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Variole du singe : Des inquiétudes et beaucoup d’inconnues

Chérif Albert, Mercredi, 29 juin 2022

L’Organisation mondiale de la santé a affirmé samedi que la propagation de la variole du singe était très « inquiétante ». Beaucoup d’inconnues subsistent sur la maladie.

Variole du singe : Des inquiétudes et beaucoup d’inconnues
(Photo : AFP)

Le chef de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a estimé samedi que la flambée mondiale de la variole du singe était une menace sanitaire dont l’évolution était très inquiétante, sans atteindre pour le moment le stade d’une urgence sanitaire mondiale.

Le directeur général de cette agence de l’Onu, Tedros Adhanom Ghebreyesus, avait convoqué une réunion d’experts sur la question le 23 juin pour savoir si l’OMS devait déclencher son plus haut niveau d’alerte face à l’épidémie, qui touche essentiellement l’Europe de l’Ouest. Plus de 3 200 cas confirmés et un décès ont été signalés cette année à l’OMS par une cinquantaine de pays où la maladie n’est pas endémique. « En outre, depuis début 2022, près de 1 500 cas suspects et environ 70 décès ont été signalés en Afrique centrale, principalement en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et au Cameroun », avait indiqué M. Tedros Adhanom Ghebreyesus.

« Le comité d’urgence a partagé de profondes inquiétudes concernant l’échelle et la rapidité de propagation de l’épidémie actuelle », notant beaucoup d’inconnues sur le phénomène, a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus dans un communiqué diffusé après avoir examiné le rapport des experts, qui représente leur position de consensus. « Dans l’ensemble, dans le rapport, ils m’ont suggéré que pour le moment, l’événement ne constitue pas une Urgence de Santé Publique de Portée Internationale (USPPI), qui est le niveau d’alerte le plus élevé de l’OMS, mais ils ont convenu que la convocation du comité lui-même reflète les inquiétudes grandissantes concernant la diffusion internationale de la variole du singe », selon le texte.

Deux doses de vaccins

Entre-temps, plusieurs pays ont déjà envisagé la vaccination des cas à risque et les commandes ont explosé dans le laboratoire danois Bavarian Nordic, le seul qui fabrique un vaccin déjà homologué contre le monkeypox. Commercialisé en Europe sous le nom d’Imvanex, le vaccin a été initialement prescrit pour traiter la variole chez l’adulte, une maladie considérée comme éradiquée depuis 40 ans. Il nécessite deux doses et peut être appliqué avant ou quelques jours après l’exposition à la maladie. Les autorités britanniques ont recommandé la vaccination des hommes considérés à risque par les médecins. Cela concerne notamment « ceux qui ont plusieurs partenaires, participent à des relations sexuelles en groupe ou fréquentent des établissements » où ils ont des relations, estil précisé. En France, l’autorité sanitaire a recommandé d’administrer une dose unique aux personnes à risque vaccinées contre la variole avant 1980, à l’exception de celles qui souffrent d’immunosuppression. Les Etats-Unis, eux aussi, ne conseillent la vaccination que pour les contacts des cas. Malgré l’augmentation exponentielle des cas, l’OMS ne recommande pas pour l’instant la vaccination « de masse ».

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