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Des voix féminines qui illuminent le Festival de la Citadelle

Névine Lameï, Mercredi, 24 août 2022

Quatre artistes, aux timbres distincts et aux styles variés, sont invitées cette année à la 30e édition du Festival de la Citadelle du chant et de la musique arabes, qui se déroule jusqu’au 31 août. Retour sur leur parcours.

Nesma Mahgoub, le sourire aux lèvres et la joie au coeur

Nesma Mahgoub, le sourire aux lèvres et la joie au coeur

Chanteuse lyrique plurilingue, Nesma Mahgoub, 33 ans, présente au Festival de la Citadelle ses meilleures chansons de générique, qui ont eu beaucoup de succès, telles Hobbi Lik (mon amour pour toi, 2018), du feuilleton télévisé Layali Eugénie (les nuits d’Eugénie), Dawam Al-Hal Mohal (rien ne dure éternellement, 2015) du film Al-Donia Bil Maqloub (le monde à l’envers), Al-Hob Al-Mostahil (l’amour impossible, 2018) et Ya Mahroussa (toi la protégée, 2018) du film Al-Kenz (le trésor).

Nesma Mahgoub a remporté le prix de l’émission de découverte de talents Star Academy Arab World, à sa 8e édition, en 2011. Elle a une voix angélique et rêveuse, ayant un timbre particulier caractérisé par la présence d’harmoniques plus aigus et plus puissants. Elle est aussi une élève de la soprano Névine Allouba et membre de la troupe Fabrica, fondée par cette dernière.

Par ailleurs, elle a suivi des études à l’école allemande, DEO, où elle a passé une formation plus poussée dans le domaine du théâtre musical, et a remporté le concours musical allemand Jugend Musiziert, en 2008-2009. Puis, elle a approfondi ses connaissances à travers des cursus spécialisés à l’Université américaine du Caire, où elle travaille actuellement en tant que professeure de chant.

Les capacités vocales, pop et rock, de Nesma Mahgoub sont énormes. Sur scène, elle fascine aussi bien par son look que par sa voix.

Le 27 août 2022, à 20h.

Nouran Abu-Taleb, musiques plurielles

Etoile montante de l’ethno jazz oriental et du pop arabe, la jeune mezzo-soprano, compositrice et parolière Nouran Abu-Taleb dispose d’une belle texture orientale, douce et mélodieuse.

Après avoir effectué des études de droit, elle a décidé de devenir artiste professionnelle à partir de 2018. Elle avait été initiée à la musique par sa mère, professeure de chant, mais a également suivi des cours auprès de la Maison arabe du luth, fondée au Caire par le musicien iraqien Nassir Chamma. Elle avait aussi pris des cours de chant lyrique et de piano à l’Université allemande du Caire, avec Karl Kronthaler. Et a rejoint plusieurs ateliers spécialisés, animés par Fathi Salama et Hazem Chahine, ainsi que d’autres cours portant sur l’art du mowachah (forme de chant andalou) et celui des adwar (musique vocale en arabe dialectal), à l’Institut de musique arabe.

Nouran Abu-Taleb s’adresse à tous les publics, en variant son répertoire allant du très classique au plus moderne. Au Festival de la Citadelle, elle chantera Abaad Makane (l’endroit le plus éloigné), s’interrogeant sur l’être et le néant, mais aussi d’autres chansons tirées de son album Fawazir (devinettes, 2019) et Ya Negma (ô étoile, 2020).

Ses chansons traitent souvent de questions sentimentales, posant des questions assez pertinentes. Elles ne s’enferment pas dans les codes spécifiques des genres, mais se prêtent à toutes sortes de métissage.

Le 30 août 2022, à 20h.

Tania Saleh, un amour plus atypique

La musique a toujours été son premier amour. Tania Saleh cherche à donner une image peu traditionnelle du Liban où elle est née en 1969. Cette artiste de la scène musicale alternative a d’abord quitté pour Paris, vers la fin de la guerre civile libanaise, afin d’obtenir un master en arts plastiques. Puis, elle a entamé sa carrière musicale, tour à tour en tant qu’interprète, compositrice et parolière, à partir des années 1990, se plaisant à mélanger les genres de manière intelligente.

Tania aime parler de la société dont elle est issue, et ce, en tant que femme, dans un mélange subtil de romantisme, de réalisme et de dérision. Elle jongle habilement avec les rythmes occidentaux et la sensualité de la langue arabe à laquelle elle rend hommage. Elle chante des airs d’électro pop, folk, bossa nova, rock alternatif et jazz. A l’aide de textes engagés, aux accents sincères, des phrasés simples au rythme ensorcelant, Tania promet d’enivrer le public, de l’emporter avec elle dans un univers plus chaleureux.

Pour sa visite au Caire, elle a choisi d’interpréter quelques-unes de ses chansons les plus connues : Chababik Beyrouth (les fenêtres de Beyrouth), Habibi (mon amour), Chowayet Sowar (quelques photos), Haletna Hala (nous sommes dans le pétrin), Rah Al-Hob (l’amour est parti). Ces chansons sont tirées de ses albums successifs : Tania Saleh (2002), Wehde (2011), La Fleur orientale (2016), Intersection (2017) et 10 A.D (2021), où elle a collaboré, entre autres, avec les compositeurs Philippe Tohmé, Ziad Rahbani, Charbel Rouhanna et Khaled Mouzannar.

Le 29 août 2022, à 22h.

Hanan Mady, la revenante

C’est la voix de l’âme, veloutée sans trop chercher à révéler ses prouesses. Hanan Mady, 56 ans, est de retour sur scène, après une brève absence.

Ses dernières apparitions étaient vraiment rares, au Caire comme à Alexandrie, et sa plus récente chanson date de 2014, à savoir Al-Bent Elli Sahrana (celle qui veille la nuit). Elle a été diffusée sur de multiples plateformes de streaming musicales, de quoi avoir permis à l’interprète de sentir le pouls du public.

Durant la soirée prévue au Festival de la Citadelle, Hanan Mady chantera Al-Liqä Al-Sani (la deuxième rencontre, 1990), Cheddi Al-Dafayer (tirer ses tresses, 1996), Embareh Kan (c’était hier, 1996), Leilet Echq (une nuit de passion, 1992), Ehsass (sentiment, 1996), Chobbak Qadim (ancienne fenêtre, 1999), Adda Al-Hawa (l’amour a passé par là), Asfour Al-Matar (l’oiseau de pluie), Qesset Al-Ams (histoire d’hier, 2008) et enfin, sa chanson phare Bahlam Wa Affattah Enaya (je rêve et j’ouvre les yeux, 1995). Au programme aussi d’autres chansons de générique de feuilletons télévisés comme Assia (2013), Alf Leila Wa Leila (mille et une nuits, 2015) et Abou Al-Aroussa (le père de la mariée, troisième partie, 2022).

Hanan Mady est diplômée du Conservatoire du Caire en 1989. Elle s’est frayée son chemin en tant que violoniste, ensuite elle s’est convertie au chant dans les années 1990. Sa voix douce l’a amenée à collaborer avec plusieurs compositeurs et paroliers de renom, dont Omar Khaïrat, Abdel-Azim Abdel-Haq, Ammar Al-Chéreï, Helmi Bakr, Ahmad Fouad Negm, Sayed Higab, Ibrahim Abdel-Fattah, Réda Amin et Yasser Abdel-Rahman. Avec ce dernier, également son ex-époux, elle a fait ses chansons les plus réussies.

Le 27 août 2020, à 22h.

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