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Walid Bouchenafa : La réussite de Mohamad Salah en Europe est une réussite pour tout le football égyptien

Amr Moheb , Mercredi, 20 juillet 2022

Directeur sportif, journaliste, agent de joueurs, instructeur, consultant et conférencier en gestion sportive, l’Algérien Walid Bouchenafa est l’un des grands experts sportifs au Moyen-Orient. Entretien.

Walid Bouchenafa

Al-Ahram Hebdo : Vous êtes expert en gestion sportive, en recrutement de joueurs, consultant et instructeur CIES/FIFA. Comment avez-vous réalisé tout cela ?

Walid Bouchenafa : Mon parcours a été un peu particulier. Passionné de football, car je n’étais pas footballeur professionnel à la base, j’ai choisi le chemin du journalisme sportif. Grâce au journalisme, j’ai réussi à créer mon réseau personnel de contacts dans le domaine du sport, d’abord en Algérie puis petit à petit en Afrique et en Europe. J’ai réussi mon concours FIFA d’agent de joueurs et j’ai commencé à travailler sur les marchés européens, africains et au Moyen-Orient.

Puis j’ai assisté au programme de gestion sportive CIES/FIFA auprès de l’Université du Caire qui m’a donné l’aspect théorique de la gestion du football, bien que j’aie été déjà un professionnel des métiers du management et de la gestion de la gouvernance. Je suis actuellement l’un des instructeurs de ce programme. Cela m’a permis de bien travailler et de chercher à évoluer dans tout ce qui est en relation avec la gestion sportive, la gestion de la carrière des athlètes et surtout le scouting.

— Pouvez-vous nous donner plus de détails ?

— L’idée du scouting est liée au métier de recruteur. Les grands clubs européens ont des cellules de recrutement. La cellule de recrutement est un groupe de recruteurs chargés  d’observer,  d’analyser  et  d’évaluer  le potentiel des joueurs, qu’ils soient jeunes ou professionnels. Dans le monde moderne de football, la valeur des clubs dépend de leur cellule de recrutement et du scouting, en particulier. Des clubs comme Monaco, Lille ou Galatasaray ont gagné des millions d’euros ces dernières années grâce au scouting et à la vente des joueurs. Je pense que les clubs africains et arabes doivent vraiment progresser dans ce domaine, et je pense que si on veut vraiment faire évoluer notre football, il faut avoir une grande base de joueurs, former des scouts et mettre en place des cellules de recrutement dans les clubs. Pour cela, il faut que chaque club ait un responsable de recrutement compétent pour chercher les joueurs talentueux. C’est une source financière supplémentaire pour les clubs qui ont des soucis financiers.

— Vous êtes un expert dans le domaine des transferts de joueurs en Europe et en Afrique. Comment évaluez-vous la saison de la star égyptienne Mohamad Salah et son impact sur le marché des transferts ?

— Mohamad Salah est la fierté de tous les Africains et les Arabes. Il a réussi une saison exceptionnelle : sacré joueur de la saison en Angleterre par la Professional Footballers Association (PFA), vainqueur de la Coupe de la Ligue d’Angleterre avec Liverpool, vice-champion d’Angleterre, ainsi que meilleur buteur de la saison avec 23 buts (à égalité avec le Sud-Coréen Son Heung-min, de Tottenham), meilleur passeur avec 13 passes décisives et finaliste de la Coupe d’Afrique des nations avec les Pharaons. Tout cela a sans doute eu un impact positif sur sa valeur sur le marché des joueurs. Sa saison aurait été sans faute s’il avait gagné la Coupe de la Ligue des champions avec les Reds et s’il s’était qualifié avec l’Egypte pour la Coupe du monde 2022. La réussite de Mohamad Salah c’est la réussite de l’école égyptienne de football. Et ça, c’est très important parce que les gens pensent parfois que la réussite de Salah est une réussite personnelle. Non ! La réussite de Salah en Europe est une réussite pour tout le football égyptien et africain.

— Etant donné que vous êtes algérien, quelles sont les causes de la non-qualification de la sélection algérienne pour la Coupe du monde 2022, bien qu’elle regroupe de très grands joueurs qui évoluent en Europe et un très grand coach ?

— Je pense que le contexte de la Coupe du monde est très particulier. J’étais proche de la Direction  Technique  Nationale  (DTN)  et  de  la Fédération Algérienne de Football (FAF) et j’ai travaillé comme consultant avec elles. Déjà, l’Algérie a réussi une série de victoires. Le coach Djamel Belmadi est passionné et il a fait un grand travail. Lors du dernier match de qualification pour le Mondial, Belmadi a gagné le match aller au Cameroun et l’Algérie avait quasiment un pied en Coupe du monde. Au match retour, les joueurs et le staff technique ont fait leur travail, mais dans le football, il y a parfois des surprises et de la malchance, ils ont encaissé un but du Cameroun au temps additionnel de la deuxième prolongation et ils ont été éliminés. Ce qui est arrivé à Belmadi peut arriver à Guardiola, à Mourinho ou même à Zinedine Zidane. Et moi, je suis sûr que Belmadi va se qualifier avec la sélection algérienne pour la prochaine Coupe du monde en  2026.  Je  suis  sûr  que  la  sélection  algérienne  retrouvera sa place et regagnera des titres.

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