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Mohamed Shaaban : J’ai un grand défi à relever : Faire mieux que mes prédécesseurs

Doaa Badr , Mercredi, 07 septembre 2022

Mohamed Shaaban, président du Comité des Jeux et membre du Conseil de la Fédération mondiale de taekwondo, est le premier Egyptien à présider une discipline aux Jeux Olympiques (JO) après sa nomination en tant que délégué technique aux JO de Paris de 2024. Entretien.

Mohamed Shaaban
(Photo : Mohamad Moustapha)

Al-Ahram Hebdo : Que représente pour vous votre nomination au poste de délégué technique des Jeux Olympiques (JO) de Paris 2024 ?

Mohamed Shaaban: C’est un grand honneur d’être le délégué technique du taekwondo aux JO de Paris 2024. Je suis très heureux, puisque ce poste est le plus élevé dans le domaine administratif sportif, mais il faut savoir que c’est une grande responsabilité. Je dois être digne de la confiance du président de la Fédération mondiale de taekwondo, Dr Chungwon Choue, qui m’a choisi pour ce poste. A Paris 2024, je serai le premier Egyptien, Arabe et Africain à présider les épreuves du taekwondo. Je serai encore la plus jeune personne à prendre cette responsabilité. Je serai la 5e personne qui assume la responsabilité de ce poste. J’ai un grand défi, à savoir faire mieux que mes prédécesseurs.

— Quelle sera votre mission en tant que délégué technique aux JO ?

— D’ici les JO de 2024, je dois être en communication permanente avec le Comité International Olympique (CIO) et le Comité organisateur des JO de Paris. Je dois fixer avec eux tous les détails concernant l’organisation des épreuves de taekwondo aux JO : les prix des tickets, la salle où se dérouleront les compétitions, le calendrier des épreuves, etc. Je commence cette semaine avec une visite au Grand Palais de Paris qui accueillera, du 7 au 10 août 2024, les épreuves de taekwondo. A part l’organisation, je suis responsable des détails techniques des compétitions et je participe au choix des arbitres olympiques. En bref, je dois m’assurer que les aspects techniques et la gestion de la compétition sont conformes aux règles de la Fédération mondiale (WT). Je dois également présider le tirage au sort et approuver les plans d’urgence.

— Quels sont les critères de ce poste ?

— Il y a plusieurs critères, dont la compétence, l’expérience, les exploits réalisés durant les dernières années, la langue et les moyens de communication. Le fait que j’aie été choisi est une grande responsabilité. Je dois être à la hauteur des attentes.

— Aux JO de Tokyo, vous étiez responsable des épreuves de taekwondo en tant que président du Comité des jeux. Quelle sera la différence à Paris ?

— Aux JO de Tokyo, j’étais responsable du déroulement des compétitions, mais le délégué technique était le Français Philippe Bouedou, ancien président du Comité des Jeux. Donc, ma responsabilité se limitait à la compétition, mais à Paris 2024, ma responsabilité commence maintenant. Il faut savoir que le délégué technique, c’est le représentant de la Fédération mondiale de taekwondo aux JO. Donc, je suis responsable de tous les détails dès maintenant et jusqu’aux JO de Paris.

— Vous êtes connu par votre esprit révolutionnaire. Quelles seront les nouveautés à Paris 2024 ?

— Mon but est de rendre le taekwondo plus vivant et plus attirant. Sur le plan technique, le taekwondo à Paris sera plus dynamique, puisque les compétitions se dérouleront selon le système de jeu « Best of 3 » à la place des points (ndlr: le vainqueur doit remporter 2 des 3 sets). Peut-être qu’il y aura de petits changements au niveau de l’application des nouvelles lois. Sur le plan de l’organisation, nous avons encore le temps pour choisir le meilleur look et les meilleures couleurs qui seront en harmonie avec le Grand Palais de Paris.

— Le nouveau système de jeu changera-t-il le taekwondo mondial et les pays qui dominent cette discipline ?

— En fait, le taekwondo change à chaque édition des JO. Chaque année, de nouveaux pays montent sur le podium mondial. Aux JO de Tokyo, la moyenne d’âge des médaillés n’était pas grande, plusieurs médaillés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), comme l’Egyptien Seif Eissa, ont remporté des médailles. Et de nouveaux pays sont montés sur le podium comme l’Ouzbékistan qui a remporté une médaille d’or à travers un taekwondoïste qui n’était pas au classement avant les JO. Aux derniers Championnats du monde juniors, de nouveaux pays sont montés aussi sur le podium comme l’Inde.

Comment évaluez-vous le niveau du taekwondo égyptien ?

— Le taekwondo égyptien est sur la bonne voie. Au début de l’année, les Pharaons ont décroché des médailles dans plusieurs compétitionscomme les Championnats arabes, l’Open d’Al-Fujairah, les Jeux méditerranéens en Algérie, les Championnats d’Afrique, les Championnats du monde juniors et cadets et même le Grand Prix de Rome. Les taekwondoïstes égyptiens possèdent l’expérience, surtout la star de l’équipe Seif Eissa. Sa médaille de bronze olympique donne à l’équipe plus de force. En fait, l’équipe égyptienne regroupe de très jeunes athlètes. Même Seif Eissa est encore très jeune, et lors des JO de Paris, il arrivera à la maturité sportive. C’est un grand candidat pour une médaille olympique.

— Qu’est-ce qui manque à l’équipe égyptienne ?

— Comme l’équipe est composée de jeunes taekwondoïstes, ils ont besoin d’acquérir plus d’expérience en disputant des tournois internationaux qui améliorent leurs classements et leur niveau. Le plus important est qu’ils continuent à disputer des tournois et à faire des stages de préparation. Il faut savoir qu’aujourd’hui, le sport demande beaucoup d’argent, car il faut payer les billets d’avions, l’hébergement dans les hôtels et l’inscription aux compétitions. Donc, la Fédération égyptienne a besoin de sponsors pour faire des planifications à long terme.

— Que pensez-vous de l’avenir du taekwondo africain ?

— Le taekwondo africain a connu un grand élan durant les dernières années. Le continent africain a réalisé un exploit aux JO de Rio de Janeiro 2016 en décrochant 5 médailles, dont la médaille de bronze de la vedette égyptienne Hedaya Malak. Aux JO de Tokyo, les Africains ont continué leur élan en remportant 4 médailles dont 2 par les Egyptiens Seif Eissa et Hedaya Malak qui a décroché sa deuxième médaille olympique. Ainsi, le continent africain possède de grandes nations de la discipline, comme l’Egypte, la Côte d’Ivoire, le Niger, la Tunisie et le Maroc. Ces pays poursuivront l’élan africain.

 

Parcours

1978 : Naissance.

1992 : Pratique le taekwondo au club d’Al-Zohour.

1994-2004: Membre de la sélection égyptienne de taekwondo.

De 2004 jusqu’à présent : Directeur financier dans de grandes sociétés internationales.

De 2012-2017: Membre du conseil d’administration de la Fédération égyptienne de taekwondo, superviseur général de la sélection nationale.

De 2015 jusqu’à présent: Vice-président du comité technique de la Fédération mondiale de taekwondo (World Taekwondo, WT).

De 2017 jusqu’à présent : Président du comité des jeux de la WT.

De 2021 jusqu’à présent : Membre au Conseil de la WT.

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