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Burn out : Comment échapper au cercle vicieux

Amira Doss , Mercredi, 19 octobre 2022

Le burn out ou le syndrome d’épuisement professionnel est de plus en plus répandu dans le monde du travail. Pour pouvoir reprendre son activité sereinement, il faut adopter la bonne stratégie.

Burn out : Comment échapper au cercle vicieux

Burn out (définition) : état d’épuisement physique, émotionnel et mental lié à une dégradation du rapport d’une personne à son travail. Cet épuisement professionnel, comme l’appellent les experts, est de plus en plus observé par les soignants, les life coachs et les psychiatres. Il peut concerner tous les métiers qui exigent un engagement professionnel intense. Il frappe autant les femmes que les hommes. D’après les recherches, le burn out, ou l’épuisement professionnel, apparaît quand le travailleur ressent un écart trop important entre ses attentes, la représentation qu’il se fait de son métier et la réalité de son travail. Avec le temps, le stress professionnel devient chronique et la personne en burn out ne parvient plus à y faire face. Littéralement, souffrir d’un burn out c’est se consumer, brûler de l’intérieur. Le mal du siècle.

D’après une enquête d’OpinionWay, après la pandémie, 41 % des salariés à travers le monde seraient en situation de détresse psychologique, et 34 % en burn out sévère. Or, d’après l’Organisation mondiale de la santé, le burn out n’est pas reconnu comme une maladie, bien qu’il présente un ensemble de symptômes, dont l’épuisement émotionnel, physique et psychique. Pourtant, selon un sondage effectué par l’agence internationale Harris Interactive, 74 % des interviewés sont favorables à la reconnaissance du burn out comme maladie professionnelle. Ce qui empêche d’aller plus loin dans cette procédure, c’est que les symptômes associés au burn out sont très interconnectés avec d’autres maladies psychiques telles que le stress, l’anxiété ou même la dépression.

La personne a la sensation d’être vidée de ses ressources. Autre symptôme, la personne commence à se désengager de son travail et à déshumaniser les gens qu’elle côtoie. Il en résulte souvent un comportement négatif. Et ce n’est pas tout. La perte de la sensation d’accomplissement au travail engendre chez la personne en question une dévalorisation de soi, elle a l’impression de ne plus être à la hauteur.

Les plus bosseurs, les plus concernés

Ce mal lié au monde du travail peut toucher toutes les personnes qui exercent une activité professionnelle sans distinction du statut. Les cadres, les employés, les techniciens, au secteur public ou privé, les salaires élevés ou modestes, personne n’est épargné. Pourtant, le burn out touche en principe les personnes fortement engagées dans leur travail, celles qui ont connu une instabilité émotionnelle, ou celles trop consciencieuses, méthodiques, organisées, méticuleuses et persévérantes.

Face à la fatigue, au sentiment d’échec et aux difficultés de concentration, la personne tend donc à travailler toujours davantage pour essayer de retrouver satisfaction et confiance en soi. Si les conditions de travail restent les mêmes, un cercle vicieux s’installe jusqu’à l’épuisement. Parmi les signes d’un burn out, la fatigue permanente, le mal de dos, les insomnies, la migraine, les maux de ventre. Une souffrance psychique se traduit par un vide émotionnel, de l’anxiété, l’irritabilité, une tendance à s’isoler, des difficultés de concentration, un sentiment d’être dépassé par les événements. La personne épuisée devient anormalement froide et indifférente. Ce qui explique pourquoi on emploie les termes « dépersonnalisation » et « déshumanisation » pour décrire ce qui survient à l’individu, comme s’il perdait pour quelque temps une part de lui-même. L’employeur déploie plus d’efforts, s’investit plus dans son travail, pour mettre fin à cette situation, jusqu’à l’épuisement.

D’après les spécialistes, le burn out est un processus et non pas un état. Il ne provient ni du stress, ni de sa gestion, mais d’un manque de récupération qui a son impact sur le système nerveux, et le corps n’est plus stimulé. Et c’est cet épuisement biologique qui influence le moral. Ce qui aggrave la situation c’est que le travail devient de plus en plus une priorité de vie. Ce qui explique pourquoi le burn out concerne plus les personnes extrêmement investies dans leur travail.

 Deux tests célèbres

Le questionnaire CBI (Copenhagen Burn out Inventory) : Il prend en compte trois dimensions : l’épuisement professionnel, l’épuisement personnel et l’épuisement relationnel. Il comprend 19 questions.

Le test Maslach : Il comprend 22 questions et se concentre sur les symptômes de la dépersonnalisation et l’accomplissement personnel. Il est aussi axé sur trois dimensions : l’épuisement émotionnel, la déshumanisation de la relation avec l’autre et la perte de sens de l’accomplissement de soi au travail.

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