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Iraq : L’Onu réclame un « dialogue sans conditions préalables »

Mercredi, 12 octobre 2022

La mission de l’Onu en Iraq a réclamé, lundi, un « dialogue sans conditions préalables » entre les forces politiques du pays pour former un gouvernement et trouver une issue à une « crise prolongée qui engendre plus d’instabilité », un an, jour pour jour, après les dernières législatives.

Iraq : L’Onu réclame un « dialogue sans conditions préalables »

L’Iraq avait organisé, le 10 octobre 2021, des législatives anticipées sous la pression d’une contestation populaire inédite, déclenchée à l’automne 2019 pour changer le système et dénoncer pêle-mêle politiciens corrompus, chômage des jeunes et déliquescence des infrastructures, dans un pays pourtant extrêmement riche en pétrole.

Un an plus tard, les mêmes barons de la politique ont conservé le pouvoir. Malgré des tractions interminables, ils n’ont pas réussi à s’entendre ni pour élire un nouveau président, ni pour désigner un premier ministre. « Tous les acteurs doivent s’engager dans un dialogue sans conditions préalables », a exigé dans un communiqué la mission d’assistance des Nations-Unies pour l’Iraq (Manui). « Via le compromis, ils doivent s’accorder collectivement sur des issues essentielles (...) pour répondre aux besoins du peuple iraqien et former un gouvernement efficace et doté des pleins pouvoirs. », ajoute le texte.

Ces derniers mois, le bras de fer entre les deux grands pôles politiques de la communauté musulmane chiite, majoritaire en Iraq, n’a fait que s’aggraver. D’un côté, l’imprévisible Moqtada Sadr réclame une dissolution du parlement et des législatives anticipées. De l’autre, le Cadre de coordination, alliance de factions chiites pro-Iran incluant les ex-paramilitaires du Hachd Al-Chaabi, veut un nouveau gouvernement avant tout scrutin.

Le Cadre de coordination a approuvé l’appel de l’Onu, réitérant dans un communiqué « sa disposition à dialoguer avec toutes les forces politiques », pour « former un gouvernement doté des pleins pouvoirs ». « La crise prolongée engendre plus d’instabilité, comme en témoignent les récents événements », a affirmé la mission onusienne, soulignant qu’il était « impératif » d’adopter « avant la fin de l’année » le nouveau budget 2023. Outre les tensions intra-chiites visant à désigner un premier ministre, l’autre pierre d’achoppement est l’élection, par les députés, d’un président de la République. En raison, cette fois, des divergences entre les deux partis historiques des Kurdes. Le poste, hautement honorifique et traditionnellement réservé à un Kurde, revient à l’Union Patriotique du Kurdistan (UPK). Mais le Parti Démocratique du Kurdistan (PDK) convoite la présidence.

Lundi, le président du parlement, Mohamed Al-Halboussi, et des responsables du Cadre de coordination ont été reçus par le chef historique du PDK, Massoud Barzani. Ils ont évoqué « les négociations menées pour tenir la prochaine séance parlementaire, choisir un président et former un gouvernement », selon un communiqué des services de M. Barzani.

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