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Education : Vers une réforme à multiples facettes

Chaïmaa Abdel-Hamid, Mercredi, 07 septembre 2022

Invité autour d’une table ronde à l’Organisme national de la presse, le nouveau ministre de l’Education et de l’Enseignement technique, Reda Hégazi, s’est longuement expliqué sur la réforme du système éducatif. Compte rendu.

Education : Vers une réforme à multiples facettes
Seules les personnes titulaires d’une licence attestée par le ministère pourront exercer le métier de professeur, a déclaré le ministre.

Le nouveau ministre de l’Education et de l’Enseignement technique, Reda Hégazi, qui a pris ses fonctions le 14 août dernier, était cette semaine l’invité d’une table ronde à l’Organisme national de la presse, afin de s’exprimer sur le développement de l’enseignement en Egypte, et ceci en présence du président de l’organisme, Abdel Sadek ElShorbagui, de son vice-président, Ahmad Mokhtar, du PDG de la fondation Al-Ahram, Abdelmohsen Salama, ainsi que des rédacteurs en chef des différentes publications nationales et sites Web.

Au début, Hégazi a loué le rôle des médias pour sensibiliser la société aux initiatives du ministère de l’Education pour développer le système éducatif, en abordant objectivement les problèmes et en clarifiant les visions. « Les médias sont un partenaire majeur dans le développement de l’éducation en Egypte », a-t-il affirmé.

Il a également souligné l’importance du dialogue entre le ministère, l’opinion publique et les parties prenantes afin de rapprocher les points de vue sur des questions importantes comme la réforme de l’enseignement. « La réforme de l’enseignement doit se poursuivre à travers des mécanismes plus concrets qui seront ressentis par les professeurs, les parents et les élèves », a affirmé le ministre. Et d’ajouter: « Cette réforme est devenue inévitable à la lumière des quatrième et cinquième révolutions industrielles et de la transformation numérique. Elle s’appuiera sur ce qui a été accompli au cours de la période précédente en tirant profit des expériences réussies ».

Pour sa part, Abdel Sadek ElShorbagui a indiqué que la presse nationale a un rôle central dans la sensibilisation aux défis auxquels l’Egypte est confrontée. « Les journalistes saluent les efforts du ministère de l’Education pour soutenir et développer le système éducatif, et expriment leur volonté de fournir leur contribution en clarifiant les faits à l’opinion publique afin de faire avancer la réforme qui est dans l’intérêt du pays », a-t-il ajouté.

Bac égyptien, le grand défi

La question du bac égyptien s’est imposée en tête de l’ordre du jour. Hégazi a annoncé que le système des examens du bac va changer pour devenir un système mixte avec 70% de questions à choix multiples et 30% de questions qui font appel à des réponses courtes (qui ne dépassent pas les trois lignes). « Il n’est plus question de faire passer aux élèves du bac un examen avec 100% de questions à choix multiples, car ce genre de test ne mesure pas l’habileté des élèves à rédiger. C’était une erreur qui ne se répétera plus », a déclaré le ministre, soulignant que la présence de questions faisant appel à la rédaction est également un moyen de lutter contre la triche.

Concernant le système de correction des examens, qui a causé cette année plusieurs problèmes, Hégazi a assuré que les examens de rattrapage du cycle secondaire, qui se sont déroulés ces deux dernières semaines, ne comportaient pas une seule erreur et que les épreuves ont été revues avant la correction pour s’assurer que les questions sont au niveau de l’élève moyen. « La correction s’est faite par voie électronique », a affirmé Hégazi. Le même système sera appliqué pour les examens de cette année. Hégazi a annoncé la formation d’un comité d’experts pour s’assurer que les questions ne sont pas vagues ou incompréhensibles. Ce comité étudiera les erreurs commises aux examens du bac des deux dernières années pour éviter qu’elles ne se répètent.

