Santé > Santé >

L’OMS examine les risques de la variole du singe

Howaïda Salah, Mercredi, 22 juin 2022

Face à la propagation de la variole du singe, l’OMS convoque une réunion ce jeudi pour évaluer si ce virus représente une « urgence de portée internationale ».

L’OMS examine les risques de la variole du singe
Le plus souvent bénigne, la variole du singe guérit spontanément d’une manière générale. Photo : Reuters)

L’Europe est au centre de la propagation de la variole du singe, a indiqué le bureau européen de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), qui s’inquiète du risque d’implantation de la maladie. « L’Europe reste l’épicentre de cette vague en pleine expansion, 25 pays ayant signalé plus de 1 500 cas, soit 85 % du total mondial », a dit la semaine dernière Hans Kluge, directeur de l’OMS Europe, qui rassemble 53 pays dont certains d’Asie centrale. « L’ampleur de cette épidémie présente un risque réel : plus le virus circulera longtemps, plus il étendra sa portée et plus la maladie s’implantera dans les pays non endémiques », a prévenu M. Kluge. Notant que la majorité des cas signalés concerne jusqu’à présent des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, le responsable a souligné que « le virus de la variole du singe n’est en soi attaché à aucun groupe spécifique ».

Face à la propagation « préoccupante » de la variole du singe, signalée dans près de 40 pays, l’OMS convoquera une réunion pour évaluer si ce virus représente une « urgence de santé publique de portée internationale ». Moins d’une semaine après avoir appelé les Etats à « contrôler la flambée », le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a jugé l’extension de l’épidémie « inhabituelle et préoccupante ». « La situation nécessite une réponse coordonnée », a-t-il affirmé, annonçant la convocation le jeudi 23 juin du comité d’urgence de l’OMS.

L’OMS a par ailleurs tempéré l’ardeur croissante pour les vaccins antivarioliques, alors que la Commission européenne a annoncé la semaine dernière la signature d’un contrat avec le laboratoire danois Bavarian Nordic pour la fourniture de plus de 100 000 doses. Les Etats-Unis, qui misent pour leur part sur la vaccination des cas contacts, ont aussi acheté plus de 300 000 doses de ce sérum, pour compléter leur stock de 100 millions d’unités d’un autre vaccin du français Sanofi.

Mais une vaccination « de masse » n’est pas recommandée à ce stade, a estimé l’OMS dans des directives provisoires publiées la semaine dernière, soulignant que « toute décision d’utiliser ou non des vaccins doit être prise (...) sur la base d’une évaluation des risques et des avantages, au cas par cas ». Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a toutefois estimé « essentiel que les vaccins soient disponibles équitablement là où ils sont nécessaires » et précisé que son organisation travaillait avec ses Etats membres et partenaires pour mettre au point un mécanisme d’accès équitable aux vaccins et aux traitements.

Lien court:

 

En Kiosque
Abonnez-vous
Journal papier / édition numérique