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Justice : Une autre facette de la coopération interafricaine

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mercredi, 14 septembre 2022

Le Caire a accueilli la 6e réunion des présidents des Cours constitutionnelles et des Cours suprêmes africaines.

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Le président Sissi a affirmé la volonté de l’Egypte de soutenir le rôle de l’autoritéjudiciaire dans les sociétés.

Sous le slogan « Le rôle du contrôle constitutionnel dans le développement des peuples africains », Le Caire a accueilli du 10 au 12 septembre la 6e réunion de haut niveau des présidents des Cours constitutionnelles, des Cours suprêmes et des Conseils constitutionnels africains. Cette réunion, tenue annuellement depuis 2017, sous le parrainage du président Abdel-Fattah Al-Sissi, a rassemblé en sa 6e version 51 présidents des cours et conseils constitutionnels en plus d’une soixantaine de juges de 40 pays africains. En marge de la réunion, le président Sissi a reçu les présidents des Cours constitutionnelles et suprêmes africaines au palais présidentiel et a affirmé l’attachement de l’Egypte à soutenir le rôle du pouvoir judiciaire dans les sociétés africaines. Il a affirmé que « les efforts judiciaires revêtent désormais une importance particulière à la lumière des défis auxquels sont confrontés les pays africains », soulignant « l’importance de la sensibilisation des peuples pour renforcer le rôle de la loi et des institutions judiciaires afin de permettre aux pays de relever efficacement les défis qui menacent leur entité ».

Trois jours durant, les participants ont abordé un certain nombre de questions avec, en tête, le rôle du contrôle constitutionnel pour assurer le développement des ressources naturelles communes et la réglementation internationale de leur exploitation. Un des thèmes les plus importants était les problèmes constitutionnels et juridiques pouvant survenir entre les pays qui partagent des ressources naturelles. Il a donc été question de la coopération pour la protection et l’exploitation des richesses africaines. Le second axe concerne la protection constitutionnelle du principe de citoyenneté, en tant que moyen assurant l’égalité des droits pour tous les citoyens. La protection constitutionnelle des droits des migrants et des réfugiés s’est également imposée sur l’agenda des débats. Les discussions ont également abordé la préservation de la spécificité culturelle des sociétés africaines et la promotion de la justice sociale.

Pour l’expert constitutionnel Salah Fawzi, cette réunion offre à l’Egypte, comme à tous les pays participants, l’occasion d’approfondir les questions constitutionnelles d’intérêt commun entre les pays africains et vise à renforcer la coopération judiciaire, juridique et constitutionnelle en Afrique. Fawzi a par ailleurs salué le choix du thème de cette 6e réunion « Le contrôle constitutionnel » qui joue un rôle fondamental en termes de développement et qui a des répercussions économiques importantes et bénéfiques pour les citoyens africains. « Ce contrôle constitutionnel ne consiste pas à unifier les tendances judiciaires au niveau des Cours et des Conseils constitutionnels des pays africains, car à chaque pays sa propre Constitution, mais plutôt à étudier l’objectif législatif derrière la promulgation de ces textes. Il s’agit donc de traiter des thèmes majeurs d’intérêt commun, tels que la lutte contre l’immigration clandestine, les droits de l’homme, ainsi que les droits des réfugiés et de tirer profit des différentes expériences et propositions des différents pays africains, tout en tenant compte des circonstances particulières de chaque pays », explique-t-il. Et de conclure: « Assurer un contrôle constitutionnel face aux défis qui s’imposent dans les pays africains, c’est réaliser un bond important en termes de développement du continent ».

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