Beaucoup d’interrogations tournaient aussi autour des tablettes. Le ministre a catégoriquement nié les rumeurs selon lesquelles le système des tablettes sera annulé. Ce système faisant appel à la technologie moderne et appliqué depuisseptembre 2018 favorise la réflexion et la recherche plutôt que la mémorisation. Il fait partie du plan de modernisation de l’enseignement pré-universitaire. Il s’agit de fournir aux élèves de première secondaire des tablettes et des cartes SIM gratuites, afin de les aider à passer les examens en ligne. Mais pour des raisons techniques, ce système n’a jamais bien fonctionné.

Hégazi a souligné cependant l’importance de la tablette qui fournit aux élèves les documents scolaires, qui ne sont plus imprimés, et leur garantit l’accès aux différentes plateformes éducatives lancées par le ministère. « Ce que nous voulons faire c’est de mettre à profit ce qui a été fait par le passé, mais en changeant les mécanismes de travail. Les programmes scolaires seront allégés sans en changer le contenu pour faciliter la tâche aux élèves », a expliqué le ministre, en précisant : « C’est une grande connaissance que je veux présenter aux élèves, pas d’énormes programmes ».

Un système interactif

Le retour des élèves à leurs écoles est l’objectif stratégique du ministère qui accorde cette année un grand intérêt à la technologie et aux chaînes télévisées Madrassetna 1, 2 et 3 qui seront projetées dans les écoles de manière interactive afin de permettre aux élèves d’approfondir leurs connaissances. Le contenu des programmes scolaires est conçu de manière à permettre à l’élève de réfléchir de manière critique, d’obtenir l’information à travers les moyens numériques et de multiplier les sources pédagogiques.

En vertu de la nouvelle stratégie, un jour par semaine sera consacré aux activités artistiques, sportives et culturelles afin de permettre aux élèves d’acquérir de nouvelles connaissances. Ainsi, l’établissement scolaire ne sera pas seulement un lieu d’apprentissage mais aussi de divertissement et surtout de découverte des talents. Le ministère assumera son rôle social qui consiste à construire la personnalité de l’enfant. « Les compétences que l’élève peut acquérir grâce aux activités sont supérieures à celles qu’il acquiert à travers les cours normaux », souligne Hégazi. Et d’ajouter : « Pour mettre en oeuvre ces activités, le ministère a mis en place une coopération avec les ministères de la Jeunesse et du Sport et de la Culture afin de fournir aux écoles les instruments de musique et les équipements sportifs ».

Nouveaux critères

Un plan ambitieux qui ne pourra se réaliser sans fournir un statut digne aux enseignants. Pour Hégazi, on ne peut parler de réforme sans valoriser l’enseignant qui est le maestro du processus éducatif. Le ministère exige une licence à tous les professeurs travaillant dans les écoles publiques et privées. Seul l’enseignant titulaire d’une licence pourra exercer la profession. Les professeurs recevront par la suite une formation au sein du ministère. « Il s’agit d’assurer un niveau minimum aux professeurs afin de leur permettre d’appliquer le nouveau système », affirme le ministre. Et d’ajouter : « Le ministère accordera dans la prochaine période une grande importance à l’enseignement technique. Il est temps de changer la vision négative qu’ont les Egyptiens à l’égard de ce genre d’enseignement ».

 

Nouvelle réglementation

Le ministère de l’Education a mis en place de nouvelles règles relatives aux frais scolaires et à l’admission dans les écoles privées. En voici les principaux traits :

— L’école n’est pas autorisée à percevoir des sommes qui vont au-delà des frais prescrits, à l’exception des 7% d’augmentation annuelle des écoles internationales.

— Le payement des frais scolaires se fait en 4 versements égaux, pour les écoles nationales, de langue et internationales.

— Les frais scolaires sont payés à compter du premier septembre.

— Les écoles ne sont pas autorisées à imposer des amendes ou des intérêts en cas de retard de payement.

— Les écoles ne sont pas autorisées à percevoir des sommes à titre de donation, d’enregistrement ou d’admission aux épreuves.

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