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Musée des reliques saintes : Manuscrits, copies du Coran et objets antiques

Nasma Reda , Mercredi, 31 août 2022

La construction du Musée des reliques saintes à la Nouvelle Capitale est achevée. Celui-ci devrait exposer des pièces en relation avec les prophètes, leurs descendants ou leurs familles.

Musée des reliques saintes : Manuscrits, copies du Coran et objets antiques

Les travaux de construction du nouveau musée consacré aux reliques saintes de la Nouvelle Capitale administrative sont achevés. Situé sur une colline haute de 24 mètres, ce magnifique bâtiment est doté d’une architecture byzantine avec des influences perses. Les responsables sont en phase de choisir les pièces qui y seront exposées. Celles-ci doivent être en relation avec les prophètes, leurs descendants ou leurs familles. Un thème unique en Egypte et au Moyen-Orient. Selon la compagnie New Real State, responsable des travaux de construction, les reliques saintes viendront de musées, mosquées et églises dans les quatre coins du pays. « La collection à laquelle nous avons pensé en premier est celle de la mosquée d’Al-Hussein », explique Ahmed Al-Nemr, membre du bureau scientifique du ministère du Tourisme et des Antiquités. Et d’ajouter que cette mosquée, fondée à l’époque fatimide en 1154, conserve le plus ancien manuscrit complet du Coran qui remonte au troisième calife, Osman Ibn Affane. Elle renferme également des objets appartenant au prophète Mohamad, dont un échantillon de son vêtement, son récipient, un applicateur de khôl, un morceau de son bâton et deux poils de sa barbe. Outre la mosquée d’Al-Hussein, les responsables ont pensé au Musée d’art islamique au Caire. « Le Musée d’art islamique contient un exemplaire du Coran remontant à la famille alaouite, des pièces de monnaie datant du calife Omar Ibn Al-Khattab, ainsi qu’une collection appartenant aux descendants du prophète en plus d’une pierre tombale du Ier siècle de l’hégire », explique Mamdouh Osman, directeur du Musée d’art islamique qui encourage l’idée d’exposer au public les reliques saintes, surtout celles de la mosquée d’Al-Hussein qui étaient exposées uniquement pour les visiteurs VIP. « En plus des musées, les synagogues, les cathédrales et les mosquées possèdent des collections rares. Mais c’est au comité de la muséologie de décider », souligne Al-Nemr.

En fait, on ignore jusqu’à présent la scénographie du musée. Quelques-uns comparent celui-ci au Musée de Topkapi à Istanbul, qui expose l’empreinte de pied du prophète Mohamad, son sceau, son épée et son arc, de même que le pot d’Abraham, le bâton de Moïse, les parchemins de l’Apôtre Jean, la clé de la Kaaba et autres. « Ces pièces provenant des pays arabes dont l’Egypte avaient été envoyées au sultan ottoman entre les XVIe et XIXe siècles et elles furent envoyées au palais de Topkapi puis exposées dans ses salles jusqu’à aujourd’hui », ajoute Atef Naguib, ex-directeur du Musée copte qui ne pense pas que la Turquie rende à l’Egypte ces pièces. Il ajoute: « Il y a plusieurs années, je faisais partie du comité chargé de discuter l’idée du Musée des reliques saintes. Je pensais à l’époque qu’il n’était pas approprié d’exposer des pièces antiques coptes au sein d’un musée situé dans un centre islamique mondial ». Naguib suggère d’exposer plutôt les manuscrits du IIe siècle découverts à Nagaa Hamadi et qui remontent à l’Apôtre Matthieu. Ahmed Al-Nemr estime au contraire qu’il faut exposer les pièces coptes. « Ce nouveau musée reflètera ainsi la cohésion et l’entente entre chrétiens et musulmans », conclut-il.

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