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Un partenariat à multiples facettes

Ola Hamdi , Mercredi, 27 juillet 2022

Outre la coopération dans le domaine énergétique, le partenariat égypto-européen comprend plusieurs autres aspects. Explications.

Un partenariat à multiples facettes

Promouvoir le partenariat stratégique entre l’Egypte et l’Europe était au coeur des discussions du président lors de ses trois visites européennes. « La coopération bilatérale est très dense dans tous les domaines ». C’est avec ces mots que l’Elysée a qualifié, dans un communiqué, les relations égyptofrançaises. Selon Bassam Rady, porteparole de la présidence de la République, en France, dernière étape de la tournée du président, les discussions avec le président Macron ont porté sur le renforcement de la coopération égypto-française dans le domaine des voitures électriques et de la lutte contre les répercussions de la guerre en Ukraine, notamment sur la sécurité alimentaire mondiale, de même que sur le renforcement des relations économiques bilatérales et le règlement des conflits régionaux pour instaurer la stabilité au Moyen-Orient. « Les relations égyptofrançaises sont solides et intenses. Depuis l’arrivée au pouvoir du président Sissi, elles ont connu une grande évolution aux niveaux politique, économique et militaire, comme le montrent les projets communs dans les domaines de l’électricité et des télécommunications », souligne l’ambassadeur Gamal Bayoumy, adjoint de l’ancien ministre des Affaires étrangères. Environ 140 entreprises françaises opèrent en Egypte dans de nombreux domaines. Selon les données de l’Agence centrale de la mobilisation publique et des statistiques (CAPMAS), la valeur des échanges commerciaux entre l’Egypte et la France a augmenté pour atteindre 991,9 millions de dollars au cours du premier trimestre de l’année en cours, contre 617,2 millions de dollars au cours de la même période en 2021, soit une augmentation de 60,7 %. La valeur des investissements français en Egypte s’est élevée à 228,4 millions de dollars au cours du premier semestre de l’exercice 2021-2022, contre 128,9 millions de dollars au cours de la même période de l’exercice 2020-2021, soit une augmentation de 77,2 %.

Visite historique en Serbie

La visite du président en Serbie, qui a duré trois jours, a témoigné d’une grande activité. « Nos visions se sont accordées sur l’importance de poursuivre le mécanisme de consultations politiques entre les deux pays et le travail du comité conjoint de coopération économique, technique et scientifique, en raison de leur importance dans la promotion et le renforcement des relations dans les domaines de l’investissement et des échanges commerciaux, du tourisme, des télécommunications et de la technologie de l’information », a déclaré le président Sissi lors de la conférence de presse, en exprimant toute sa gratitude au président Aleksandar Vui pour avoir reçu la décoration de l’Ordre de la République de Serbie. Pour sa part, le président serbe a affirmé que des efforts seront déployés pour lancer un vol direct entre Le Caire et Belgrade et pour maximiser les échanges commerciaux. En fait, le total des échanges commerciaux entre les deux pays s’élevait à environ 80 millions de dollars en 2021. L’Egypte est le troisième marché d’exportation serbe vers l’Afrique, tandis que la Serbie est le 23e marché des exportations égyptiennes vers les pays européens.

Le président Sissi a également participé à l’inauguration du Forum des affaires égypto-serbe, avec le président Aleksandar Vui et nombre de hauts responsables serbes. La visite comprenait également une rencontre du chef de l’Etat avec Ivica Dai, président de l’Assemblée nationale de Serbie, qui a exprimé la volonté de son pays de renforcer le partenariat avec l’Egypte, notamment au niveau parlementaire. En outre, le président a déposé une gerbe sur la tombe du héros inconnu du mont Avala en Serbie, accompagné du ministre serbe de la Défense. Il s’est rendu également à l’Université de Belgrade, qui lui a décerné un doctorat honorifique. A l’issue des discussions, les deux présidents ont assisté à la cérémonie de signature de nombre de mémorandums d’accords et de programmes de coopération dans les domaines de l’agriculture, de l’environnement, de l’investissement, de la culture et des arts, des médias, de l’éducation, de l’enseignement supérieur, du soutien à l’information, du développement des petites, moyennes et micro-entreprises, de la coopération entre le Musée national de la civilisation égyptienne et le Musée d’art africain en Serbie, ainsi que de l’exemption mutuelle de visas pour les titulaires de passeports diplomatiques, spéciaux et de mission.

En Allemagne ... la question du climat

 Le président Sissi s’est rendu en Allemagne pendant deux jours, à compter du dimanche 17 juillet, durant lesquels il a rencontré son homologue allemand, Frank- Walter Steinmeier, le chancelier allemand, Olaf Scholz, et la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, dans le but de renforcer les cadres de coopération bilatérale entre les deux pays à différents niveaux. Il a également participé au Dialogue de Petersberg sur le climat. Le président a souligné, dans son allocution, la nécessité de déployer tous les efforts possibles pour soutenir les pays africains et leur permettre de bénéficier de leurs ressources naturelles, et de réaliser le développement économique. Il a également souligné que l’Egypte s’est empressée très tôt de prendre des mesures d’adaptation aux changements climatiques en vue de devenir un modèle de développement durable. « Ces visites s’inscrivent dans le cadre de la diplomatie présidentielle adoptée par le président depuis son arrivée au pouvoir. Il ne se rend pas seul dans ces pays, mais accompagné de nombre de ministres, ce qui mène à des discussions efficaces et à la conclusion d’accords de coopération, surtout que l’Egypte est devenue l’un des pays les plus attractifs pour les investissements », conclut Bayoumy. En outre, les trois pays européens ont fait part d’une grande compréhension sur la question de la sécurité hydrique de l’Egypte et la nécessité de parvenir à un accord juridiquement contraignant sur l’exploitation du barrage éthiopien de la Renaissance comme l’a dévoilé le ministre des Affaires étrangères, Sameh Choukri, à la presse au terme de la tournée européenne.

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