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Karine Vieille : Notre choix s’est porté sur des objets illustrant le thème des premiers rois d’Egypte

Doaa Elhami , Mercredi, 29 juin 2022

Entretien avec Karine Vieille, commissaire de l’exposition « Sur la piste d’Osiris, Amélineau, égyptologue vendéen ».

Karine Vieille

Al-Ahram Hebdo : Le titre de l’exposition est très détaillé. Pourquoi l’avez-vous choisi ?

Karine Vieille: Le choix du titre fait écho à la quête de l’égyptologue Emile Amélineau du tombeau d’Osiris, qu’il pensait être un humain divinisé après sa mort. C’est cette motivation qui l’a en fait poussé à effectuer des fouilles à Abydos, principal lieu de culte d’Osiris en Egypte, où il a opéré de 1895 à 1898.

— Les oeuvres exposées sont-elles toutes sorties des fouilles faites par l’égyptologue Amélineau ?

— Sur les 217 objets exposés, une soixantaine est issue des fouilles menées par Amélineau à Abydos. Nous avons également choisi d’exposer des objets mis au jour par des égyptologues contemporains d’Amélineau, comme Morgan et Petrie en particulier. Notre choix s’est porté sur des objets illustrant des thèmes comme les premiers rois égyptiens enterrés à Abydos, le culte d’Osiris à Abydos, la momification, l’écriture et le déchiffrement des hiéroglyphes dont nous célébrons le bicentenaire.

— Quels sont les chefs-d’oeuvre de l’exposition ?

— Les oeuvres majeures sont un moulage en plâtre de la stèle du roi Serpent Djet, IVe roi de la Ire dynastie, dont la pièce originale, en calcaire, est conservée au Musée du Louvre. Il y a aussi le bassin de purification du roi Den, Ve roi de la Ire dynastie, mis au jour par Amélineau lors de sa première campagne de fouilles à Abydos. On trouve de même une statue en granite rose représentative de Youyou, grand prêtre d’Osiris sous le règne de Ramsès II, tenant devant lui un naos contenant l’image d’Osiris debout. Cette pièce a été trouvée par l’égyptologue Bernardino Drovetti, elle se distingue par la très grande disproportion de taille entre le dieu dans son naos et Youyou, qui est particulièrement mis en valeur. Il y a aussi l’ensemble funéraire de Séramon, dégagé de Thèbes et datant de la XXIe dynastie, prêté par le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie à Besançon

— Comment les organisateurs se sont-ils servis de la nouvelle technologie ?

— Les éléments audiovisuels et numériques sont représentés par un système sonore évoquant le désert égyptien, des projections sur les trois parois d’une salle exposant des images de monuments, ainsi que des paysages et des fresques égyptiennes. Il y a aussi la diffusion d’un film sur la légende d’Osiris, un autre sur la reconstitution en 3D du Lit d’Osiris, monument qui n’a pas pu être emprunté, découvert par Amélineau. Mentionnons aussi une projection originale sur le moulage de la stèle du roi Serpent permettant sa mise en valeur et le décryptage des hiéroglyphes, en plus d’un documentaire expliquant le déchiffrement des hiéroglyphes.

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