Panorama africain > >

Enrôlement d’enfants et de femmes

Racha Darwich , Mercredi, 17 août 2022

Le recrutement d’enfants et de femmes par les groupes terroristes est un phénomène qui prend de l’ampleur en Afrique.

Enrôlement d’enfants et de femmes

En Afrique, le recrutement d’enfants par les groupes terroristes, comme Daech, Al-Qaëda, Boko Haram et les Shebabs, est devenu un fléau humanitaire et un danger éminent. Après les défaites enregistrées par Daech en Iraq et en Syrie et le transfert de leurs activités terroristes en Afrique, la capacité d’attirer de nouveaux combattants a considérablement diminué. Le fait qui l’a poussé à recruter un grand nombre d’enfants pour compenser ses pertes, mais surtout en tant que pari sur l’avenir grâce à de nouvelles générations adoptant ses idées terroristes.

Une étude de l’Observatoire d’Al-Azhar révèle que Boko Haram au Nigéria a obligé au moins 135 enfants en 2017 à commettre des attentats suicides, alors qu’en Somalie, les groupes terroristes auraient recruté quelque 1 800 enfants de 10 à 15 ans en 2017, surtout au sein des Shebabs (l’une des ailes d’Al-Qaëda en Afrique). « Les Shebabs exploitent les conditions économiques difficiles pour encourager les enfants à rejoindre leurs rangs en leur offrant des salaires mensuels », indique l’étude. Il en est de même au Niger, où les enfants sont recrutés par Daech ainsi qu’en Ouganda qui connaît l’un des plus longs conflits armés dans le continent africain.

Quant au recrutement des femmes dans les groupes terroristes, il s’agit d’un phénomène nouveau en Afrique bien qu’il remonte aux organisations des Frères musulmans où la femme a toujours joué un rôle effectif. Une étude du Royal United Services Institution révèle que 17% des combattants extrémistes en Afrique sont des femmes. Un chiffre destiné malheureusement à la croissance, vu que les courants salafistes en Afrique comptent sur le recrutement des femmes comme méthode d’expansion, selon l’étude. « Au cours de la première décennie, Boko Haram a compté sur la femme considérant que son recrutement réalise trois objectifs: attire les hommes, multiplie les membres de l’organisation et élève les enfants selon la philosophie de l’organisation », explique le rapport. « Malheureusement, les femmes et les enfants sont les mailles les plus faibles dans les réseaux terroristes. Si les hommes qui rejoignent les groupes terroristes peuvent en sortir facilement, le cas est quasiment impossible pour les femmes et les enfants qui se trouvent enchaînés dans un cercle vicieux », conclut Amira Abdel-Halim.

Lien court: