par des personnes qualifiées. Mieux vaut prendre contact avec un centre culturel étranger ou une association culturelle offrant des activités dans la langue demandée (ciné-clubs, visites d’exposition, conférences, etc.) et proposant en parallèle des cours de langue. C’est le cas pour la plupart des centres culturels européens en Egypte qui, tout en proposant l’enseignement de leur langue, offrent également à leurs ressortissants la possibilité d’apprendre l’arabe. Ainsi, l’Institut Français en Egypte (IFE) a acquis une bonne renommée au Caire et à Alexandrie. Sur les traces d’une égyptomanie lointaine, les Français se passionnent pour la langue arabe, soit comme moyen d’accéder à la civilisation égyptienne, soit dans le cadre d’études liées au Moyen-Orient. « Le diplôme de l’Agrégation en langue arabe a vu le jour en France en 1905 », rappelle Ali Maouhoub, directeur du Département de l’Enseignement de l’Arabe Contemporain (DEAC) à l’IFE. Le principal objectif du DEAC est d’enseigner la « fossha » (ou l’arabe moderne standard) aussi bien que le dialectal, indispensable à l’étudiant au quotidien. Cet enseignement repose sur des méthodes d’apprentissage qui lient l’arabe contemporain à la culture et aux arts.
  • Master et dialecte au Netherlands-Flemish Institute in Cairo (NVIC)
    Pour d’autres instituts universitaires, souvent de haut niveau, l’arabe est un vecteur important pour comprendre la région et ses conflits. L’Institut hollandais au Caire NVIC, une option moins connue mais pourtant bien réputée, offre en partenariat avec l’Université de Leiden un cursus d’archéologie et d’égyptologie en langue arabe. Outre les programmes d’automne de Master MA et de printemps de BA affiliés à 5 universités aux Pays-Bas et à 2 facultés en Belgique, le NVIC propose un cursus d’arabe dialectal en partenariat avec l’Université de Zurich en Suisse. Il s’agit d’un programme complet qui comprend l’écrit et l’oral. « A l’institut, une partie importante du programme d’études du Moyen-Orient est consacrée à l’acquisition du dialectal, explique Adel Abdel-Moneim, professeur assistant. Il ne s’agit pas seulement de parler au quotidien en dialecte, mais de maîtriser également la langue dans le contexte historique de l’Egypte et dans son actualité ».
  • Les professeurs privés : adapter les méthodes d’enseignement à chaque étudiant
    Recourir à un professeur privé peut s’avérer efficace pour un étudiant dont l’emploi du temps ne permet pas d’assister à des cours fixés. La seule condition est de rechercher le ou la professeur(e) certifié(e) en langue arabe mention langue étrangère. Adel Abdel-Moneim, 30 ans d’expérience dans l’enseignement de l’arabe langue étrangère, a commencé comme professeur particulier avant de rejoindre le NVIC en 1997. Pour lui, il n’existe pas de recette miracle pour enseigner l’arabe aux étrangers. « J’utilise des méthodes variées et je les adapte en fonction de l’étudiant, explique-t-il. A un enfant de 10 ans, l’apprentissage de l’arabe ne peut se faire que de façon ludique ». Ce qu’il retient de sa longue expérience, c’est que « l’enseignement de la langue doit avoir lieu dans le milieu et le contexte propres à cette langue-objectif, et dans une ambiance détendue qui favorise l’expression ». Le professeur a recours à des pratiques modernes et l’apprentissage ne consiste plus aujourd’hui à répéter; il faut insister sur la communication, que ce soit à l’écrit ou à l’oral.
    Quant à Rana Choucha, fille du poète Farouq Choucha, l’un des plus fervents défenseurs de la langue arabe, elle a quelque peu hérité de la passion de son père. Elle enseigne la langue arabe aux étrangers depuis 7 ans. Après une carrière réussie dans le marketing au sein d’entreprises publicitaires de renom, elle décide de renouer avec sa passion pour la langue arabe. De retour des Emirats, elle reprend les études et décroche le diplôme TAFLE qui lui permet d’enseigner l’arabe langue étrangère. « L’arabe a toujours été une passion à la maison. Avec mon père, on discutait souvent des nouveaux termes, de la phonétique d’un mot ou de ses multiples connotations », se remémore Rana. Le covid a causé la fermeture de quelques écoles de langue arabe, mais Rana continue à vivre sa passion sans regretter d’avoir changé de carrière. « Avec l’enseignement, j’obtiens satisfaction à chaque instant, j’apprécie la joie de l’étudiant et je me réjouis d’avoir atteint mes objectifs », souligne-t-elle. Et de conclure: « C’est comme au théâtre, la performance est applaudie à l’instant ! ».
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