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Impasse persistante en Libye

Ines Eissa , (avec Agences) , Mercredi, 03 août 2022

Le Conseil de sécurité de l’Onu continue de jouer un rôle limité en Libye, se contentant de rappeler les principes souhaités pour la gestion d’une crise politico-militaire qui dure depuis plus de 10 ans.

Impasse persistante en Libye

Le conseil de sécurité des Nations-Unies a prolongé, jeudi 28 juillet, le mandat de la Mission d’Appui des Nations-Unies en Libye (MANUL) pour une nouvelle période de trois mois, jusqu’au 31 octobre. Dans sa résolution 2 647, le Conseil de sécurité a souligné l’importance d’un processus de dialogue et de réconciliation nationale inclusif et global. Se félicitant du soutien de l’Union africaine à cet égard, il a reconnu le rôle important des autres organisations régionales et appelé les institutions et autorités libyennes compétentes à mettre en oeuvre des mesures de confiance pour créer un environnement propice au succès des prochaines élections présidentielle et législatives. « Il nest pas envisageable que le Conseil de sécurité puisse trouver rapidement une solution permanente en Libye, puisque celle-ci ne représente pas en ce moment une priorité urgente par rapport à la guerre en Ukraine et ses conséquences sur l’énergie et lalimentation », explique Mona Soliman, chercheuse au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram.

Le Conseil de sécurité a estimé qu’il ne peut y avoir de solution militaire en Libye et a exigé le plein respect par tous les Etats membres de l’embargo sur les armes imposé par la résolution 1 970, telle que modifiée par les résolutions ultérieures. Il a exhorté également tous les Etats membres à respecter pleinement la souveraineté, l’indépendance, l’intégrité territoriale et l’unité nationale de la Libye. La MANUL a été créée en septembre 2011 pour soutenir les nouvelles autorités de transition libyennes dans leurs efforts post-conflit.

Dans un effort visant à éviter toute détérioration de la situation sur le terrain, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ont insisté sur l’urgence de remettre la Libye sur la voie des élections, tout en appuyant les efforts de l’Onu en faveur d’un accord entre les deux Chambres du parlement libyen afin de permettre la tenue des élections présidentielle et parlementaires dans les meilleurs délais. Dans ce contexte, les trois pays ont exhorté les acteurs libyens à finaliser rapidement un accord, notamment sur les critères d’éligibilité aux scrutins. « Les élections qui devaient avoir lieu en décembre 2021 avaient pour objectif de mettre fin à la crise politique en Libye. Malheureusement, les divergences entre les acteurs libyens principaux ont entravé le respect des échéances électorales », a expliqué Soliman, ajoutant que « le manque de soutien international au processus électoral a contribué à la complication de la situation ».

Pour sa part, la sous-secrétaire générale de l’Onu pour l’Afrique au département des affaires politiques et de consolidation de la paix, Martha Ama Akyaa Pobee, a averti que la situation en Libye demeure grandement instable malgré quelques progrès, se disant inquiète de la persistance de l’impasse constitutionnelle qui exacerbe les tensions sécuritaires. « Limpasse constitutionnelle a résulté dune situation complexe depuis mars 2022, où il existe dorénavant deux gouvernements, lun soutenu par le parlement à lest, et lautre qui se considère soutenu par la communauté internationale à louest », explique Mona Soliman, mettant en garde contre la tension politique entre les deux parties qui « risque de se traduire par une escalade militaire ».

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