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Dina Abdel-Hamid : Seuls les spécialistes peuvent pratiquer ces interventions

May Atta , Mercredi, 03 août 2022

Très en vogue, les interventions esthétiques non chirurgicales tels le Botox et les fillers sont de plus en plus sollicitées. Dermatologue esthétique, docteure Dina Abdel-Hamid met en garde contre le recours à des non-spécialistes.

Dina Abdel-Hamid : Seuls les spécialistes peuvent pratiquer ces interventions
Il faut adapter la dose pour un effet sur mesure. (Photo : Reuters)

Al-Ahram Hebdo : Qu’est-ce que le Botox? Et quel est son usage en médecine esthétique ?

Dr Dina Abdel-Hamid: Le Botox est une substance, la toxine botulique, utilisée par les médecins pour rendre moins visibles les rides du visage qui apparaissent avec l’âge. Il s’agit d’injecter cette substance dans certaines zones comme le front, la zone intersourcilière et l’angle externe des yeux. Mais le bénéfice des injections de Botox reste partiel, c’est-à-dire que son effet ne dure qu’entre trois et six mois, donc la personne se rend chez le médecin en moyenne deux fois par an.

A partir d’un certain âge, généralement la soixantaine, le Botox n’est plus efficace pour faire disparaître les rides, on a donc recours à d’autres interventions de rajeunissement facial.

—  Quels pourraient en être les effets secondaires ?

— Il n’y aura pas d’effets secondaires si le médecin connaît le bon dosage et le délai entre les séances. Ceci se décide au cas par cas, il s’agit d’adapter la dose pour un effet sur mesure, mais il existe des limites à ne pas franchir. Sinon, toute surdose entraîne des effets indésirables tels que des paupières tombantes, un affaissement de la bouche ou autour de la bouche, des douleurs, un gonflement ou des ecchymoses aux endroits des injections, des maux de tête, des symptômes pseudo-grippaux... En revanche, une dose trop faible ne donnera pas de bons résultats, dans ce cas, une séance de retouche sera proposée deux semaines plus tard.

De même, les règles d’hygiène doivent être observées, afin d’éviter une infection bactérienne. Le médecin doit également connaître l’historique médical du patient pour s’assurer qu’il n’a pas de contre-indications à l’utilisation du Botox.

— Quelles sont les personnes habilitées à pratiquer ce genre d’interventions ?

— Il ne faut avoir recours qu’à un médecin spécialisé, à savoir des dermatologues ou des chirurgiens plasticiens, et éviter les centres de beauté qui emploient des professionnels de la santé qui ne sont pas des médecins ou qui sont des médecins non spécialisés.

— Et quelles sont les personnes à qui le Botox est déconseillé ?

— Les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les patients atteints de myasthénie, une maladie auto-immune qui a pour conséquence une faiblesse musculaire. Et en règle générale, il faut arrêter certains médicaments comme l’aspirine, les analgésiques, les vitamines, en particulier la vitamine E, deux semaines avant la séance, après avoir consulté son médecin traitant.

— Quel est l’âge approprié pour avoir recours au Botox ?

— Le Botox est approuvé à partir de 18 ans. Mais les plus jeunes démarrent à 25 ans, si les rides commencent à se marquer.

— Est-ce une préoccupation exclusivement féminine ?

— Les hommes ont moins recours au Botox que les femmes, la clientèle masculine est notamment formée de comédiens, de célébrités médiatiques et d’hommes d’affaires, alors que la clientèle féminine n’est pas limitée à une certaine classe sociale.

— Quelle est la différence entre le Botox et les fillers ?

— Le Botox est conçu pour détendre les muscles et rendre les rides moins visibles, alors que les fillers, qui sont des produits à base d’acide hyaluronique, ont une fonction de « remplissage » pour pallier le manque de collagène et le vieillissement de la peau. Ainsi les fillers sont utilisés pour combler les rides profondes, augmenter la taille des lèvres, remonter les pommettes, traiter les tempes creuses ou redéfinir les contours du visage.

Comparés au Botox, les résultats sont instantanés et se prolongent pendant une période qui va de six mois à un an. Mais si elle est ratée, cette intervention entraîne des conséquences beaucoup plus sérieuses que le Botox, qui peuvent aller des démangeaisons, des lésions et des troubles de vue jusqu’à la cécité et la mort des cellules cutanées …

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