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Olivier Chiche Portiche : Nous voulons plus d’étudiants égyptiens en France: c’est le message que je veux passer

Sabah Sabet , Mercredi, 19 octobre 2022

A l’occasion de la tenue de la 4e édition du Salon de l’étudiant Choose France, Olivier Chiche Portiche, directeur du département de la coordination géographique de Campus France, revient sur la coopération universitaire entre la France et l’Egypte.

Olivier Chiche Portiche,
(Photo : Ahmad Agami)

Al-Ahram Hebdo : Qu’y a-t-il de nouveau dans cette 4e édition du Salon de l’étudiant Choose France tenu au Caire, quoi de neuf cette année ?

Olivier Chiche Portiche : On est effectivement pour la quatrième fois en Egypte à l’Institut français qui reçoit le Salon des études en France et en Egypte. Cette année on revient avec un format normal après la pandémie. 26 établissements français et 9 filières francophones ont participé à l’événement, donc, on est aujourd’hui ici avec un retour massif.

Pendant la pandémie, la France est l’un des rares pays qui a laissé ses frontières ouvertes devant les étudiants étrangers. En même temps, on a travaillé avec les établissements français pour mettre toutes les formations disponibles en ligne, et on est arrivé aujourd’hui à 700 formations qui sont enseignées en ligne en France. Cela peut ne pas paraître beaucoup, mais c’est un vrai changement de mentalité. Il est important de maintenir le lien avec l’étudiant international qui veut aller en France pour s’imprégner d’un environnement, d’une culture et des amitiés français. Avec l’enseignement à distance, on apprend mais on n’a pas ce contact avec l’environnement francophone qui est important dans la construction de chacun.

— Quels sont les objectifs de Campus France, un établissement public chargé de la promotion de l’enseignement supérieur français en Egypte ?

— L’objectif de Campus France à long terme est de consolider une présence d’établissements français en Egypte, et à moyen terme d’accroître le nombre d’étudiants égyptiens en France et de favoriser l’arrivée d’étudiants français en Egypte. Le second objectif consiste à donner plus de visibilité auprès des établissements français pour l’Egypte, un pays stratégique et qui bénéficie aujourd’hui d’une coopération et d’un renforcement des relations économiques et culturelles très fortes. On espère alors arriver à 4000 étudiants égyptiens, tenant compte que la France planifie d’accroître le nombre d’étudiants étrangers de 360000 à 500000 en 2027. Campus France, l’Institut français au Caire et l’ambassade de France, tous, veulent plus d’étudiants égyptiens en France: c’est le message que je veux passer et c’est pourquoi on veut revenir chaque fois avec des établissements un peu plus nombreux pour favoriser la coopération universitaire entre les deux pays.

— Voyez-vous donc une plus grande orientation vers l’enseignement francophone en Egypte? Et quels sont les défis pour arriver à vos objectifs ?

— On commence à avoir effectivement depuis deux ans une augmentation de 15 % du nombre d’étudiants égyptiens en France, c’est une bonne chose mais la réalité c’est qu’on est loin de ce qu’on pourrait faire. Actuellement, le nombre d’étudiants égyptiens présents en France est de 2700. Je pense qu’il faut qu’on renforce notre communication car pour beaucoup d’Egyptiens, la France n’est pas un pays accessible facile à cause de la langue française. Or, il y a des formations en anglais en France dans tous les domaines. Cela n’empêche pas que les étudiants qui viennent étudier en anglais vont devenir francophones, c’est un avantage supplémentaire. Il est aussi important de rappeler que la France est une destination académiquement excellente réputée dans le monde entier et en même temps très bon marché par rapport aux Etats-Unis et au Canada.

— Comment évaluez-vous les relations entre l’Egypte et la France en matière d’éducation et d’enseignement supérieur ?

— Les relations entre la France et l’Egypte sont excellentes politiquement, avec des liens économiques forts. Au niveau universitaire, on doit faire mieux et c’est l’objet de notre présence ici avec les établissements français. L’Egypte est un marché important stratégique, il faut qu’on ait plus d’étudiants égyptiens en France mais il faut aussi qu’on ait plus d’étudiants français en Egypte. Il faut réussir à renforcer la mobilité dans les deux sens. Nous sommes là pour réactiver un programme commun entre l’ambassade de France et le ministère de l’Education égyptien qui s’est arrêté à cause de la pandémie. Il nous faut plus de filières scientifiques francophones en Egypte pour répondre au marché d’un pays toujours en pleine croissance. Tout ne peut pas se faire tout de suite, mais la volonté est là. Et je n’ai aucun doute sur l’avenir.

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